Découvrir Rennes en 1910 

avec un guide Conty 

et quelques cartes-postales

En juillet 1910, le syndicat d’initiative d’Ille-et-Vilaine est à la veille de fonctionner. Pour l’occasion, un guide court et précis sur Rennes et ses environs est publié[1] afin de faciliter aux touristes leur séjour et leurs excursions. Il s’agit d’un résumé du guide écrit par Adolphe Orain (Bain-de-Bretagne, 19 avril 1834 – 27 avril 1918) et publié chez Bahon-Rault[2] en 1904[3]. Les grandes lignes de ce projet avaient été tracées et mises en œuvre après la délibération de l’assemblée générale de l’Union du Commerce et de l’industrie du 18 novembre 1909. Le président de l’Union, Joseph Guillet (vers 1862- Rennes, 5 avril 1935), y avait déclaré : « lorsqu’on voyage à l’étranger et dans certaines régions françaises favorisées par la nature, vous êtes agréablement surpris des moyens intelligents employés pour attirer et retenir les promeneurs. Des syndicats d’initiative se sont formés ayant pour but de faire connaître et apprécier les curiosités locales et environnantes, non connues ; l’entrée d’une contrée merveilleuse dont le charme attire annuellement des milliers de touristes, ne pourrait-on les engager à s’arrêter plus longuement dans la capitale de la Bretagne ? »[4]. Derrière ce discours, Guillet met en évidence que la plupart des guides touristiques nationaux publiés jusqu’alors explique aux voyageurs qu’« une journée suffit pour voir Rennes »[5]. Le guide Conty propose même de connaître Rennes en seulement une demi-journée.

En 1910, le marché de la carte-postale à Rennes est partagé par plusieurs éditeurs. Au niveau national, la circulation des cartes-postales a presque décuplé depuis 1900[6]. Les séries rennaises sont passées d’une douzaine de cartes à plus de 200 dans certains cas. Il est donc possible aux touristes de trouver des cartes illustrées de toutes les étapes de leur parcours de visite dans la ville. Le libraire Edmond Mary-Rousselière (Sillé-le-Guillaume, 20 février 1874 – Avant 1949)[7] propose même des cartes-postales des œuvres du musée de la ville.

N.B. : L'accès à ces pages est libre et gratuit, mais les règles qui régissent l'édition concernant le droit de citation sont valables ici aussi ! Les textes et les images qui lui sont empruntés devraient être suivis de la mention Chmura Sophie, « Découvrir Rennes en 1910 avec un guide Conty et quelques cartes-postales », Images, représentations et patrimoine de Rennes, mis en ligne le 10 juillet 2020, http://patrimoine2rennes.monsite-orange.fr, consulté le .

Les guides Conty

Par définition, les guides mettent à disposition, en plus d’un classement thématique, des itinéraires destinés à familiariser le voyageur avec un territoire. Les itinéraires rapides, pour voyageurs pressés, mettent immédiatement l’accent sur ce qui est jugé essentiel. Les modifications des itinéraires, au travers des différentes éditions d’un même guide, sont souvent significatives d’un changement dans l’importance conférée à un lieu. Il en est de même dans les itinéraires proposés au sein même des villes. En analyse urbaine, le terme de trajectoire urbaine est souvent utilisé. Il englobe deux notions : la première est celle de cheminement, connoté dans un sens à la fois favorable et pittoresque, qui rassemble un ensemble de péripéties touristiques ; la deuxième est celle de parcours, terme qui désigne le déplacement du regard devant un paysage afin d’y sélectionner des repères qu’il ordonne en un ensemble signifiant. Il faut attendre 1878 pour que le guide Joanne consacré à la Bretagne propose une trajectoire urbaine pour découvrir Rennes. Les tous premiers guides de la collection, créée en 1863, privilégient une liste thématique des monuments à visiter. Les années passant, les parcours deviennent plus détaillés et leur place dans le texte plus importante. La collection des guides Conty est contemporaine à celle des guides Joanne. Elle a été créée au début des années 1860 par le publiciste Henry Auxcouteaux de Conty (Notre-Dame du Thil, 22 novembre 1828 – Courbevoie, 12 octobre 1896). Son premier guide, qui s’intéresse à la ville de Paris, paraît en 1861. La collection s’enrichit progressivement pour comprendre un peu plus de 70 titres.

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Le journaliste et critique Edmond About (Dieuze, 14 février 1828 – 16 janvier 1885) écrivait dans un article sur le salon de 1866 que « la collection de M. Joanne, publiée chez MM. Hachette, est surtout l’œuvre d’un érudit et d’un lettré. Celui qui voyage avec M. Joanne en poche se donne le plus instructif et le plus amusant des compagnons. M. De Conty, sans négliger positivement l’histoire et la géographie, se préoccupe, avant tout, des intérêts des voyageurs. Il ne renonce pas à devenir votre professeur et votre ami ; mais il est d’abord votre intendant. Il vous dit : « Quand vous arriverez dans telle ville, prenez telle voiture, qui vous coûtera tant : j’ai fait prix avec le voiturier et débattu votre transport à l’avance. Faites-vous conduire à tel hôtel, et présentez-vous de ma part : j’ai traité de votre logement et de tous vos repas ; payer le tarif de mon livre, et si vous n’êtes pas content de l’aubergiste, adressez-moi vos réclamations. » L’idée est très-ingénieuse, et je crois que les petites bourses, qui sont partout en majorité, béniront M. de Conty. Partout, où l’on arrive avec lui, on est recommdé, soutenu, protégé, comme si l’on avait un ami dans la ville »[8].

