Charles Mevius (1824-1893) : 

un photographe au service de la recherche historique

D’après le livre paru en 2012 lors de l’exposition Reflets de Bretagne qui mettait en valeur les collections photographiques du Musée de Bretagne[1], Charles George Frederic Mevius, parfois orthographié G. F. Mévius, figure parmi les premiers photographes installés à Rennes. Même si son nom est connu des Rennais, personne n’a véritablement reconstitué son parcours de vie. Dans la dynamique des recherches insufflées par l’ouvrage Rennes 1720. L’incendie paru en novembre 2020 sous la direction des historiens modernistes Gauthier Aubert et Georges Provost, qui m’ont offert l’opportunité d’écrire sur « La patrimonialisation de la ville reconstruite »[2], j’ai continué à analyser l’histoire de l’iconographie rattachée à la catastrophe de décembre 1720 et au rétablissement de la ville. Aussi surprenant que cela puisse paraître, cet examen m’a amené à m’intéresser de plus près à Mevius. En effet, réputé comme photographe portraitiste, ainsi que de vues touristiques, cet Anglais originaire de Leicester s’avère avoir également eu un rôle dans la reproduction et la transmission de documents iconographiques ayant trait à l’histoire de la ville de Rennes au 18e siècle.

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N.B. : L'accès à ces pages est libre et gratuit, mais les règles qui régissent l'édition concernant le droit de citation sont valables ici aussi ! Les textes et les images qui lui sont empruntés devraient être suivis de la mention Chmura Sophie, « Charles Mevius (1824-1893) : un photographe au service de la recherche historique », Images, représentations et patrimoine de Rennes, mis en ligne le 21 juin 2021, http://patrimoine2rennes.monsite-orange.fr, consulté le.

Cet article contient des images issues des collections du Musée de Bretagne à Rennes (Marque du domaine public)

Une vie entre le Royaume Uni et la France

Charles George Frederic Mevius est né le 7 juin 1824 à Leicester.

Rentier, il demeure ordinairement dans cette ville, quand Emma Harriet Longmore, née le 25 septembre 1822 à Tewkesbury dans le Gloucestershire[3], met au monde leur fils, Charles Rennes Mevius, rue de Nemours à Rennes, le 26 mars 1855.

Emma Longmore, normalement domiciliée sur l’île de Jersey, est alors mariée avec le révérend Richard Croker, et ce, depuis le 22 juillet 1841[4]. Elle est déjà mère de Frederick Augustus Croker (14 janvier 1847- ?), Richard Charles Saint Helier Croker (Saint-Hélier, 28 septembre 1849 - 1er octobre 1862) et d’au moins trois filles nommées Laura Auguste Mabella, Emma Hariette Agnes et Edith Lydia Josephine. Richard Croker demande le divorce en 1858 : sa pétition auprès de la cour mentionne qu’il demande la séparation car son épouse « Had a male offspring that was not her husbands / avait une progéniture mâle qui n’était pas de son mari »[5].

Entre 1855 et 1858, Charles Mevius et Emma Longmore vivent dans le Langdon Hills (Essex) où naissent leurs deux filles Henriette, en 1856, et Marie Louise, en 1857.

Emma met au monde leur deuxième fils Henry Arthur, le 25 septembre 1859 à Rennes. Dans l’acte de naissance, Charles Mevius est décrit comme propriétaire 29 faubourg de Nantes. Dans l’annuaire de l’année 1860, il est précisé qu’il a un atelier de photographe 13 quai Chateaubriand[6]. Le Musée de Bretagne conserve deux ambrotypes exécutés à l’époque.

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Musée de Bretagne, ambrotype, portrait d’homme par Charles Mevius, numéro d'inventaire : 2018.0014.1, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo342546

Musée de Bretagne, ambrotype, portrait d’horloger par Charles Mevius, numéro d'inventaire : 2002.0030.2, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo219840

Au dos de ces portraits, il est possible de lire une étiquette qui précise que Mevius fait des « Portraits photographies inaltérables, encadrés, ressemblance garantie / n°3417 English Spoken / Portraits sur toile, pouvant s'envoyer dans une lettre, à 2fr. / Bel assortiment d'Ecrins anglais, avec portraits, depuis 5 fr. / Portraits pour broches et médaillons. / Reproduction de tableaux et d'objets d'art. / Une terrasse vitre permet d'opérer par tous les temps. / L'atelier est ouvert tous les jours, de 10h du matin jusqu'à 4h du soir. / L'angle de Quai Châteaubriant et de la place St-Germain, à Rennes ».

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QU’EST-CE QU’UN AMBROTYPE ?

