Histoire du plan Banéat de Rennes

La plupart des recherches sur l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme de la ville de Rennes débute par la lecture d’un livre que les chercheurs appellent « le Banéat » et finissent par surnommer « la Bible » : Le Vieux Rennes. L’ouvrage, œuvre du Docteur en droit Paul Banéat (Rennes, 5 octobre 1856 – 22 mai 1942)[1], contient un plan communément connu sous le nom de « plan Banéat ».

En réalité, trois plans ont été publiés pour Le Vieux Rennes, un par éditions de l’ouvrage : la première chez Plihon, datée de 1904, qui est un tiré à part des textes parus dans les Bulletins de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine[2] ; la seconde, illustrée, qui a été publiée en 1911 chez le même éditeur ; la troisième, contenant des illustrations différentes, qui a été donnée par Larcher en 1926[3]. Les trois plans se caractérisent par des traits à l’encre rouge qui indiquent l’état de la ville avant l’incendie de 1720 et des traits à l’encre noire représentent l’état de la ville au moment des publications.

Si Paul Banéat reconnait que pour réaliser son texte il s’est efforcé « de rassembler en un seul faisceau les documents parus jusqu’à présent sur le vieux Rennes et disséminés çà et là dans les ouvrages et les revues archéologiques »[4], il s’avère que ses plans, qui permettent de comparer l’emplacement des rues disparues et existantes du centre historique de Rennes, sont, eux aussi, le fruit de travaux menés depuis un demi-siècle au sein de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine.

Le_vieux_Rennes

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Cet article contient des documents des collections du Musée de Bretagne (Marque du domaine public) et des Archives municipales de Rennes

Genèse

Il était un calque…

La genèse du projet remonte à la fin des années 1860. Lors de la séance du 10 décembre 1867, Victor Gilles Julien Pijon (Rennes, 19 janvier 1820- ?), archiviste de la ville, exhibe « un plan de Rennes, dressé par M. Proust, officier de chasseurs. C’est une reproduction du plan de Hévin, avec indication de l’emplacement de quelques monuments modernes. L’auteur se propose de faire le travail inverse, c’est-à-dire d’indiquer sur un plan de la ville actuelle l’emplacement des rues, des fortifications et des anciens monuments qui n’existent plus aujourd’hui. »[1] Le procès-verbal de la séance précise que « la société accueille avec empressement l’idée de ce double et intéressant travail ; elle prie M. Pijon de transmettre ses encouragements et de lui exprimer le désir de le voir assister aux séances autant que lui permettra son séjour momentané à Rennes ».

Le dénommé Proust[2] va se présenter à quelques séances et le 10 mars 1868 montrer « une vue perspective de l’ancienne porte Toussaints, resituée d’après les anciens plans de la ville »[3], mais aucun des procès-verbaux n’annoncent l’exhibition d’un plan contemporain de la ville où apparaîtrait le tracé des rues anciennes de Rennes. Mais l’idée a séduit et surtout inspiré des membres de la société archéologique. Le 9 juin 1868, Édouard Quesnet (Charenton-le-Pont, 4 octobre 1813 – Rennes, 12 septembre 1890), archiviste du département d’Ille-et-Vilaine, correspondant du ministère de l’instruction publique pour les travaux historiques, « met sous les yeux de la Société un plan de Rennes, rapporté par lui d’après le plan à petite échelle des anciennes rues de la partie incendiée, que l’on remarque à la partie supérieure de celui qui fut dressé par Forestier après l’incendie de 1720. M. Quesnet a ingénieusement et très exactement fait ressortir, par des tracés de teintes différentes, l’état actuel et l’état ancien (antérieur à l’incendie). La Société, par l’organe de son Président [[4]], remercie M. Quesnet de cette communication. »[5]

Deux ans plus tard, le 12 juillet 1870, Quesnet montre de nouveau « un plan comparatif des anciennes rues de la partie incendiée et des rues actuelles de la ville de Rennes »[6]. Il semble qu’il s’agisse toujours du plan présenté en 1868. Rien ne permet d’affirmer que Quesnet ait travaillé sur un plan montrant l’ensemble de l’intra-muros.

Pour que l’idée d’un plan comparatif soit de nouveau émise, il va falloir attendre 16 ans…


[1] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 7, 1870, p. LXXXVI.