À partir de 1865, le journal Le Constitutionnel vante les Guides Conty[9]. L’homme de lettres Charles Adolphe Gabriel Piel (Cherbourg, 19 mai 1825 – 3 décembre 1877), gérant du journal, consacre deux colonnes dans le numéro du 23 juillet 1866 à Monsieur de Conty et à la genèse de sa collection : « il n’est pas sans utilité de connaître la pensée qui lui a dicté ses excellents petits guides. Voyageur lui-même et sans cesse sollicité par une rare activité, il est allé à peu près partout en Europe, il a à peu près tout vu. La France, la Belgique, la Hollande, la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre ont été, tout à tour et à plusieurs reprises, visitées par lui. On nous accuse, non sans raison, nous autre Français, d’être ignorants en géographie, mais je suppose que l’étranger qui causerait pendant une heure avec M. de Conty aurait, en le quittant, l’opinion qu’on nous a étrangement calomniés. Mais telle n’est pas la question, et j’en reviens à l’idée de M. de Conty. J’ai dit qu’il a beaucoup voyagé ; j’ajouterai donc qu’il a beaucoup souffert, il a souffert de tous et de tout et des auberges mal tenues, et des aubergistes pressés de faire fortune, et de son ignorance des usages, et de son ignorance des lieux. Il a fait un peu comme tout le monde, il a payé son expérience. Mais il a voulu qu’elle ne fût pas perdue. Alors il a fait ses Guides. Il y a lieu de croire qu’il n’est pas vrai, comme on dit, que l’expérience d’autrui ne nous profite jamais, car l’entreprise de M. de Conty a réussi plus vite qu’il n’était permis de l’espérer. A la vérité, rien n’a été épargné pour en assurer le succès. J’ai admiré et j’admire ces petits Guides. Ils sont maniables, légers, coquets. Verts, rouges ou bleus, selon le caprice, ils portent sur la couverture un écusson doré qui fait ornement, et offrent, de plus, à l’œil d’abord séduit un texte imprimé avec soin et des vignettes faites avec goût. Ils peuvent aller partout et ne sont déplacés nulle part. Une élégante doit même, j’imagine, éprouver un certain plaisir à tenir à la main un de ces petits livres avec lesquels elle peut jouer comme avec un éventail. Voilà le premier mérite des Guides de M. de Conty, et je pense qu’il n’est pas mince. […] s’il y a un premier mérite, il s’ensuit évidemment un second. En donnant à ses livres le nom de Guides pratiques circulaires, M. de Conty a exprimé un fait. Ses Guides sont réellement, absolument pratiques ; j’ai même entendu dire trop pratiques, et j’ai souri ; car en effet, le défaut de ces Guides m’a paru être, si je puis ainsi dire, de caserner le voyageur un peu plus qu’il ne conviendrait. Mais le reproche de quelques-uns semblera un éloge aux trois quarts des gens. Les Guides de M. de Conty, correspondant aux voyages circulaires des chemins de fer, se conforment exactement au programme du chemin de fer ; il indique, jour par jour et heure par heure, tout ce que peut faire le voyageur afin de tout voir dans le trajet. […] tout est classé, numéroté ; on n’a à se préoccuper de rien ; […] Le fait est que M. de Conty a merveilleusement compris comment on voyageait aujourd’hui. Ses Guides sont des résumés admirables (encore une fois, je risque l’épithète) de tout ce qu’on a à voir dans les excursions qu’on fait chaque année. Ils disent au voyageur ce qui mérite son attention ici, ce qui doit la solliciter là ; ils l’accompagnent partout en lui signalant le bien et le mal, l’écueil et le port ; ils lui désignent l’hôtel bien tenu et, par son silence même, celui qu’il doit fuir. Et nulle concession, nulle indulgence, nulle faiblesse ! […] Les Guides de M. de Conty sont publiés par l’éditeur A. Faure, 166 rue de Rivoli »[10]. Le texte de Piel est repris et distillé dans plusieurs journaux et revues. En 1869 pour la sortie du guide sur les côtes de Bretagne, 13ème volume de la collection, le Journal pour tous le reprend presque mot par mot[11].

1 1869

2 1869

Le Journal pour Tous, 24 juillet 1869.


Or, fin 1869, la librairie Achille Faure qui édite les guides Conty, est mise en faillite et de Conty est obligé de se rendre acquéreur de vingt-cinq mille deux cent cinquante volumes de sa collection. Le 19 février 1869, il en fait la rétrocession au libraire et éditeur Philippe-Alfred Degorce-Cadot (Chasseneuil, 18 février 1862 - Paris, 28 décembre 1895) moyennant dix mille francs, laquelle somme se composait tant de la valeur des ouvrages que du droit de les exploiter[12]. La transaction entre de Conty et Degorge-Cadot précise que de Conty aurait le droit de publier de nouvelles éditions lorsque le nombre d’exemplaires en magasin, chez Degorce-Cadot, ne serait plus que de 150 ou de 300, suivant les titres des ouvrages. Le 10 janvier 1870, de Conty porte plainte contre Degorce-Cadot qui n’a pas exécuté les termes de la transaction. De Conty l’accuse d’avoir favorisé sa propre collection, à savoir les guides Philipps, en mettant en vente des exemplaires dénaturés et incomplets des guides Conty, entravant gravement l’écoulement de la collection. Degorce-cadot avait en effet créé la collection Philipps en 1869 au cours de son contrat avec de Conty. Il avait remplacé les signes extérieurs adoptés par de Conty pour la reliure de ses guides par celle de la collection Philipps afin d’établir la confusion auprès des acheteurs et de substituer la collection Philipps à celle de Conty au fur et à mesure de l’extinction de ses droits de jouissance sur celle-ci. Après le jugement du 9 avril 1870, de Conty redevient propriétaire de ces guides. Il les remet en vente en juillet 1872 dans une librairie spéciale 110 rue Richelieu à Paris.

14 juillet 1872

La Liberté, 14 juillet 1872.