L’ambrotype n’est pas un procédé à proprement parler. C’est le nom donné à un phénomène que le physicien et mathématicien anglais William Henry Fox Talbot (Melbury, 11 février 1800 – Lacock, 17 septembre 1877) appelait pour sa part amphitype : lorsqu’un négatif sur verre est examiné d’une certaine façon, il peut apparaître comme positif. L’image argentique est formée d’un dépôt pulvérulent d’argent qui correspond aux diverses gradations des lumières enregistrées. Observé en transparence ou sur un fond clair, ce dépôt opaque constitue un négatif. Appliqué sur un fond noir, les particules d’argent apparaissent claires relativement à ce fond : l’image revêt alors un aspect positif. En exaltant l’aspect métallique de l’argent par des traitements qui n’altèrent pas le caractère négatif, les photographes obtenaient un cliché mixte, susceptible de fournir des épreuves ou, appliqué sur fond noir, une image positive. À noter que l’image daguerrienne présentait aussi cette double apparence suivant l’incidence de la lumière qui la frappait : mais c’était alors un grave défaut ! Les portraits amphitypes de Talbot, puis des photographes professionnels, eurent un succès notable. Montés sur velours noir, présentés avec le même goût que les daguerréotypes, ils étaient présentés comme ayant la même finesse et le même agrément. Les photographes n’avaient pas tous les mêmes procédés pour obtenir des ambrotypes : certains les obtenaient sur albumine, alors que les tenants du collodion, blanchissaient l’argent des négatifs au biochlorure de mercure et vernissaient le verso en noir. Les ambrotypes étaient parfois donnés comme de vrais daguerréotypes par des commerçants peu consciencieux.

Le 12 février 1861 naît, toujours faubourg de Nantes à Rennes, Frank Ernest. Charles Mevius est déclaré rentier.

En 1867, Emma accouche de leur fils Harold. Depuis un an, le couple est recensé 2 rue de l’Alma à Rennes, près du Champ de Mars[7]. C’est là que Charles a fait construire, vers 1863, son studio de photographie. D’après un cliché annoté, il est certain que l’atelier fonctionne bien en 1864.

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Portrait de Gustave et Léon Pierron, collections du Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 994.0079.11, permalienhttp://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo260959

En 1886, la revue Le Panthéon de l’Industrie consacre un article à l’atelier qui est alors occupé par le fils de Charles, Frank Mevius (1861- ?) : « l’emplacement a été merveilleusement choisi. Isolée au milieu d’un jardin, la maison, dont les ateliers photographiques occupent tout le premier étage et une partie du rez-de-chaussée, se trouve en pleine lumière, loin de tout édifice qui puisse lui dérober une partie du jour, et à l’abri de toute éventualité capable de modifier cette situation. Les dispositions des ateliers ont été très habilement conçues pour compléter ces avantages naturels. Nous ne dirons rien des ateliers de manipulations, où nous pourrions cependant signaler un très ingénieux appareil de lavage pour les épreuves positives (appareil abrégeant la main-d’œuvre dans des proportions considérables), et un appareil spécial aussi, pour les clichés ; ni de la chambre noire, ni des salons d’attente, etc., etc., dont l’installation est remarquable, mais qui interviennent peu, en somme, dans le résultat final. Nous ne saurions en dire autant des deux salons de pose dont l’un, orienté au nord, est destiné à l’exécution des groupes et des simples portraits de plein air, avec mise en scène d’arbres, de rochers, etc., etc., et l’autre, recevant le jour du nord et de l’est, est réservé aux portraits d’intérieur en pied ou en buste. Ces deux salons, exclusivement destinés à la pose, sont puissamment éclairés. Ils sont placés en retour d’angle, contre une pièce carrée où est installé l’objectif, qui peut être ainsi dirigé à volonté vers l’un ou l’autre des deux salons de pose »[8].

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Mevius photographe Champ de Mars Rennes, collections du Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 996.0002.1, permalienhttp://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo215598

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Au dos d’un photo-carte publicitaire qui montre les lieux, Charles Mevius se présente comme un photographe de Londres qui fait des « Portraits de toute dimension /jusqu’à la grandeur naturelle / en noir ou en couleur (huile, aquarelle, ect.) / portraits-cartes en tous genres / portraits-Cabinet (nouveauté) / portrait pour stéréoscope / broches & médaillons /encadrements / reproduction & agrandissement / jusqu’à la grandeur naturelle / des photographies / ou daguerréotypes anciens / portraits à l’huile ect. / Nettoyage et remise à neuf des anciens daguerréotypes / vues de Rennes et des environs / (St malo, Dinard, Combourg, ect.) / pour cartes et stéréoscopes / M. Mevius n’exposant pas de portraits en ville, on pourra visiter / chez lui des spécimens de photographies de toute espèce english spoken ».

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Exemple d’un cliché stéréoscopique par Mevius conservé au Musée de Bretagne : Rennes quai Chateaubriand et pont de Berlin, numéro d'inventaire : 2017.0000.6630, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo293615

Grâce au dos de certaines cartes portraits, nous avons confirmation que Mevius travaillait également comme photographe à Dinard.

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Portrait de femme, collections du Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 996.0002.12, permalienhttp://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo215604

En 1869, Mevius photographie le mégalithe de la Roche aux Fées, classé au titre des monuments historiques depuis 1840. Le cliché est utilisé comme modèle pour l’illustration de L'Univers Illustré du 16 janvier.

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Photographie de la Roche aux Fées par Charles Mevius, numéro d'inventaire 949.3488, collections du Musée de Bretagne, permalienhttp://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo115482

"Le dolmen de la Roche aux Fées, à Essé, près de Rennes, d'après une photographie de M. C. A. Mevius, de Rennes", in L'Univers Illustré, 16 janvier 1869, Fig. 2.

Lucien Decombe fait hommage du cliché au nom de Mevius à la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine le 9 juin 1874[9].

Le 17 avril 1869, Charles et Emma officialisent leur relation par le mariage dans la paroisse Saint Saviour à Jersey[10]. Les 7 août de la même année, Alfred Mevius naît à Rennes. Malheureusement, le 12 août, l’enfant décède.