[2] Identification encore incertaine, peut-être Alexandre Ferdinand René Proust qui a été capitaine au 8e bataillon de chasseurs à pied (source : Grande Chancellerie de la légion d’honneur : Livre d’or contenant la liste générale des personnes qui ont souscrit pour la reconstruction du palais de la Légion d’honneur incendié le 23 mai 1871, paris, Imprimerie nationale, 1874, p. 93)

[3] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 7, 1870, p. XCII.

[4] Durant cette séance avait eu lieu la passation de la présidence entre Eugène Édouard Joseph Morin (Antibes, 19 juillet 1814-Rennes 1er juillet 1876), professeur d’histoire à la Faculté des Lettres, membre depuis 1857 et Arthur de la Borderie (Vitré, 5 octobre 1827-17 février 1901) archiviste-paléographe, membre fondateur.

[5] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 7, 1870, p. CIII.

[6] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 9, 1875, p. XVII-XVIII.

Les désirs de Monsieur De la Borderie

Lors de la séance du 16 mars 1886, Marie Pierre Alexandre Gobaille (Rennes, 3 mars 1817-19 mars 1894), membre de la société depuis 1882, conducteur principal des ponts-et-chaussées à la retraite, montre un plan de Rennes « établi par lui d’après le plan de Hévin de 1685 »[11].Rien de très original au prime abord par rapport au fac-similé imprimé en 1845 pour l’Histoire de Rennes[12] de Dominique Maillet[13] (Poitiers, 28 novembre 1776 – Rennes, 6 avril 1848)[15] ou au travail de Proust, mais la réalisation de Gobaille va susciter l’enthousiasme de l’historien Arthur de la Borderie (Vitré, 5 octobre 1827-17 février 1901) qui « tout en donnant de justes éloges au travail de M. Gobaille, exprime le désir, qu’il a déjà émis, qu’un plan comparatif, c’est-à-dire un plan de l’état ancien de la ville superposé au plan actuel, permette de déterminer exactement sur ce dernier l’emplacement des anciennes rues et des anciens édifices »[16].

L’intérêt pour ce projet de plan avec des tracés superposés était vraiment important pour de la Borderie qui œuvrait au mieux pour faire connaître et étudier les sources de l’histoire de Rennes[17]. Il a d’ailleurs possédé un plan Forestier de 1726 sur lequel sont tracés à l’encre bleu le plan de Rennes avant l’incendie et à l’encre rouge la première enceinte. Bien qu’à sa mort et selon ses dernières volontés sa bibliothèque ait été offerte à la ville de Rennes « sous les conditions suivantes : aucun livre ne pourra être cédé par la ville au commerce ou à des mateurs »[18], il s’avère qu’une partie de sa documentation, dont son plan Forestier avec tracés, ont été vendus aux enchères par sa famille. Le plan, aujourd’hui en mauvais état, a été revendu en janvier 2021 : il a au dos une étiquette sur laquelle est écrit « Plan de la ville de Rennes pour sa reconstruction après l'incendie de 1720 par Forestier. Ce plan provient de la collection de M. de la Borderie, sur lequel il avait tracé à l'encre bleue le plan de Rennes avant l'incendie et à l'encre rouge la 1ere enceinte de la ville. Plan en très bon état, collé sur toile et non coupé. N° 72[…] »[19].

La création d’un plan comparatif était également à l’esprit de Lucien Decombe (Rennes, 4 février 1834 – 14 décembre 1905), alors directeur du Musée Archéologique. Face à la réaction de la Borderie il avait répondu « qu’avant tout il faut avoir, à une échelle convenable, un plan exact de Rennes avant l’incendie ; c’est ce qu’il s’efforce d’obtenir ; mais ce travail préparatoire est long et difficile ; néanmoins M. Decombe espère arriver bientôt à la réalisation des désirs de M. De la Borderie, qui sont aussi les siens »[20].

Merci Lucien Decombe !

Depuis son intégration à la société archéologique en 1874, Decombe a beaucoup contribué aux recherches historiques sur Rennes, avec un goût prononcé pour les sources iconographiques et cartographiques. En 1885, il a déjà retrouvé des plans anciens de Rennes[21]. Lors de la séance du 12 janvier 1886, il « fait connaître qu’il s’occupe […] de la rédaction d’un catalogue d’iconographie rennaise, qui doit comprendre l’indication et la description sommaire des gravures, lithographies, vignettes, estampes, etc. reproduisant soit des vues d’ensemble, soit des monuments ou des sites rennais ». Il informe ses confrères qu’« une division spéciale de ce travail, consacrée aux plans de Rennes exécutés depuis 1616 jusqu’à nos jours, est aujourd’hui complètement terminée »[22].