Le guide Conty des côtes de Bretagne de 1880

D’après les publicités des années 1860, les guides Conty « essentiellement pratiques, sont les seuls qui correspondent à l’itinéraire tracé par les billets circulaires. Clairs et précis, ils résument tout, malgré leur prix minime de 2 fr. 50 c. »[13]. La plupart des voyageurs qui partaient pour la Bretagne profitaient de billets circulaires à prix réduits. Ces billets leur permettaient de circuler librement sur tout un réseau. En 1910, il existait toujours deux types de billets circulaires « les uns à itinéraires tracés au gré des voyageurs, délivrés toute l’année par toutes les compagnies étrangères sous des conditions spéciales […] les autres sont à itinéraires fixes […] Les billets délivrés par la Cie de l’Ouest, pour visiter la Bretagne, sont : les uns spéciaux et dits de Bretagne, ne comprenant que le parcours en Bretagne ; les autres mixtes, c’est-à-dire donnant la latitude au voyageur de partir par la Normandie et de revenir par la Bretagne, ou inversement […] Ces billets (1ère et 2e cl.) sont délivrés par la Cie de l’Ouest. Ils sont valables un mois, non compris le jour de départ […] Les voyageurs peuvent suivre l’itinéraire qu’ils ont choisi dans le sens inverse de celui qui est indiqué, mais cet itinéraire ne peut être modifié pendant le cours du voyage. Ils peuvent également s’arrêter à toutes les gares situées sur leur trajet, à la condition de faire timbrer leur billet à chaque arrêt. Ils peuvent, enfin, ne pas effectuer tous les parcours indiqués sur leur billet, mais ils sont tenus, en tout cas, de suivre le sens général de l’itinéraire […] L’itinéraire comprend : Rennes, St-Malo-St-Servan, Dinard-St-Enogat, Dinan, St-Brieuc, Guingamp, Lannion, Morlaix, Roscoff, Brest, Quimper, Douarnenez, Pont-L’Abbé, Concarneau, Lorient, Quiberon, Vannes, Le Croisic, Guérande, St-Nazaire, Redon, Rennes. Il permet de visiter ainsi la Bretagne au complet »[14].

Le guide Conty des côtes de Bretagne de 1880 est un guide circulaire couvrant la Normandie et la Bretagne. Il offre trois combinaisons du réseau de l’Ouest, à savoir « 1° de Paris à Granville, retour par Rennes ; 2° De Paris à Cherbourg, retour par Saint-Malo et Rennes ; 3° De Paris à Brest, par Granville et Saint-Malo et retour par Rennes »[15]. Rennes n’est alors qu’une étape rapide dans la planification du voyage proposée par le guide : le voyageur est invité à découvrir la ville en seulement 4 heures afin de pouvoir prendre le train pour Laval qui lui permet de quitter la Bretagne[16]. L’auteur focalise l’intérêt du lecteur sur la Cathédrale et la promenade du Thabor grâce à une impression en gras. Déjà en 1870, le guide Philipps, ouvrage destiné à une clientèle riche et masculine[17], réserve les bâtiments ecclésiastiques à « Madame, toujours pieuse, [qui] éprouve le besoin d’aller faire quelques stations »[19] et ce, même si le texte ajoute que « les pelouses seraient vertes, si messieurs les édiles de Rennes avaient quelques soucis des touristes et surtout du bien être de leurs administrés […] mais la ville est obérée : nous avons fait les boulevards de l’Impératrice et du Prince Impérial, nous avons démoli, nous ne pouvons pas construire. Ah, vous nous en direz tant… En vérité touriste, il y aurait cruauté à retourner le poignard dans la plaie, prenons donc la promenade telle quelle est. »[20]. Comme l’édition du guide Joanne de 1873, les guides de la période ne s’intéressent pas vraiment aux autres promenades de la ville qui se « distinguent par leur malpropreté »[21].Le guide Conty de 1880 ne propose ni visite des musées, ni du palais de Justice, même s’il a « quelque chose de grandiose »[22]. Comme la grande majorité des guides qui lui sont contemporains et qui offrent des itinéraires de visite, le guide Conty de 1880 évite d’inclure dans sa trajectoire urbaine les vieilles rues de la rive sud de la ville, en particulier la rue Vasselot, celle de la Parcheminerie ou du Champ-Dolent, pas seulement à cause de leur état de délabrement constamment rappelé par les habitants depuis les années 1850[23] mais à cause de la pauvreté qui y règne. Le Guide Philipps de 1870 prévient ouvertement ses riches utilisateurs que « ce que vous rencontrez à chaque pas […] ce sont des mendiants, vieillards, infirmes, femmes ou enfants qui s’accrochent après vous et ne vous lâchent pas avant que vous ne leur ayez donné votre obole […] dans la ville Basse surtout, dont les rues étroites et silencieuses sont habitées par la population nécessiteuse, c’est une véritable plaie, vous avez quelquefois après vous deux ou trois de ces mendiants tenaces »[24]. Le texte reprend ici l’image émise depuis l’inauguration de la ligne de chemin de fer en 1857, de Rennes et de la Bretagne, « contrée classique de la superstition et de la sainte ignorance », où le passage du train « va introduire les usages et les habitudes qui doivent bientôt faire rentrer la Bretagne dans le concert de [la] civilisation »[25].


Les Côtes de Bretagne : Guide circulaire correspondant aux voyages à prix réduits organisés par la Compagnie de l'Ouest, Paris, Office des Guides Conty, 1880, 5e édition, p. 243-247.

1880


« Ville de 52,000 hab., chef-lieu du département d’Ille-et-Vilaine, au confluent de ces deux rivières, autrefois la capitale de la Bretagne.

Archevêché, cour d’appel, académie universitaire, facultés de droit, des lettres et des sciences, école préparatoire de médecine, lycée, école de peinture et de sculpture.

Division militaire, école d’artillerie et de pyrotechnie, bibliothèque de 50,000 volumes, musée, cabinet d’histoire naturelle, jardin des plantes avec de belles serres. Société d’archéologie, des sciences et des arts, société philharmonique.

C’est de Rennes, station de la ligne de Paris à Brest, que partent les embranchements pour Redon et Saint-Malo.

Arrivée à Rennes. – En sortant de la belle gare de Rennes, à l’aspect monumental, on trouve des omnibus et des voitures, coùtant, la course 1 fr. 25 cent., et l’heure 1 fr. 75 cent.