En 1872, Mevius expose à Saint-Brieuc[11] avec le peintre-photographe Charles Paturel (Saint-Brieuc, 9 février 1815- 20 juillet 1887), qui avait un studio à l’enseigne de la Photographie des Côtes-du-Nord rue Saint-Guillaume à Saint-Brieuc, et le photographe d’atelier Auguste Desgardin (Concarneau, 13 octobre 1842 – Saint-Brieuc, 28 mars 1918) qui opérait rue aux Chèvres à Saint-Brieuc.

Le recensement de 1876 est le dernier où apparaît le nom de la famille Mevius au 2 rue de l’Alma à Rennes : la famille quitte en effet la Bretagne pour Jersey durant la fin des années 1870. L’ensemble des clichés de Charles Mevius est récupéré par le photographe Rennais Louis Collet (Pleumeleuc, 2 janvier 1846 – Rennes, 8 octobre 1935) qui se présente dès lors comme son successeur[13].

En 1893, Charles Mevius est domicilié au 2 West Park Villas à Saint-Hélier. Il meurt à 74 ans, le 3 janvier 1899. Il est enterré le 6 janvier dans le même caveau que son épouse[15].

Frank et Harold Mevius ont suivi les traces de leur père et sont tous les deux photographes au moment de sa mort. Frank travaille entre 1885 et 1891, 2 rue de l’Alma à Rennes, puis s’installe David Place à Jersey[16]. Harold, après s’être marié à Saint Helier le 13 décembre 1888, dirige le « Royal Studio » 610 Columbia Street (Cunningham Block) à New Westminster.

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Un homme à la pointe des innovations photographiques

Difficile de véritablement connaître comment Charles Mevius a embrassé la carrière de photographe. Mais il s’avère qu’il a été un ami proche d’un des pionniers de la photographie : l’inventeur Thomas Sutton (Londres, 22 septembre 1819 – Pwllheli, 19 mars 1875) avec qui il a eu l’opportunité de faire des expériences[17].

Sutton avait ouvert un studio à Jersey en 1847 après avoir obtenu son diplôme de l'Université de Cambridge. Cet atelier, qui était dans la baie de Saint Brelade[18], a été détruit par un incendie vers 1854. Sutton est surtout connu pour avoir pris la première photographie couleur en 1861 et pour avoir inventé l'appareil photo reflex à objectif unique la même année. Il a également développé la première caméra panoramique avec un objectif grand angle en 1859. Il a eu un partenariat avec le célèbre photographe français Louis Désiré Blanquart-Evrard (Lille, 2 août 1802- 28 avril 1872), qui a été un des pionniers du calotype, c’est-à-dire du premier procédé commercialement exploitable pour réaliser des tirages photographiques positifs sur papier à partir d'un négatif. L'Imprimerie Photographique de Blanquart-Évrard ouvre ses portes en 1851 à Loos-lès-Lille[19]. Cette installation a été la première du genre en France, avec une production supérieure à celle de Fox Talbot qui avait inventé le calotype (ou talbotype) en Angleterre en 1841.

LE CALOTYPE : TALBOT VS BLANQUART-ÉVRARD

En 1834, Fox Talbot travaille à un nouveau procédé où l’image négative, naturellement produite dans la chambre noire, est fixée sur support papier, à partir duquel, par contact et exposition devant une source lumineuse, est produit son image inversée, le positif, qui rétablit les vraies valeurs de la scène photographiée. Talbot nomme ce nouveau procédé le Calotype. Afin de le promouvoir et de vendre des brevets, Talbot parcourt le nord de la France et la Belgique. En 1943, il présente son procédé à l’Institut de France de Paris, mais sa démonstration ne produit qu’un intérêt limité.

En 1846, puis en 1847, Blanquart- Évrard présente à son tour à l’Académie des sciences des images photographiques sur papier. Le 19 juin 1847, une commission composée de membres de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Beaux-Arts de Paris conclue que « Le procédé de Monsieur Blanquart ne diffère pas sensiblement de celui de Monsieur Talbot sous le rapport des substances impressionnables ni sur leurs proportions, mais il est essentiellement différent dans les manipulations […] Monsieur Blanquart a très notablement perfectionné la fixation des images »[21].

Grâce à ses progrès sur le procédé de calotype et l'impression à l'albumine, Blanquart-Évrard a été un éditeur actif de livres, d'albums et de portfolios. En octobre 1853, un de ses représentants adresse au maire de Rennes un courrier, dans lequel il lui demande si un libraire ou marchand d’estampes de la ville serait prêt à recevoir « une exposition de ses produits photographiques, l’assurant que, les amateurs des beaux-arts lui sauront gré de cette pensée toute artistique qui les tiendra au courant des résultats obtenus par un procédé qui a valu à son auteur la décoration de la légion d’honneur »[22]. Cependant, Blanquart-Évrard avait méjugé l’estimation initiale des coûts impliqués dans l'exploitation de son entreprise, ce qui a entrainé en 1855 la fermeture de son imprimerie. Son partenariat avec Thomas Sutton à Jersey commence en septembre 1855 et se termine en 1857. D’après leur publicité, leur entreprise était patronnée par le prince Albert et fondée à la suggestion de ce dernier car il était un collectionneur de photographies.