Decombe est conscient des difficultés inhérentes à la conception d’un plan comparatif : en 1881, il a mis à jour un plan comparatif exécuté en 1846 par Auguste Toulmouche (Nantes, 21 septembre 1829- Paris,16 octobre 1890) [voir chapitre suivant] avec un plan imprimé par Oberthür en 1877. Sur le plan contemporain apparaissent les limites de l’enceinte gallo-romaine de la ville de Rennes avec le tracé des voies principales qui y aboutissaient et l’indication des emplacements sur lesquels ont été faites des découvertes d’objets gallo-romains.

Decombe1881

Plan en annexe du Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine de 1881.

Pris globalement, aucun plan des années 1870-1880 ne permet véritablement une lecture claire et précise si des tracés y sont superposés. Ils sont basés sur le plan dit « Caze de la Bove » de 1782, dont il existe d’ailleurs plusieurs versions éditées jusqu’en 1813. Comparé au plan Forestier de 1726, le plan Caze de la Bove prend en compte les faubourgs et les villages aux alentours de Rennes. Les auteurs de la plupart des plans établis au 19e siècle ont tous privilégié un cadrage équivalent.

Dans son introduction pour Le Vieux Rennes Banéat énumère les différents plans de Rennes sur lesquels il est possible de suivre les transformations successives de la ville. Dans l’édition de 1904, il précise dans une note en bas de page qu’il acquitte ici « une véritable dette de reconnaissance » en remerciant M. Decombe des conseils et des renseignements nombreux qu’il a bien voulu lui donner et qui ont grandement facilité sa tâche[23]. Dans les éditions suivantes du livre, ces remerciements n’apparaissent pas…

L’élaboration du plan Banéat

De la liste des Plans donnée dans le Banéat aux brouillons de Banéat

« Plan ou vue cavalière D'Argentré (1616), gravé par Closche. Il figure dans la troisième édition de l'Histoire de Bretagne, de Bertrand d'Argentré. Ce plan a été reproduit dans les Souvenirs de Rennes, par Ducrest de Villeneuve. - dans l'Histoire de Rennes, par Ducrest de Villeneuve et Maillet. - et dans la Notice historique sur le Petit Saint-Méen, par Le Menant des Chesnais. On en conserve un exemplaire au Musée Archéologique. »

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2016.0000.3293, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo113867

Argentré

Plan de 1638, formant la dixième planche de Plans et Profilz des principales villes de la province de Bretagne. Ces planches font partie d'un atlas intitulé : Les Plans et Profilz de toutes les principales villes et lieux considérables de France par Tassin.

Archives municipales de Rennes, 1Fi40, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/544972.595011/dao/0/1

1Fi40

« Vue cavalière de Boisseau de 1644. »

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 956.0002.183, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo230618

boisseau

« Autre vue cavalière analogue de Jollain (même époque). » 1655

Archives municipales de Rennes, 6Fi13, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/214111.403993/dao/0/1

6Fi13

« Plan de Hévin, de 1685 environ. » Plan de la vieille ville ou cité, ville neuve et nouvelle ville de Rennes, capitale de Bretagne, dit plan Hévin, du nom de l’avocat et jurisconsulte Pierre Hévin (Rennes, 30 novembre 1623 – 15 novembre 1692)

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2016.0000.3600, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo225775

Hévin

« Plan de l'incendie de la ville de Rennes, par Robelin (1722), manuscrit, appartenant au Musée Archéologique. »

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 919.0023.6, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo226853

robelin 1722

« Plan de 1726, levé par Forestier et gravé par Robinet. »

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 998.0101.195, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo126809

plan forestier

« Plan levé en 1764 par Forestier et gravé par Ollivault vers 1775 ; il est dédié à l'intendant Caze de la Bove. Ce plan a été retouché vers 1804 et après 1806. » Plan dit « Plan Caze de la Bove ».