Les omnibus en station à la gare coûtent, le jour 30 cent. sans bagages, et 40 cent. avec bagages. La nuit, le prix est augmenté de 20 cent.

Une belle avenue, tracée depuis la construction de la gare, conduit directement dans l’intérieur de la ville.

Choix d’un hôtel. – Pour les renseignements sur les hôtels, voir Agenda du voyageur, lettre R.

Nota. – Les voyageurs qui n’auront que peu de temps à dépenser pourront, ne suivant notre itinéraire, visiter la ville en 4 heures, (Voir plus bas.) Laisser ses bagages à la consigne.

HISTORIQUE. –Rennes était la capitale de la Bretagne ; elle était la résidence des comtes de cette province et avait le titre de comté.

Cette cité ne fut réunie à la France que par le mariage d’Anne de Bretagne avec le roi Charles VIII.

En 1356, elle soutint contre les Anglais un siège que fit lever Duguesclin.

Henri II y fonda, en 1554, un parlement devenu célèbre par son indépendance.

Noël Dufait, La Chalotais, Lanjuinais, Gerbier, Bertrand d’Argentré, Quérard, Lamotte-Piquet, La Bletterie, Poulain du Parc et Sainte-Foix, Lobineau, Tournemine, Robinet, Guinguené, Al. et Amaury-Duval, le critique Geoffroi, Kératry et Carré sont nés à Rennes.

Panry, Volney, Bernadotte, le général Moreau, Souvestre y firent leurs études.

Itinéraire dans la ville. – En sortant de la gare, le dos tourné à l’horloge, suivez en ligne directe la belle avenue de la Gare, laissant sur votre gauche la boulevard Sébastopol, et sur votre droite le boulevard Beaumont.

Deux monuments placés sur la gauche, avenue de la Gare, attireront votre attention. 1° le Lycée, beau bâtiment ; 2° l’Université, précédée d’un petit square.

Rappelons, pour mémoire, que c’est à l’Université que se trouvent les musées de peinture et de sculpture.

Après l’Université, traversez devant vous un pont jeté sur la Vilaine canalisée, ayant en face de vous une immense caserne, le quartier Saint-Georges. L’église sans clocher que vous apercevez sur la gauche, est Saint-Germain.

Le pont une fois traversé, suivez à gauche le quai Chateaubriand, ayant à votre droite, sur une petite place, le portail de l’église Saint-Germain. L’église faisant suite à l’université, de l’autre côté du quai, est l’église Toussaint.

Remarquez, au n°5 du quai, une jolie maison sculptée par Barré, occupée par un restaurant, et près d’un pont, remontez à droite la rue de Berlin, prenant plus loin le nom de rue de Bourbon, et conduisant directement à la place du Palais.

Le palais de justice, avec ses nombreuses statues et sa porte sculptée, dominant une place des plus régulières, a quelque chose de grandiose ; on y remarque, à l’intérieur, de splendides peintures de Jouvenet, Coypel, Erard et Ferdinand. C’est à gauche près du café des Arts, rue Brilhac, au-dessus des arcades, que se trouve le théâtre, et lui faisant face, l’hôtel de ville.

A l’extrémité d’une rue, on aperçoit une église, c’est Saint-Sauveur.

De l’hôtel de ville, revenez place du Palais, et près de l’hôtel du Commerce, détournez à gauche les rues Nationale, de Toulouse et de la Monnaie.

A votre droite, l’hôtel de France ; plus loin à gauche, la cathédrale.

C’est en face de l’église, dans une ruelle, que se trouve la porte Mordelaise, souvenir historique et spécimen de l’architecture militaire du moyen âge.

La cathédrale. - Cette basilique fut dédiée à saint Pierre par l’évêque saint Lunaire, au IVe siècle. Comme elle tombait en ruines, Philippe, évêque de Rennes, en fit commencer la reconstruction au XIIe siècle.

Le portail et les deux tours que l’on voit aujourd’hui, commencés en 1541, ne furent achevés qu’en 1700.

Démolie en 1746 parce qu’alors elle menaçait, de nouveau, de tomber en ruines, on commença à la reconstruire en 1787, et les travaux n’en furent terminés qu’en 1844, ce qui explique les différents styles de l’architecture de la cathédrale.

L’intérieur, qui vient d’être refait à neuf, rappelle en petit celui du Panthéon. Il se termine par une rotonde, que supportent trente-huit colonnes de stuc, d’ordre ionique, lesquelles se prolongent dans toute l’étendue de la nef. Les peintures sont de Jobbé-Duval et de Lehénaff.

De la cathédrale, revenir du côté de l’hôtel de France, place des Lices, où se trouvent les nouvelles halles, et près d’une maison portant cette inscription : Lemonnier, successeur de Maruelle, descendre, par une trouée, rue Saint-Louis, puis monter à droite du côté de l’hôpital militaire jusqu’à l’église Saint-Aubin. Près de l’église, traverser la place Sainte-Anne, et suivre la rue Sainte-Melaine, ayant en face de vous une ancienne église avec colonnes et façade blanche, servant d’entrepôt.

En montant, à votre droite, la rue de la Visitation, où se trouve la Banque, et plus loin la rue des Fossés, vous arriverez sur la belle place de la Motte, ayant à votre gauche la préfecture.

De la préfecture, dirigez-vous à gauche, place Sainte-Melaine, vous avez devant vous l’archevêché, l’église Sainte-Melaine et l’entrée de la belle promenade du Thabor, le Luxembourg de la ville.

Le Thabor. – La promenade du Thabor, plantée d’arbres séculaires et bien entretenue, est sans contredit la plus belle promenade de la ville. On s’y promène comme en pleine forêt. Du haut de la butte, on jouit d’un magnifique panorama sur la ville, les environs et toute la vallée de la Vilaine. L’on aperçoit, derrière la gare, la nouvelle maison centrale à peine achevée, qui a coûté plusieurs millions à l’État. C’est un des plus beaux monuments de Rennes. A droite en entrant, au centre d’une pelouse, on remarque la statue de Duguesclin. Plus loin une statue colonne, élevée à la mémoire de deux élèves de l’École polytechnique mort pour la défense de la liberté, en juillet 1830.