Sutton, qui a produit la première publication photographique de l'île de Jersey[23], était un écrivain prolifique sur la photographie. C’est d’ailleurs dans un de ses articles paru en 1874 dans le 20e bulletin de la Société Française de photographie que nous apprenons qu’il expérimente le procédé bromure avec Charles Mevius : « J’ai promis d’indiquer les soins minutieux que l’on doit prendre dans la mise en pratique du nouveau procédé humide au collodion bromuré avec bain de nitrate à titre élevé et révélateur alcalin, afin d’arriver au plus haut degré de sensibilité de la couche et d’obtenir des vues et des portraits instantanés. Par une heureuse chance, au moment de tenir ma promesse, il m’est arrivé précisément de recevoir la visite de M. Mévius, photographe-portraitiste de Rennes, qui a l’un de plus beaux établissements de France et dont le nom est probablement connu de beaucoup de mes lecteurs. Pendant les trois ou quatre jours qu’a duré cette visite, nous avons expérimenté ensemble les deux procédés que j’ai décrits récemment dans ce journal, et je dois déclarer que M. Mévius a été enchanté des résultats de cette étude »[24]. Avec Mevius, il explique avoir réussi « avec un plein succès, la transformation de négatifs en positifs par l’acide nitrique, et […] d’après l’un d’eux, un négatif agrandi parfait sous le rapport du modèle et des demi-teintes et présentant la densité voulue pour le tirage » [25].

LES PROGRÈS DU COLLODION

C’est en 1849 que Gustave Le Gray (Villiers-le-Bel, 30 août 1820 – Le Caire, 29 juillet 1884) déclare avoir expérimenté le collodion[26], autrement appelé dissolution de coton-poudre. D’une préparation extrêmement délicate, le procédé au collodion était moins sensible quand il était trop liquide et non-uniforme quand il était trop épais. Il ne faut donc pas s’étonner de trouver une multitude de formules, d’autant plus que les opérations devaient être conduites avec aisance et rapidité, car le collodion devait être employé humide. Les photographes faisaient d’avance la mise au foyer, s’enfermaient ensuite dans leur laboratoire - le moins éclairé possible - où le bain d’argent et des glaces étaient préparés. La glace choisie était recouverte de collodion ioduré. Cette opération demandait beaucoup d’adresse et pour les grands formats un tour de force. Au début des années 1870, le procédé est toujours utilisé mais les difficultés de sa pratique poussent à des recherches de perfectionnements et de simplifications. Le procédé à l’albumine, qui s’employait sèche, a permis de diriger les expériences vers un collodion sec. Certaines réflexions se sont donc orientées vers le collodio-bromure, puis vers le gélatino-bromure. Les plaques au gélatino-bromure d’argent ont commencé à être produites de manière industrielle vers 1879-1880.

Durant les années 1870, Mevius est une référence en matière de portrait. Le Moniteur de la photographie du 15 janvier 1875 annonce que « M. Mevius, l’habile praticien anglais, établi à Rennes » revendique « l’honneur d’avoir été le premier photographe de province qui ait acquis le droit de pratiquer »[27] le procédé au charbon que Claude Léon Lambert (vers 1839- ?)[28] enseigne aux photographes à Paris. Ce procédé, désigné d’autre part sous le nom de lambertypie, permet l’agrandissement de photographie, exercice où Mevius excelle, comme le prouve son agrandissement du portrait du Docteur Jules Aussant (Rennes, 14 février 1805 - 19 juin 1872) directeur des musées de la ville.

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Portrait de Jules Aussant, collections du Musée de Bretagne, numéro d'inventaire : 874.0002.1 http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo212736 La notice de l'ancien inventaire du musée précise que le « Portrait photographié de Mr le Docteur Jules Aussant directeur des musées de la ville photographié par Mévius place du Champ de Mars à Rennes par agrandissement de la photographie de ce même artiste (reg. d'entrée n° 873). Ce n° 873 a été annulé, le petit modèle ayant été remis à Mr Le Maire pour la Mairie de la ville ».

The British Journal of Photography de 1875 explique de son côté : « Nous évoquions l'autre jour que M. Lambert - auteur du procédé d'agrandissement auquel le nom de « Lambertypie » a été donné en France - a introduit une petite nouveauté dans l'impression au carbone, qui rendrait le procédé disponible dans l'impression de portraits, de sorte que les professionnels peuvent maintenant avec confort et avantage pour eux-mêmes, et un grand gain pour le public, abandonner entièrement l'impression argentique. Ce que peut être cette petite nouveauté doit être appris par les licenciés moyennant le paiement d'une certaine redevance ; mais c'est ce que nous pouvons dire à son sujet, à savoir que M. Mevius, de Rennes – dont le nom est connu de nos lecteurs comme l'un des principaux photographes professionnels du portrait en France – a obtenu une licence, et est tellement charmé par le procédé qu'il a écrit pour en faire l'éloge au Moniteur, et se fait l'honneur d'être le premier photographe provincial à avoir obtenu une licence. En preuve de ce que fera le procédé il a joint à l'éditeur sa carte-portrait imprimée par celui-ci ; et l'éditeur déclare, avec une vraie politesse française, que rien de plus parfait ne pourrait être obtenu. Or, si l'on connaît bien l'extrême prudence que prend M. Mevius dans sa pratique, quoiqu'il puisse mettre à l'épreuve n'importe quelle nouveauté, on est amené à croire, par son élan actuel d'enthousiasme, qu'il y a vraiment quelque chose dans le procédé d'impression au carbone de Lambert auquel le nom de « chromotypie » a été donné dans ses publicités – terme qu'il considère peut-être comme synonyme d'impression pigmentaire. Il faut ajouter que M. Mevius termine sa lettre au rédacteur en chef du Moniteur en disant que ce sera pour lui une grande satisfaction de pouvoir livrer à l'avenir des épreuves permanentes à ses modèles. Ainsi, entre ses mains, au moins, l'impression argentique est condamnée. C'est vraiment important, parce que c'est le résultat pratique auquel un homme pratique de premier ordre est arrivé ».[29]