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1395, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo280369

1775

« Plan de la Bourdonnaye (1813). C'est une réduction de celui de 1775. » Du nom du maire de Rennes Esprit Charles Clair de La Bourdonnaye (Paris, 6 juin 1752-Goven, 17 mai 1829). Difficile de déterminer clairement quel est le plan de la Bourdonnaye mais cette version colorisée du plan « Caze de la Bove » date bien du début du 19e siècle. (N.B. : Le Champ de Foire a été baptisé Champ-de-Mars en 1802.)

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2017.0000.6203, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo377910

bourdonnaye

« Plan de la partie de la ville de Rennes incendiée en 1720. (Bibliothèque de Rennes). »

Impossible de dire concrètement à quel plan fait référence cette description. Plusieurs plans de la partie de la ville de Rennes incendiée en 1720 existent : ils ont été tracés à partir de celui qui est situé en haut à droite du plan Forestier de 1726.

plan forestier détail

Détails du plan Forestier de 1726 et du plan Caze de la Bove : Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 936.0038.10, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo348227 ; numéro d’inventaire 2018.0000.1395, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo280369

1775 détail

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1565, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo293730 : ce plan est celui qui figure en haut à gauche du plan établi par l’architecte Adolphe Thomas Périaux (Rouen, 21 décembre 1799 – vers 1845) en 1829, communément appelé « plan Lorgeril » du nom de Louis de Lorgeril (Pleugueneuc, 22 janvier 1778 – Orléans, 13 avril 1843), maire de Rennes de 1821 à 1830.

plan partie incendiée

« Plan de Lorgeril (1829 et 1830), par Périaux. »

Archives municipales de Rennes, 1Fi58, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/544989.595032/dao/0/1

1fi58

« Plan manuscrit de Lalanne (1822). » Lalanne est le dessinateur qui a exécuté un « vue perspective de l’intérieur de la cathédrale Saint-Pierre à Rennes prise le jour de la cérémonie du sacre de Mr l'évêque St Marc le 10 aout 1841 » conservée aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, cote 5Fi259 et une « Vue de la chapelle Bauby prise du sud » conservée au Musée de Bretagne , numéro d’inventaire 2018.0000.3243, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo324425 ; il ne faut pas le confondre avec le graveur Maxime Lalanne (1827-1886).

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 970.0030.1, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo231696

lalanne

« Plan de 1838, par Landais et Marteville ; il se trouve dans l'Essai topographique sur la ville de Rennes, par l'abbé Manet. »

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1495, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo413100

landais marteville 1838

« Plan cadastral de 1809. » et « Plan cadastral de 1840. » [1842] 

Ils sont consultables sur le site internet des archives départementales d’Ille-et-Vilaine, cotes 3P5616 et Rennes G/2.

« Plan de 1842, par Landais ; on le trouve dans les Souvenirs de Rennes, par Ducrest de Villeneuve. »

Archives municipales de Rennes, 1Fi70, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/544999.595042/dao/0/1

1fi70

1fi70 détail

Fenaut

En bas à droite de ce plan se trouve un plan colorisé de la partie incendiée de la ville en 1720. Il a servi de base au dessin du photographe Désiré Fénaut (Jacques Désiré Fénaut, dit Désiré Fénaut (Saint-Thierry, 8 septembre 1832 – Rennes, 25 octobre 1909) qui a superposé le plan des rues qui ont été incendiées avec celui, en pointillé, des « rues et places actuelles ». Il est raisonnable de dire que ce plan a été fait entre 1904 et 1909 car il a été fait pour illustrer Le Vieux Rennes : Musée de Bretagne, numéro d’inventaire : 2018.0000.1566, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo293731).

calque banéat

Fénaut semble également avoir utilisé comme modèle un plan sur papier végétal inventorié comme plan d’étude de Rennes. Ce calque fait par Paul Banéat nous donne une idée de ce qu’était le plan Quesnet : Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 2018.0000.1090, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo290932

banéat incendie

Paul Banéat avait mis au propre sa version du plan de l’incendie de Rennes en 1720 : Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1218, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo280285

« Plan de 1846, par A. Toulmouche ; il est joint à l'Histoire archéologique de l'époque gallo-romaine de la ville de Rennes, par le même. »

Archives municipales de Rennes, 1Fi99, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545025.595068/dao/0/1

1fi99

« Plan de 1846 à 1852, par Landais et Oberthür. »

Archives municipales de Rennes, 1 Fi72, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/624967.625015/dao/0/1

1fi72

« Plan de 1854, par Gaboriaud. » Émile Gaboriaud était géomètre du cadastre.