On communique de la promenade du Thabor au Jardin des plantes par une belle grille. On trouve au Jardin des plantes de nouvelles serres, des mieux installées, et une collection de fleurs et d’arbustes rares et précieux.

De la promenade du Thabor, revenir au palais de justice, par la place de la Motte, la rue des Fossés et la rue Louis-Philippe.

Un arsenal important et de nombreuses casernes, dont plusieurs nouvellement construites, méritent également l’attention des voyageurs.

Citons encore le château de la Prévalaye, et la ferme de ce nom renommée pour son beurre, qui se trouve à 3 kil. Seulement de la ville ».

Visite de Rennes en 1910

Henry de Conty décède en 1896, mais sa collection de guides est reprise par Paul Mellottée (Châteauroux, 5 août 1879 – Paris, 26 août 1950). Les nouveaux guides Conty proposent un parcours de visite dans Rennes plus détaillé qu’à la fin du 19ème siècle. Le guide sur la Bretagne de 1910 est un condensé des deux volumes Bretagne-Ouest et Basse-Bretagne : « il comprend la description complète de toute la presqu’île armoricaine, tant de la côte que de la région intérieure peu connue des touristes »[26]. Il propose deux programmes de voyage, l’un de 15 jours, l’autre de 25 jours. Dans le programme en 15 jours, la visite de Rennes se fait l’après-midi de la 13e journée. Le voyageur dort sur place avant de partir le lendemain pour Vitré et le Mans. Dans le programme en 25 jours, le voyageur arrive à Rennes le soir de la 23e journée. Il dort sur place et visite la ville le matin de la 24e journée. Après déjeuner, il quitte Rennes pour Vitré.

Les éléments remarquables sont en gras dans le texte, alors que les italiques servent à la fois à guider le visiteur dans son itinéraire et à orienter son regard sur les éléments intéressants de son parcours. L’itinéraire proposé débute à la gare où le lecteur se voit expliquer comment rejoindre la place de la Mairie où doit débuter et finir sa visite de la ville. Ce guide se veut également pour automobiliste[27] : la fin de l’ouvrage est consacré aux routes qui permettent de parcourir la Bretagne. En 1910, les automobilistes arrivaient dans Rennes par le faubourg de Paris. Ils passaient par la rue de Paris, la rue Bel-Air, la rue Victor-Hugo pour atteindre la place du Palais. Le texte du chapitre consacré aux routes les renvoie directement au plan de la ville page 177.

plan1910

Plan de Rennes du guide Conty de 1910.

En vert, l'itinéraire de visite proposé dans le guide de 1880, en orange, celui de 1910.

Guides Pratiques Conty, Bretagne, La côte de Granville à Nantes routes pour automobiles, Paris, Administration des guides Conty, 1910, 11e édition, p. 177-183.

CONTY couverture

« Ch.-l. du dép. d’Ille-et-Vilaine, grande et belle ville de 75.600 hab., au confluent de l’Ille et de la Vilaine. Ancienne capitale de la Bretagne. Archevêché, cour d’Appel, ch.-l. d’Académie, siège du Xe Corps d’armée.

Arrivée à Rennes. – En arrivant à la gare, située sur la rive g. de la Vilaine, en dehors de la ville, on trouve les omnibus des hôtels, des voitures de place et de tramways.

avenue Gare

Choix d’un hôtel. – V. l’Agenda du Voyageur, lettre R.

numérisation0004

Voitures de place. – de 6h. du m. à 10 h. du s., la course, 1.25 ; à domicile, 1.45 ; l’h., 1re, 1.75, les suivantes, 1.50 ; de 10 h. du s. à 6 h. du m. la course, 2.50, l’h., 3 fr.

Tramways électriques. – De la Gare ay Faubourg de Fougères. – De la Gare au Cimetière du Nord. – De l’Avenue de la Tour-D’Auvergne au Faubourg de Paris. – Du Port Cahours à la Croix St-Hélier. – De la Croix St-Hélier au Cimetière de l’Est. – De chacun de ces points à la pl. de l’Hôtel-de-Ville, 10 c., parcours total, 15 c.

Tramways à vapeur. – Réseau d’Ille-et-Vilaine. – Pour Fougères, 55 kil., 4 fr. par j. – Pour Plélan, 35 kil., 3 fr. par j. – Pour Châteaugiron, 19 kil., et la Guerche, 31 kil., 3 fr. par j. - Pour Miniac-Morvan, 56 kil., 3 f. par j. – Pour Bécherel, 37 kil., 3 f. par j. – Pour Antrain, 56 kil., et Pleine-Fougères, 65 kil., 3 f. par j.

Poste et Télégraphe. – Palais du Commerce (Téléph.).

Deux mots d’histoire. – Rennes remonte à l’époque gauloise et était la capitale d’un peuple nommé les Redons qui donnèrent leur nom, qui a formé le nom actuel. Conquise par le roi breton Noménoé, elle fit partie dorénavant de la Bretagne dont elle ne devint la ville principale qu’au Xe s.

Au XIVe s., Jean de Montfort et Charles de Blois s’en disputèrent vivement la possession ; Du Guesclin, au nom de ce dernier, en fit lever le siège aux Anglais, qui la bloquaient. Réunie à la couronne de France avec le reste du duché, Rennes resta la capitale de la province. Henri II y créa un Parlement qui montra maintes fois des velléités de résistance vis-à-vis du pouvoir central.

Laissée, pour ainsi dire, en dehors de la tourmente révolutionnaire, elle résista aux Vendéens.

La Chalotais, Lanjuinais, Gerbier, Bertrand d’Argentré, Quérard, La Motte-Picquet, La Bletterie, Poulain du Parc, Lobineau, Tournemine, Robinet, Guinguené, Amaury-Duval, le critique Geoffroy, Kératry, Carré et Paul Féval sont nés à Rennes.