Photographier l’histoire de Rennes

En 1869, quand Alfred Mevius meurt seulement quelques jours après sa naissance, son décès n’est pas déclaré par son père, mais par Lucien Decombe (Rennes, 4 février 1834 – 14 décembre 1905), chef du 1er bureau à la mairie de Rennes[30].Decombe était l’un des témoins à avoir signé son acte de naissance, tout comme celui d’Harold Mevius[31], ce qui tend à confirmer un lien d’amitié avec la famille Mevius depuis au moins 1867.

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Portrait de Lucien Decombe par Charles Mevius, collections du Musée de Bretagne, numéro d’inventaire : 2016.0000.2186 http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo115278

Le titre professionnel de Lucien Decombe de « chef du 1er bureau à la mairie » ne laisse pas transparaître l’importance de son poste qui consiste non seulement à traiter des affaires générales et du courrier, mais surtout à suivre l’Instruction publique et les Beaux-Arts, les archives, la bibliothèque et le musée de la ville. Decombe avait donc des relations privilégiées avec les élites culturelles rennaises. Il a très vite approché le docteur Aussant, co-fondateur de la Société d’Archéologie d’Ille-et-Vilaine et conseiller municipal de 1852 à 1872. À la mort de ce dernier, son successeur à la tête du musée d’archéologie, le juriste Auguste André (Limoges, 17 avril 1804 - Rennes, 23 novembre 1878)[32] finit par inviter Decombe à rejoindre la Société Archéologique en 1874. Comme Aussant et André, Decombe s’intéresse à l’histoire de Rennes au 18e siècle, il va d’ailleurs écrire neuf communications sur le sujet en à peine dix ans. Dès son adhésion, il participe aux exhibitions mensuelles de la société savante : il présente un grand nombre d’objets, de documents et surtout d’images. Lors de la séance du 9 juin, il est donné lecture d’une lettre par laquelle il « fait connaître à M. le président que M. Mévius, photographe à Rennes, l’a chargé de faire hommage en son nom, à la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine, d’une série de reproductions photographiques exécutées par lui sur des gravures du siècle dernier, représentant divers monuments de Rennes et des faits importants de l’histoire de cette ville.

Ces reproductions, au nombre de cinq, sont :

1° L’incendie de Rennes en 1720, vue prise de la place du Palais. Dessin de Huguet, gravé par Thomassin.

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Collections du Musée de Bretagne, Rennes incendie de 1720, photographie par Charles Meviusde la gravure par Simon-Henry Thomassin (1687-1741) d’après Jean-François Huguet (1679-1749), numéro d'inventaire : 2017.0000.196, permalien : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo200929

2° Élévation perspective de la place du Palais et représentation de la fête donnée le 6 juillet 1726, à l’occasion de l’érection de la statue équestre de Louis XIV. Dessin de Huguet.

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Collections du Musée de Bretagne, Rennes inauguration de la statue de Louis XIV, photographie par Charles Mevius de la gravure par Philippe-Nicolas Milcent (?-1739) d’après Jean-François Huguet (1679-1749), numéro d'inventaire : 887.0074.2, permalien : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo201126

3° Élévation perspective de l’Hôtel-de-Ville, d’après le projet de Gabriel. Dessin de Huguet.

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Collections du Musée de Bretagne, photographie par Charles Mevius de la gravure par Philippe-Nicolas Milcent (?-1739) d’après Jean-François Huguet (1679-1749), numéro d'inventaire : 2017.0000.193, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo200842

4° Statue équestre de Louis XIV, de Coysevox, érigée sur la place du Palais, le 6 juillet 1726.

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Collections du Musée de Bretagne, Rennes statue équestre de Louis XIV, photographie par Charles Mevius de l’estampe par Simon Thomassin (1655-1733), numéro d'inventaire : 2016.0000.2812, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo187205

5° Statue de Louis XV, de Lemoine, érigée devant la façade de l’Hôtel-de-Ville, le 9 novembre 1754.

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Collections du Musée de Bretagne, Rennes statue de Louis XV, photographie par Charles Mevius d’une estampe par Nicolas Gabriel Dupuis (1698-1771), numéro d'inventaire : 2016.0000.3294, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo188139

M. le président prie M. Decombe de recevoir pour lui-même et de transmettre à M. Mévius les remerciements de la Société »[33].

Mevius a photographié d’autre part le change des billets de banque à l’Hôtel des Monnayes par Jean-François Huguet (Rennes, 29 décembre 1679 - 7 juillet 1749), cliché aujourd’hui conservé au Musée de Bretagne.