Archives municipales de Rennes, 1Fi73, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545001.595044/dao/0/1

1Fi73

« Plan de 1854, par Oberthür, fait pour la Compagnie des chemins de Fer de l'Ouest. » Les archives municipales de Rennes conservent deux plans qui peuvent répondre à cette description, l’un daté de 1855, cote 1Fi75, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545003.595046/dao/0/1 , l’autre de 1858, cote 1Fi78, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545006.595049/dao/0/1.

1fi75

1fi78

Paul Banéat a utilisé les plans Hévin et Forestier pour plusieurs plans d’étude, il avait pour habitude d’exécuter des calques, puis une mise au propre, le plus souvent à la plume et à l’aquarelle :

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1466, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291141 ; numéro d’inventaire 2018.0000.1467, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291142

calque hévin

mise au propre

hévin banéat

Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.562, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo296243 La notice de ce plan de Rennes avant l’incendie de 1720 au crayon révèle qu’il a été dressé par Banéat à partir du Plan Hévin, mais il a également été obtenu à partir du plan Forestier de 1726.

banéat hevin gris

En effet, les exemplaires à l’encre conservés au Musée de Bretagne, [numéro d’inventaire 2018.0000.1647, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo395040] et aux archives municipales de Rennes (cote 1Fi38, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/544970.595009/dao/0/1) permettent de voir clairement que le tracé des fortifications, les édifices majeurs et les monuments ont été copiés d’après le plan de 1726.

feu

Un plan représentant Rennes avant l’incendie de 1720 a certainement également été obtenu à partir du plan Hévin : Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1473, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291148 (voir également le plan de Rennes en 1720, numéro d’inventaire 2018.0000.1503, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291166). 

Paul Banéat y a collé une reproduction du plan des rues de la partie incendiée obtenue à partir du plan situé en haut à gauche du plan de Lorgeril. Ce plan fait partie d’une série dont le but est de montrer les transformations de l’espace urbain rennais. Elle a été créée par Banéat dans les années 1920.

1420

Rennes en 1420, Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1092, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo290934

1450

Rennes en 1450, Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1093, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo290935

1820

Les plans de la Bourdonnaye et Lorgeril lui ont permis de tracer son plan de Rennes en 1820 : Musée de Bretagne, 2018.0000.1472, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291147 Si le plan Lorgeril l’a aidé à modéliser l’espace public, le plan de la Bourdonnaye lui a facilité la mise en place des éléments des fortifications encore existants.

1840

Le plan de Rennes en 1840, Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1469, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291144 a été obtenu à partir du plan de 1829 par Landais Plan de 1829, par Landais. » Archives municipales de Rennes, 1Fi66, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/544996.595039/dao/0/1] et d’un plan routier tracé par Gaboriaud en 1857 [Archives municipales de Rennes, 1Fi 77, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545005.595048/dao/0/1]

C’est à partir des « Plans tout modernes et non datés, publiés par les maisons Dubois et Simon » Archives municipales de Rennes, 1Fi90, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545017.595060/dao/0/1

1Fi90

Archives municipales de Rennes, 1Fi91, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545018.595061/dao/0/1

1fi91

Archives municipales de Rennes, 1Fi96, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545022.595065/dao/0/1

1fi96

Archives municipales de Rennes, 1Fi184, permalien https://www.archives.rennes.fr/ark:/74559/545107.595173/dao/0/1

1Fi184

1920

que Banéat a obtenu son plan de Rennes en 1920, Musée de Bretagne, numéro d’inventaire 2018.0000.1471, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291146

Et un, et deux, et trois !

Le premier plan comparatif publié par Paul Banéat a été dressé à partir d’un plan édité par l’imprimerie Fr. Simon pour l’Annuaire Officiel d’Ille-et-Vilaine.

Il a tout simplement agrandi ce dernier à une échelle convenable et en a limité le cadrage en faisant disparaître le boulevard de la Liberté et tout le sud de la ville. Banéat prévient ses lecteurs que son plan étant à une échelle très réduite, il a exagéré la largeur des rues pour pouvoir y inscrire leurs noms : il en résulte une déformation de certaines rues à laquelle il n’a pas pu remédier et il reconnaît que ce plan « ne saurait être rigoureusement exact »[24]. Il ajoute que la place lui a manqué pour écrire à l’encre rouge le nom des rues anciennes, c’est pourquoi il y a suppléé par des chiffres.