De la gare à la ville. - En sortant de la gare, suivez, en face de vous, l’av.de la Gare ; à son extrémité, vous passez à g., devant le lycée, bel édifice du style Louis XIII, avec une élégante chapelle et le Palais universitaire, précédé d’un square.

Gare

avenue G

Lycée

Palais universitaire

Vous arrivez au bord de la Vilaine canalisée que vous franchissez sur le Pont St-Georges. Laissant, à dr. la Faculté des Sciences, montez en face de vous la rue Gambetta que domine, à dr. une caserne occupant l’anc. abb. de St-Georges.

pont St G

fac Sc

caserne St G

Tournez ensuite à g. par la rue St-Georges qui bordant la pl. du Palais, au fond de laquelle s’élève le Palais de Justice (v. p.179), vous conduit à la pl. de la Mairie, centre de la ville.

rue St Georges

place PdeJ

place mairie

En tramway (10c.). – Le tramway suit l’av. de la Gare, qu’il quitte pour prendre à g. le quai de l’Université ; tournant à dr., il franchit la Vilaine sur le Pont de Berlin ; la rue de Berlin et la rue Coëtquen, à g. mènent à la pl. de la Mairie.

Quais

Berlin

Itinéraire dans la ville

Partez de la pl. de la Mairie, point central des tramways, où s’élèvent, vis-à-vis l’un de l’autre, l’Hôtel de Ville et le Théâtre.

L’Hôtel de Ville, œuvre de Gabriel (1734), est un joli édifice présentant une élégante façade en hémicycle encadrant un portail formé de colonnes doriques avec fronton orné des armes de la ville et abritant une niche. Au-dessus du fronton s’élève une petite tour percée de larges baies (dans l’une, l’horloge), flanquée de colonnes corinthiennes et surmontée d’un campanile en plomb rehaussé de dorures. Cette façade se termine par deux pavillons ornés de sculptures. A l’int., on remarque un bel escalier et une jolie salle de fêtes. L’Hôtel de Ville renferme la bibliothèque occupant l’anc. Présidial (beaux manuscrits).

H de V

Le Théâtre, construit en 1835, à l’inverse de l’Hôtel de Ville, présente une façade où fait saillie une rotonde, ornée de colonnes et surmontée des statues d’Apollon et des neuf Muses.

théatre

Prenez à g. du Théâtre, la rue de Brilhac vous conduisant à la pl. du Palais, bordée de maisons d’architecture semblable ; au centre, un bassin avec jet d’eau ; au fond, le Palais de Justice.

PdeJ

Bourbon

Le Palais de Justice, le monument le plus intéressant de la ville fut construit de 1618 à 1634, sur les plans de Jacques Debrosse pour le Parlement de Bretagne. Il présente une belle façade formée d’un seul étage reposant sur un rez-de-chaussée massif en granit taillé en bossage, orné de pilastres doriques et surmonté de balustrades derrière lesquelles s’élève un haut comble en ardoise avec fleurons et statuettes en plomb. Un pavillon se détache à chaque angle. Remarquez les 2 bas-reliefs qui flanquent la porte et les statues de La Chalotais, d’Argentré, Toullier et Gerbier, célèbres jurisconsultes rennais.

Mary 2

Au 1er étage, sur des galeries, s’ouvrent les chambres de la Cour et du Tribunal, remarquables par leur décoration.

Mary 3

Au S., la salle des Pas-Perdus, vaste galerie avec portes entourées de boiseries sculptées et beau plafond en bois orné des armes de France et de Bretagne. A côté, Chambre correctionnelle, belles boiseries anc., peintures de Jobbé-Duval.

Mary 24

Correctionnel

A l’O., la Cour d’Assises, boiseries de chêne remarquablement sculptées de 1660.

Assises

A [sic] N., 2e Chambre civile, jolies sculptures sur bois où la fleur de lis alterne avec l’hermine ; décoration très fine des portes par Ferdinand (1706) ; 3e Chambre civile, décoration par Gosse, plafond à caissons dorés.

2e chbr

Mary 4

A l’E., 1re Chambre civile, peintures de Jouvenet, notamment le plafond à caissons et deux panneaux de chaque côté de la porte, rondes d’amours ; beau Christ du même, tapisseries des Gobelins modernes. Grand’Chambre du Parlement, décorée de peintures par Coypel (1646), magnifique plafond, remarquables boiseries dorées, décorations des portes, des lambris et de deux petites tribunes d’où les dames assistaient aux séances.

1e chbr

Gd chbr

Suivez, à dr. du Palais de Justice, la rue Hoche, puis tournez à dr. par la rue des Fossés, en laissant à dr., dans la rue Hoche, la chap. de la Visitation ; vous arrivez en face de la Préfecture, précédée d’une belle grille.

rue Hoche

Préfecture

Inclinez à g., par la rue de Fougères (à g., chap. des Missionnaires du style gothique, jolies boiseries modernes) ; vous gagnez la pl. St-Melaine où s’élève, à dr., l’égl. Notre-Dame, reliée à l’ancien Archevêché.

archeveche

L’église Notre-Dame, anc. égl. du couvent établi au Xie s. par Saint-Melaine ; les bas-côtés de la nef et le transept remontent au Xie s., tandis que le reste de l’égl. date du XIVe s. Elle est précédée d’une tour carrée décorée de colonne terminée par une statue de la Vierge. A l’entrée, tombeau de M. Meslé, curé.

N-D

En sortant de l’égl., franchissez, à g., entre elle et les Archives, la belle grille qui donne accès à la promenade du Thabor.

Thabor

Le Thabor. – La promenade du Thabor, plantée d’arbres séculaires et bien entretenue, est sans contredit la plus belle promenade de la ville.

A dr., en entrant, au centre d’une pelouse, la statue de Du Guesclin et, plus loin, une colonne élevée à deux élèves de l’École Polytechnique, Vanneau et Papu, morts pour la défense de la liberté en 1830.