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Collections du Musée de Bretagne, Rennes change des billets de banque à l’Hôtel des Monnayes, photographie d’une estampe par Charles Mevius, numéro d'inventaire : 880.0009.2, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo148328

L’aquarelle du change des billets avait été découverte en 1866 sous un monceau de vieux papiers dans le bas d’une armoire de la Bibliothèque de Rennes. Le document fut communiqué par Monsieur Victor Gilles Julien Pijon (Rennes, 19 janvier 1820- ?), archiviste de la ville, à la Société Archéologique lors de la séance du 13 novembre 1866. La société obtint de l’administration municipale qu’il fut encadré et déposé au Musée archéologique[34].

Quand Mevius fait son don en 1874, aucune des gravures qu’il a photographiées ne semblent être déposées au musée archéologique. En comparant les exemplaires originaux aujourd’hui conservés au Musée de Bretagne, aux archives de Rennes et départementales d’Ille-et-Vilaine, aucun document ne correspond. Rappelons qu’il faut attendre février 1877, pour qu’une gravure représentant la statue équestre de Louis XIV soit donnée au musée de la ville[35]. La plupart des œuvres et gravures originales d’Huguet ne sont redécouvertes qu’à la fin du 19e siècle, la mémoire de la catastrophe de décembre 1720 et de la reconstruction de Rennes s’étant édulcorées au fil des générations, même si, depuis les années 1840, érudits locaux et sociétés savantes de Bretagne se sont intéressés à la reconstitution de l’histoire de la ville et ont cherché des sources pour l’écrire[36]. Si certains chercheurs se sont tout particulièrement évertués à dénicher des récits inédits et de sources écrites[37], Lucien Decombe s’est attaché à retrouver l’iconographie contemporaine des événements qui ont marqué le 18e siècle rennais. C’est lors de la séance du 8 février 1898 de la Société Archéologique qu’il annonce la rédaction d’un catalogue des œuvres de Jean-François Huguet : « il entre dans quelques détails sur les œuvres nombreuses et de genres variés qu’il a pu recueillir jusqu’à ce jour et dont il a entrepris de dresser un Catalogue raisonné » [38].

Il est fortement probable que Mevius ait photographié les gravures pour les recherches personnelles de Decombe, probablement dans des collections privées. Mais nous pouvons considérer que son don est un acte qui s’inscrit dans un projet de reproduction, de conservation et de transmission du patrimoine iconographique témoignant de l’histoire de Rennes.

En 1878, quand André décède, la municipalité confie l’intérim de la conservation à Lucien Decombe, qui depuis 1876 travaillait comme collaborateur bénévole au Musée Archéologique[39]. Or depuis 1875, Decombe faisait également partie du bureau de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine en tant que bibliothécaire. En travaillant à la fois à la conservation des œuvres du musée et à la gestion des collections de la Société Archéologique, Decombe a pu progressivement sauver les documents présentés ou donnés à la société en les intégrant aux collections muséales, dont les photographies de Mevius. Cela explique pourquoi nous pouvons aujourd’hui les consulter dans les collections du Musée de Bretagne.

D’autres photographies d’œuvres prises par Mevius sont aujourd’hui conservées au Musée. Au début de l’année 1875, le Maire de Rennes demande aux membres de Société Archéologique « des renseignements au moyen desquels on puisse se procurer un portrait de Toussaint Rallier, sieur du Basty, ancien maire de la ville. – M. Decombe fait connaître que postérieurement à la date de cette lettre, on a trouvé un portrait de Rallier du Basty[[40]] chez un de ses descendants. [… Il] veut bien promettre de rassembler, dans une notice qu’il rédigera, les documents concernant le personnage et le portrait dont il s’agit »[41]. L’artiste peintre Ferdinand Birotheau (Les Clouzeaux, 8 juillet 1819 - Rennes, 20 octobre 1892) exécute rapidement une copie exacte du portrait original[42]. La copie est accrochée avec un portrait par Jules Jan (?- ?) de Jean Leperdit (Noyal-Pontivy, 5 mai 1752-Rennes, 3 août 1823), également ancien maire de Rennes, dans la salle du Conseil de l’Hôtel-de-Ville. Dans le premier registre d'inventaire manuscrit du Musée Archéologique, il est indiqué que la reproduction du portrait de Rallier du Baty a été envoyée par le Maire pour la galerie d'iconographie bretonne[43], espace inauguré en mars 1877[44]. Cette reproduction est en fait une photographie prise par Charles Mevius, qui a également pris un cliché du tableau de Leperdit[45].

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Musée de Bretagne, Portrait de Toussaint-François Rallier du Baty, photographie par Charles Mevius du tableau de Ferdinand Birotheau, numéro d'inventaire : 877.0010.1, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo187645

Musée de Bretagne, Portrait de Jean Leperdit, photographie par Charles Mevus du tableau de Jan Jules, numéro d'inventaire : 2016.0000.2697, permalien http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo114183

Il est indéniable que Charles Mevius a été un photographe dont la notoriété a dépassé Rennes au 19e siècle. Portraitiste de talent, créateur d’images touristiques, expérimentateur de procédés photographiques, nombre de ses contemporains se sont intéressés à ses talents techniques. Il a fréquenté des intellectuels qui ont eu un rôle important dans notre connaissance de l’histoire de Rennes. Sa maîtrise de la photographie fait de Mevius un des pionniers de la transmission et de la sauvegarde d’archives iconographiques : ses clichés de gravures du 18e siècle ont permis à Lucien Decombe d’avoir accès à des sources visuelles indispensables pour reconstituer et comprendre les événements qui ont marqué l’histoire de Rennes au Siècle des Lumières. Finalement, en se penchant sur l’histoire de la constitution des fonds iconographiques du Musée de Bretagne, en découvrant pourquoi et comment les photographies de Mevius les ont intégré, nous avons un témoignage important de l’historiographie de Rennes.