1904

Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 2018.0000.1474, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291149

Dans ce plan les traits rouges représentent la ville à la veille de l’incendie de 1720. Les traits noirs figurent les rues et les monuments postérieurs à l’incendie. Les juxtapositions de traits rouges et noirs désignent les rues et les monuments qui existaient déjà avant 1720 et qui subsistent toujours en 1904.

En 1911 et en 1926, il améliore sensiblement son plan, surtout le tracé des rues de Rennes avant 1720. La base reste un plan de l’imprimerie de Francis Simon (1860-1937)[25], mais le cadrage a changé par rapport à l’édition de 1904 : il a été réduit au nord, à l’est et à l’ouest, mais agrandi au sud pour inclure l’Arsenal et la caserne du Colombier. Les îlots ne sont plus hachurés afin d’éclairer la lecture du tracé des rues antérieures à l’incendie de 1720 en rouge.

1910

Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 998.0101.197, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo225826

Plan de la ville de Rennes en 1720 et en 1910.

1925

Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 2018.0000.1476, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo291151

Plan de la ville de Rennes en 1720 et en 1925.

La superposition du « plan de Rennes en 1720 et en 1925 » avec le plan parcellaire 2013-2018 consultable sur Géoportail (https://www.geoportail.gouv.fr) montre les déformations que les ajustements de Paul Banéat ont engendrées.

1-1

Détail du "plan de Rennes en 1720 et 1925" superposé avec le plan parcellaire 2013-2018

Le « plan de Rennes en 1720 et en 1925 » a été mis à jour par rapport au « plan de Rennes en 1720 et en 1910 » et le lecteur peut constater les transformations, adjonctions et constructions survenues dans Rennes depuis 1911.

1912 1920

1910 1920 2

1910 1920 3

1910 1920 4

1910 1920 5

Comparaisons des plans publiés en 1911 et en 1926.

Le « Banéat » et son plan : LA référence patrimoine

Le « plan de Rennes en 1720 et en 1925 » est réédité avec le texte du Vieux Rennes en 1983 par la Librairie Guénégaud à Paris[26]. L’ouvrage a une préface de Henri-François Buffet (Lorient, 22 février 1907-Rennes, 2 janvier 1937), conservateur en chef des Archives de la Région de Bretagne et Directeur des Services d’archives d’Ille-et-Vilaine, ainsi qu’une mise à jour de Denise Robert-Maynial (Paris, 12 janvier 1915 – Rennes, 19 mars 2015), diplômée de l’École du Louvre. Il ne s’agissait pas de refaire le Banéat en le refondant entièrement pour y apporter ce que les recherches historiques ont apporté en quarante-cinq ans, mais, selon Buffet, de « donner, dans un important addenda, toutes les précisions nécessaires sur les destructions (hélas ! trop nombreuses) survenues dans le Vieux Rennes pendant la dernière guerre mondiale et aussi au cours des années pacifiques qui l’ont suivie, car le vandalisme du temps de paix a été souvent plus destructeur que les bombardements des jours sombres »[27]. Quelque part, il est en phase avec ce que Banéat a lui-même écrit dans son introduction – dans les pas, d’ailleurs, de Paul de La Bigne Villeneuve (Rennes, 31 août 1813 – 21 février 1899) qui s’était voué à l’histoire de la ville[28] -, quand il explique que son but est de dresser un inventaire du passé architectural de Rennes : « Que de souvenirs disparus depuis que ces lignes ont été écrites ! Que de vieilles maisons démolies ! Que de rues transformées, au profit de l’hygiène sans doute, mais aux dépens du pittoresque ! Que de nouveaux percés rendant méconnaissables les anciens quartiers de la ville ! Chaque jour emporte un lambeau du Vieux Rennes, aussi est-il grand temps de sauver de l’oubli les rues et les monuments disparus et de relever les rares vestiges qui subsistent encore : c’est ce qui nous a décidé à entreprendre ce travail. »[29]