Thabor D et V

Du haut de la butte, on jouit d’un magnifique panorama sur la ville, les environs et la vallée de la Vilaine.

panorama

Le Jardin des Plantes, qui fait suite, possède de belles serres des mieux installées, une collection de fleurs et d’arbustes rares et une collection d’oiseaux de basse-cour.

volière

Serres

botanique

Revenez à la pl. St-Melaine et suivez, en face de l’égl., la rue St-Melaine ; vous traversez la pl. Hoche (emplacement du futur musée), où s’élève le Grand Séminaire, et vous arrivez directement à l’égl. St-Aubin dont la façade principale est sur la pl. Ste-Anne où se trouve un marché ; c’est un joli édifice moderne dans le style gothique.

St Melaine

place hoche

StAubinND

En sortant de l’égl., laissez, à g., à l’extrémité d’une rue, l’anc. chap. de la Visitation transformée en magasin, et inclinez à dr. vers le fond de la pl. Ste-Anne où vous voyez, à dr., l’anc. égl. St-Aubin. Suivez la rue St-Louis, où se voit, à dr., l’Hôpital Militaire ; par le Carrefour Jouaust, vous atteignez l’égl. St-Étienne.

Anne

hopital mil

L’Église St-Étienne, anc. chap. d’un couvent d’Augustins, offre, au portail les statues de saint Étienne et de saint Augustin. A l’int., maître-autel, verrières modernes ; statues : la Madeleine, la Flagellation.

jouaust

Inclinant à dr., à la sortie de l’égl., par la pl. du Bas-des-Lices, vous arrivez à la pl. des Lices, où s’élèvent les Halles. Obliquez à dr. pour prendre de suite à dr., dans la rue de Juillet, la rue Portes-Mordelaises qui, faisant un coude à g., passe sous la Porte Mordelaise flanquée d’une tour ronde à mâchicoulis et qui vous conduit en face de la Cathédrale.

Bas Lices

halles

mordelaises

La Cathédrale, dont la fondation remonte aux évêques saint Armand et saint Mélaine (Vie s.), fut reconstruite en 1787 et, après bien des vicissitudes, terminée en 1844.

Le portique est surmonté de deux tours carrées décorées de colonnes des 4 styles architectoniques.

L’int., en forme de basilique romaine, est voûté en berceau. Il comprend 3 nefs séparées par de hautes colonnes cylindriques ; à la croisée s’élève une vaste coupole. Il se termine, au chœur, par une rotonde supportée par des colonnes ioniques en stuc et décorée de peintures sur fond d’or par Le Hénaff. Autour du déambulatoire, longue théorie de saints, évêques, moines, etc., par le même.

On remarque, en outre, dans la 5e chap. latérale dr., un beau retable en bois sculpté du XVe s., travail allemand, représentant des scènes de la vie de la Vierge ; dans la 5e chap. latérale g., châsse moderne de saint Amand ; les orgues ; dans le bras g. du transept, des peintures par Jobbé-Duval, les tombeaux de Mgr Gonindard et du Cardinal Brossays-St-Marc.

Cath

En sortant de l’égl., suivez à dr. la rue de la Monnaie, puis tournez à dr. par la rue de Clisson (2e), au fond de laquelle vous apercevez la rotonde de l’anc. halle et où vous voyez, à dr. l’égl. St Sauveur (XVIIIe s.) du style jésuite (beau maître-autel).

StSauveur

Au-delà de l’égl., la rue de Montfort (à dr., bel hôtel du XVIIIe s.) vous conduit à la pl. du Calvaire ; par la 2e rue à dr., rue St-Yves, vous atteignez la chap. St-Yves, transformée en magasin (jolies portes du XVIe s.).

Clisson

La rue des Lauriers, à g., vous amène au bord de la Vilaine, sur le quai Duguay-Trouin, menant à dr. à un pont reliant la pl. de Bretagne à un carrefour où s’élève une belle croix de mission.

Mission

place Bret

Suivez le quai à g. et franchissez le 1er pont ; vous trouvez, à g. le Palais du Commerce, construction inachevée encadrant deux des côtés d’une place où s’élève la statue de Le Bastard, anc. Maire.

Commerce

Engagez-vous, en face, dans la rue de Nemours, puis tournez à g. par la rue Poulain-Duparc, pour suivre son prolongement, la rue Vasselot, bordée de vieilles maisons (n°38 et cour du n°46, dite cour des Carmes, avec de curieuses galeries extérieures).

Nemours

Vasselot

escalier

Plus loin, vous atteignez le Lycée que vous longez, à g., par la rue du Lycée ; sur une pl. triangulaire, s’élève, à dr., l’égl. Toussaints.

Rue Lycée

L’Église Toussaints (XVIIe s.), anc. chap. d’un collège de Jésuites présente une façade à pilastres et à colonnes engagées, flanquée de deux petits campaniles octogones. A l’int., du style jésuite, grand retable au-dessus du maître-autel, chaire en bois sculpté.

Toussaints

La rue du Lycée vous amène sur le bord de la Vilaine que vous suivez à dr. par le quai de l’Université sur lequel donne la façade du Palais Universitaire, renfermant les services de l’Université et le Musée.

Musée

Le Musée est ouvert le dim. et le jeudi de midi à 4 h. ou 5 h., et t. l. j. pour les étrangers (dans ce dernier cas, s’adresser au concierge, rue Toullier, pourb.).

On entre d’abord dans la salle de sculpture : Premières funérailles, Barrias ; pêcheur napolitain, Rude ; Jeune Martyre, Falguière ; Maternité, Dubois ; Femme au paon, Falguière ; l’Immortalité, Longepied ; la Princesse de Galles, Chapu ; La Madeleine, Dolivet ; Gui d’Arezzo, Pech ; l’Étoile du berger, Quinton ; la Vigne, Saint-Marceaux ; Antique et Moderne, Boucher ; Georges Sand, Millet ; la Défense du territoire, Quinton ; Philopœmen, David d’Angers ; deux bas-reliefs en bronze, Coysevox ; Lesbie, Lanno ; l’Age d’or, Boucher ; les Évangélistes, Cazin ; Pro Patria mori, Leofanti. Viennent ensuite au rez-de-chaussée une galerie de géologie et de minéralogie, et une galerie d’histoire naturelle.