[1] Prod’homme (L.) dir., Reflets de Bretagne, les collections photographiques du musée de Bretagne, Lyon/Rennes, Éditions Fage/Musée de Bretagne, 2012, p. 248.

[2]Chmura (S.), « La patrimonialisation de la ville reconstruite », in Aubert (G.) et Provost (G.), Rennes 1720. L’incendie, Rennes, PUR, 2020, p. 290-303.

[3][3] Fille de Joseph Longmore (Ditton, Shropshire, vers 1782-Tewekesbury, Gloucester, 29 mai 1854) et d’Harriet Smith (Sodbury, Shropshire, vers 1793-Cheltenham, 2 février 1873).

[4] Le mariage a eu lieu à Mythe House, Tewkesbury, Gloucester.

[5] The National Archives of U.K. : Records of the Supreme Court of Judicature and related courts, Records of the Family Division and Predecessors, Court for Divorce and Matrimonial Causes, 1858-1866. Divorce Court File : J 77/8/C17. Appellant : Rev Richard Croker. Respondent : Emma Harriet Croker, Type: Husband's petition.

[6] Archives de Rennes, BIB R0-102 - ALMANACH DES ADRESSES DE RENNES. Annuaire d'Ille-et-Vilaine et des tribunaux du ressort de la cour impériale de Rennes (Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan, Loire-Inférieure). ADRESSES DE RENNES classées par rues et numéros. 13e année - 1860.

[7] Archives de Rennes,

[8] Robert (E.), « Un atelier de photographie à Rennes », in Le Panthéon de l’Industrie, 1886, p. 304.

[9] Séance du 9 juin 1874, Bulletin de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine, 1876, tome X, p. XII.

[10] Archives de Jersey, registre des mariages de l’église Saint-Saviour, 11 février 1869-31 décembre 1871, D/E/B8/8

[11] Congrès Scientifique de France, 1873, Annexe 1, p. 256.

[12] Chmura (S.), « Louis Collet, photographe, 4 quai Richemont à Rennes », Images, représentations et patrimoine de Rennes, mis en ligne le 8 octobre 2018, http://patrimoine2rennes.monsite-orange.fr

[13] N.B. : les archives concernant Mevius sont classées à Mavius. Archives de Jersey, Paroisse de Saint-Hélier, registre du cimetière de Mont à L’Abbé F/D/X4/4/121, Emma Harriet LONGMORE wife of George F MAVIUS [aged] 66 [years[ died 22 February 1889 buried 26 [February] South part North grave. 9 feet. Minister officiating: Rev. Bellis. Funeral Director: Mr. Baker Mont à L'Abbé New Cemetery Block R Plot 26 Grave s2.

[14] Archives de Jersey, Paroisse de Saint-Hélier, registre du cimetière de Mont à L’Abbé F/D/X4/5/786.

[15] Archives de Jersey, Division des successions, vers 1669-1949, Testaments de biens mobiliers D/Y/A/58/2.

[16] Chmura (S.), « À propos de trois clichés pris à l’Exposition de l’Industrie et du Commerce de Rennes en 1887 », Images, représentations et patrimoine de Rennes, mis en ligne le 30 août 2018, http://patrimoine2rennes.monsite-orange.fr/page-5b86b879b6f22.html

[17] Société Française de photographie, tome 20, 1874, p. 277.

[18] Archives de Jersey, Judicial Greffe, D/Y/A/38/68, Testament of Thomas Sutton of Kennington, near London, Co. Surrey, now of St Brelade. Dated 07/08/1849. Bequeaths to the poor of St Brelade £1. Includes papers relating to and requesting that Arthur John Sutton be appointed executor of the Testament.

[19] Jammes (I.), Blanquart-Évrard et les origines de l’édition photographique française, Genève, Droz, 1981, p. 65, p. 127-33 ; Gautrand (J.-C.), « Blanquart-Évrard : De l’art à l’industrie », in Gautrand (J.-C.) et Buisine (A.), Blanquart-Évrard, Centre régional de la photographie Nord-Pas-de-Calais, 1999, p. 32.

[20] Blanquart-Evrard (L.), La photographie, ses origines, ses progrès, ses transformations, Lille, Imprimerie L. Danel, 1869, p. 21.

[21] Ken (A.), Dissertation historique, artistique et scientifique sur la photographie, Paris, Librairie Nouvelle, 1864, p. 74.

[22] « La photographie en Bretagne : une histoire en pointillés », in Musée Dévoilé le blog du Musée de Bretagne, Texte extrait de Reflets de Bretagne, les collections photographiques du musée de Bretagne, sous la direction de Laurence Prod’homme, éditions Fage, Lyon, 2012.