À la fin du livre, Denise Robert-Maynial a dressé un catalogue des destructions survenues depuis 1926, mais également des restaurations. Elle a repris les précisions que Paul Banéat a donné en 1929 dans le troisième tome de son livre Le Département d’Ille-et-Vilaine aux pages 204-212 et a ajouté les noms des érudits qui ont contribués aux recherches sur Rennes. Buffet les liste : Georges Nitsch, Xavier d’Haucourt, Armand Rébillon, Henri Fréville, François Bergot, Gildas Bernard, Barthélémy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé, Jacques Briard, Pierre Merlat, Jean Bousquet, Jean Lafaurie, Jean-Pierre Leguay, Henri Bourde de la Rogerie, Paule Malourbier-Tournier, André Mussat, René Richelot, Claude Nières, André Meynier, Gilbert Le Guen, Léon Le Berre, Georges Bourges, Daniel Derveaux… Tout cela pour conclure que « Paul Banéat ne manque pas de continuateurs », insistant sur l’importance des recherches historiques pour la protection des richesses d’art de Rennes. Le plan « Banéat » est inclus dans cette préface car il est la source qui permet de constater que « le cœur de la ville, malgré quelques pertes importantes et fort regrettables, est resté, dans son ensemble, encore debout »[30].

Conclusion

L’adage attestant du besoin de temps pour créer de grandes choses est connu : « Rome ne s’est pas faite en un jour », alors, osons l’écrire : le Banéat et son plan ne se sont pas faits en un jour ou en claquant des doigts ! À travers son ouvrage, Paul Banéat a répondu aux aspirations de toute une génération d’érudits et d’historiens. Même si aujourd’hui nous pouvons facilement superposer les plans sur Géoportail, que des archéologues et des historiens arrivent à reconstituer des pans entiers du parcellaire de Rennes avant l’incendie de 1720[31], le plan Banéat reste une référence pour promouvoir l’histoire du centre historique de Rennes et parfois, la source pour montrer que depuis 1925, Rennes a perdu une partie de son patrimoine ancien, mais également du 19e siècle et du début du 20e siècle.





[1] Docteur en droit, Paul Banéat était avocat à la Cour d’Appel de Rennes. Il intègre la Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine en 1880. Il la préside de 1906 à 1908. Il devient le directeur administratif du musée archéologique de la ville en 1906 et garde ce poste jusqu’à sa mort en 1942.

[2] Banéat (P.), « Le Vieux Rennes », Bulletin et mémoires de la Société archéologique de département d’Ille-et-Vilaine, tome 33 et 1904, tome 34, 1905, p. 41-224 et p. 13-164.

[3] Le département d’Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments a été également édité par Larcher entre 1927 et 1929, en quatre volumes, grand in-8°, illustrés.

[4] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 33, 1904, p. 41-42.

[11] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 18, 1888, p. X.

[12] Ducrest de Villeneuve (E.), Maillet (D.), Histoire de Rennes avec deux anciens plans de la ville, Rennes, Édouard Morault, 1845, 547 p.

[13] Archives Nationales, dossier LH/1694/17.

[14]Professeur, bibliothécaire de Rennes, correspondant du ministre de l’Instruction publique pour les travaux historiques.

[15]Garde magasin du timbre, membre correspondant de la société royale académique de Nantes.

[16] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 18, 1888, p. X.

[17] Lors de la séance du 8 mai 1877, Arthur de la Borderie, alors Président de la société archéologique, soumet « la question de savoir s’il n’y aurait pas lieu d’entreprendre une publication des archives municipales de Rennes, L’approbation de M. le Maire de Rennes est déjà acquise à ce projet, une Commission, dans laquelle entreraient l’élément municipal et l’élément archéologique, serait instituée pour le réaliser. – Cette proposition est admise à l’unanimité », Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 12, 1878, p. VI. Malheureusement le procès-verbal de la séance du 10 février 1885 tend à démontrer que ce souhait est resté lettre morte : « M. de la Borderie fait remarquer que M. Marteville, dans son édition du Dictionnaire d’Ogée, à l’article Rennes, mentionne une enquête qui aurait été édifiée après l’incendie de 1720. Ce document doit exister aux archives de la ville, il serait utile de le rechercher et de le publier … À cette occasion M. de la Borderie rappelle que la Société avait adopté autrefois en 1877 ou 1878 un projet de publication des documents municipaux intéressants l’histoire de Rennes, n’y aurait-il pas lieu d’y donner suite ? » Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 17/2, 1887, p. XLIV-XLV.