[23] Eastman Museum, Thomas Sutton maker, Jersey, 1856, salted paper print 1976.0288.0119 https://collections.eastman.org/objects/83578/jersey;jsessionid=20B3053BE5BED474417FEAEBA65ECED2?ctx=bd756e86-8aa8-4210-af5f-548b1be064ec&idx=0 et THOMAS SUTTON (1819-1875), Ruined tower, Jersey, Blanquart-Evrard process print. 1854. Printed, photographer's, publisher's and printer's credits and series title Souvenir de Jersey, numbered 478 in pencil on mount.11¼ x 8in. (28.2 x 20.3cm.) https://www.christies.com/en/lot/lot-4092916

[24] Société Française de photographie, tome 20, 1874, p. 277.

[25] Société Française de photographie, tome 20, 1874, p. 277.

[26] Le Gray (G.), Photographie. Traité nouveau théorique et pratique des procédés et manipulations sur papier et sur verre, Paris, Lerebours & Secrétan, 1854, p. 89.

[27] Le Moniteur de la photographie, 15 janvier 1875, 14e année, n°2, p. 9.

[28] Archives Nationales de France étude CX du notaire Félix Louis MOREL d'ARLEUX MC/ET/CX/1056 27 novembre 1874 Procuration et autorisation par Claude Léon Lambert, photographe, à Reine Guyot, son épouse, demeurant 9, rue d'Abbeville, pour gérer et administrer ses affaires commerciales, notamment son établissement de photographie située même adresse. En présence de Gustave Joseph Guilleminot, fabricant de produits chimiques, demeurant 6, rue Choron. Entre 1867 et 1871, Lambert est photographe à Pontarlier [naissance d’Émile Louis Constant Lambert en date du 5 septembre 1867 (décédé le 9 mars 1948 à Paris) ; naissance d’Ida Léonce Helvetia Lambert, née le 29 novembre 1870 (décédée le 2 mars 1871 à Vuilecin)].

[29] « We mentioned the other day that M. Lambert – author of the enlarging process to which the name of « Lambertypie » has been given in France – has introduced some little novelty in carbon printing, which is said to render the process available in printing portraits, so that professionnals may now with comfort and advantage to themselves, and a great gain to the public, give up entirely silver printing. What this little novelty may be must be learnt by licencees on payment of a certain fee ; but this much we are able to say concerning it, namely, that M. Mevius, of Rennes – whose name is familiar to our readers as one of the leading professional photographic portaitists in France – has obtained a licence, and is so charmed with the process that he has written in praise of it to the Moniteur, and takes to himself the honour of being the first provincial photographer who has acquired a licence. In proof of what the process will do he has enclosed to the editor his card-portrait printed by it ; and the editor states, with true Franch politeness, that nothing more perfect could by possibility be obtained. Now, a we are well aware of the extreme caution M. Mevius adopts in his practice, although he may give a trial to any novelty, we are induced to believe, from his present burst of enthusiasm, that there really is something in the Lambert process of carbon printing to which the name « chromotypie » has been given in his advertisements – a term which he considers to be perhaps synonymous with pigment printing. We must add that M. Mevius winds up his letter to the editor of Moniteur by saying that it will be a great satisfaction to him in future to be able to deliver permanent proofs to his sitters. So, in his hands, at least, silver printing has been doomed. This is really important, because it is the practical result at which a first-rate pratical man as arrived. »

[30] Archives de Rennes 4E 77 Registre des décès 1869.

[31] Archives de Rennes 2E 75 Registre des naissances 1867.

[32] François Félix Auguste André, « Bézier (T.), « Biographie de M. Auguste André, Ancien Président de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine », in Bulletin de la Société scientifique et médicale de l’Ouest, 3e trimestre 1912, p. 1-4.

[33] Bulletin de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome X, 1876, p. XII.

[34] Bulletin de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 7, 1870, p. LXVI. Decombe (L.), « Un artiste Rennais du XVIIIe siècle Jean-François Huguet 1679-1749 », in Bulletin et mémoires de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, 1903, tome XXXII, p. 176-177.

[35] « Séance du 13 février 1877 », in Bulletin de Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine, 1878, p. II.

[36] Gatti (C.), « Quelle(s) mémoire(s) pour l’incendie, in Aubert (G.) et Provost (G.), Rennes 1720. L’incendie, Rennes, PUR, 2020, p. 304-315.

[37] Exemple : « L’incendie de Rennes : lettre de M. du Menez de Lezurec au marquis de Lesquiffiou. 1720 : Détail du Brully de Rennes », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1876, p. 33-35.

[38] Bulletin et mémoire de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine, 1899, tome XXVIII, p. XIII.

[39] Quand le conservateur Auguste André (1804-1878) décède, Decombe se voit confier l’intérim du musée. Et même s’il démissionne de cette fonction le 23 août 1879, le maire de Rennes, Pierre Martin (1816-1894), le nomme définitivement conservateur le 4 novembre 1879.

[40] Toussaint François Rallier du Baty (Rennes, 1er août 1665-25 mars 1734)

[41] Bulletin et mémoire de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine, 1876, p. XXVII.

[42] Archives de Rennes, 1D 53 : délibération du Conseil Municipal du 29 mai 1875.

[43] Musée de Bretagne http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo187645

[44] Archives de Rennes : 1D55 Délibération du conseil municipal du 14 mars 1877. La galerie occupait trois mansardes situées au second étage du Musée. La première mansarde était dédiée au département d’Ille-et-Vilaine, la seconde les départements des Côtes-du-Nord et du Morbihan, la troisième au Finistère et à la Loire-Inférieure.

[45] Musée de Bretagne http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo114183