[18] Archives Rennes 1D76 séance du conseil municipal du 29 mai 1901.

[19] Delcampe, objet n° #1187058838, vente terminée le 31 janvier 2021 à 17:58.

[20] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 18, 1888, p. X.

[21] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 17, 1887, p. LXX.

[22] Bulletin de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 18, 1888, p. II.

[23] Banéat (P.), Le Vieux Rennes, Rennes, Librairie Générale J. PLihon et L. Hommay, 1904, p. 4.

[24] Banéat (P.), Le Vieux Rennes, Rennes, Librairie Générale J. PLihon et L. Hommay, 1904, p. 2.

[25]À titre de comparaison pour la forme des îlots et des monuments ce plan du centre de la ville de Rennes par l’Imprimerie Fr. Simon : Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 2018.0000.1216 , http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo290946

[26] Banéat (P.), Le Vieux Rennes, Paris, Imprimerie Guénégaud S.A., 1983, 678 p.

[27] Buffet (H.-F.), « Préface du Banéat », in Banéat (P.) Le Vieux Rennes, Rennes, Librairie Générale J. PLihon et L. Hommay, 1904, p. 1.

[28] Conférence Promenade archéologique dans l’ancien Rennes donnée durant la séance publique du 9 mai 1867. La Bigne Villeneuve introduit sa description archéologique de la ville en déclarant : « Le vieux Rennes s’en va ! Encore quelque temps, il n’en restera plus rien. Ceux à qui le peu enviable privilège de l’âge permet de remonter, par leurs souvenirs, à une quarantaine d’années, - plus haut encore, - au commencement de notre siècle – par exemple, - quelle différence ne trouvent-ils pas entre le tableau que leur offre aujourd’hui la ville de Rennes, et celui dont ils peuvent reconstruire dans leur mémoire les linéaments effacés sans retour ? Sans doute, me dira-t-on, Rennes a bien changé, mais à son avantage. Que d’embellissements ! quel progrès ! quel développement ! quelle brillante transformation ! Je n’en disconviens pas : - et j’y applaudis. Tout ce qui favorise le bien-être, ma salubrité, la richesse de la cité, tout ce qui donne l’élan aux améliorations, à l’expansion des transactions commerciales, à l’importance croissante de notre ville, a le droit d’être accueilli avec faveur par la génération qui en profite. Loin de nous la pensée de dénigrer ou de méconnaître les labeurs de ceux qui ont marché vers le but qu’on poursuivra longtemps encore, - le progrès matériel, - dont je demande qu’on ne sépare pas le progrès moral et intellectuel. – Honneur et gratitude à leurs efforts ! Seulement, que notre admiration et notre reconnaissance pour les modernes avantages acquis ne nous rendent pas trop oublieux, trop dédaigneux du passé ! Est-il bien certain que tout ce qui a disparu ne nous laisse rien à regretter ? La ville de Rennes n’a-t-elle pas, sur plus d’un point, perdu en originalité, en pittoresque, en souvenir historiques, un peu de ce qu’elle a gagné d’ailleurs en régularité, en élégance, uniforme et quelque peu froide, en agrandissement et en assainissement de ses anciens quartiers ? Qu’on permette à un archéologue – à un ami des vieilles traditions et des vieilles annales rennaises – non pas une plainte, un reproche, - non – mais avec quelque regret, un retour, un coup d’œil rétrospectif sur l’histoire monumentale de notre vieille capitale bretonne », La Bigne-Villeneuve (P. de), « Promenade archéologique dans l’ancien Rennes », in Mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, tome 7, 1870, p. 101-102.

[29] Buffet (H.-F.), « Préface du Banéat », in Banéat (P.) Le Vieux Rennes, Rennes, Librairie Générale J. PLihon et L. Hommay, 1904, p. 5.

[30] Buffet (H.-F.), « Préface du Banéat », in Banéat (P.) Le Vieux Rennes, Rennes, Librairie Générale J. PLihon et L. Hommay, 1904, p. 1.

[31] Le Boulch (M.), Rennes, fabrique et formes de la ville, 1420-1720, thèse de doctorat d’histoire, sous la direction de G. Aubert et P.-Y. Laffont, Université Rennes 2, 2020.