MADELEINE

Au 1er étage que l’on atteint par un escalier orné de gravures, se trouve une galerie où est exposée une remarquable collection de dessins de maîtres anciens (à dr., éc. Italienne ; à g. éc. Française et flamande). Et 6 salles, une salle centrale (porcelaines de sèvres), 2 à g. et 3 à dr., consacrées à la peinture ; la place des tableaux exposés étant sujette à de fréquents remaniements, nous vous signalerons, dans l’ordre du catalogue :

ÉCOLE ITALIENNE ET ESPAGNOLE. – 2, l’Adoration des Bergers, Le Corrège ; 3, Fleurs, Arellano ; 4, Descente de croix, Le Guerchin ; 10, Persée délivrant Andromède, Paul Véronèse ; 14, Martyres de St Pierre et de St Paul, 15, Tête de St Philippe, L. Carrache ; 21, Martyre de St Laurent, L. Giordano ; 31, Pénélope, Le Bassan ; 34, Assomption de la Vierge, Le Guide ; 39, Massacre des Innocents, Le Tintoret.

PERSEE

ÉCOLE FLAMANDE, HOLLANDAISE ET ALLEMANDE – 72, Le Port de Marseille, Béga ; 76, Buveurs, Brauwer ; 80, Village, Brueghel de Velours ; 81, l’Élévation de la croix, 85, la Résurrection de Lazare, de Crayer ; 88, Intérieur d’un temple protestant, Delorme ; 89, Ste Famille, Van Dyck ; 95, Port. de Charles Ier enfant, Lely ; 101, St Pierre renie le Christ, Honthorst ; 103, le Christ en croix, Jordaens ; Paysage, Van Kessel ; 132, Dame à sa toilette, Van Mieris ; 133, Paysage, Moucheron ; 134, Mariage de l’Électeur de Brandebourg avec la fille du prince d’Orange, Myttens ; 135, Intérieur d’église, P. Neefs le V. ; 137, Port. De Charron, Pourbus ; 139, Chasse aux tigres et aux lions, Rubens ; 141, Paysage, Ruysdael ; 144, le Christ entre les deux larrons, Schwartz ; 146, Dogue blessé, Snyders ; 153, Intérieur de cabaret, Téniers le J. ; 159, un Vieillard, , Van Tol ; 161, St Luc peignant la Vierge, Van Veen ; Moise sauvé des eaux, Vand der Werff ; 165, Marché aux chevaux, Wouwerman ; 167, Paysage, Wynants.

CRAYER

ÉCOLE FRANÇAISE. – 198, Paysage, Aligny ; 198, Bord de la Meuse, Anastasi ; 199, le Rappel des abeilles, Baader ; Attentat contre Hoche, Berteaux ; 204, Pèlerinage en Bretagne, Le Bihan ; 206, la Flagellation du Christ, Blanchard ; 207, 208, Paysages, Blin ; 209, les Dernières feuilles, Boudier ; Marine, Boudin ; 213, la Femme malade, guérie par le Christ, L. de Boulogne ; les Dons de l’automne, Bourgogne ; 215 ; Un Soir sur les bords du Loir, Busson ; 216, 217, Paysages d’hiver, Callot ; 223, l’Hiver, Chaigneau ; 224, Nature morte, Chardin ; 237, Les Noces de Cana, Jean Cousin ; 238, la Résurrection, N. Coypel ; 240, Jupiter et Junon, A. Coypel ; 242, Chasse au loup, Desportes ; Mort de Flesque, duc de Gênes, Didier ; 246, Port. de femme âgée, Dumoutier ; Nymphe endormie, Feyen-Perrin ; 255, Paysage, Claude Lorrain ; la Nativité, Godebry ; 263, Novembre, Harrison ; 271, Jésus au Jardin des Oliviers, J. Jouvenet ; le Matin, Lafond ; 276, Descente de croix, Le Brun ; 279, Berger étouffant un lion, Lehoux ; Mort de St Jean-Baptiste, Lévy ; 282, Port. de la comtesse de la Villetéart, C. van Loo ; Épisode de la vie de Hoche, Mélingue ; 288, Alexandre cédant Campaspe à Apelles, Meynier ; 293, 294, Fleurs et fruits, Monnoyer ; 295, Bazar de tapis au Caire, Mouchot ; 296, le Nouveau-né, 297, la Vierge et l’Enfant Jésus avec Ste Anne, Le Nain ; 300, Ruines au bord de la mer, Patel ; 303, À travers bois, Pelouse ; 305, Ruines d’un arc de triomphe, N. Poussin ; 312, Orphée aux Enfers, Restout ; 313, l’Anse d’Erquy, Saintin ; 314, les Pins de Plédéliac, Ségé ; 317, Eros et Aphrodite, Toudouze ; 325, Ste Catherine, Vignon ; 331, un Bal à la Cour des Valois, inconnu.

NOCE COUSIN

A la sortie du Palais Universitaire, gagnez à dr. le pont St-Georges sur la Vilaine ; sur l’autre rive, suivez à g. le quai Chateaubriand ; vous rencontrez bientôt à dr., au fond de la pl. St-Germain, l’égl. St-Germain.

St Germain

Germain

Prenez, en face du grand portail, la rue du Vau-St-Germain ; son prolongement, la rue Coëtquen, vous ramène à la pl. de la Mairie.

Environs de Rennes

Les environs immédiats de Rennes n’offrent guère d’intérêt pour le touriste ; mais placée au centre d’un réseau très important de voies ferrées, cette ville peut être choisie pour rayonner dans toutes les directions à travers le département.

Le chât. de la Prévalaye (3 kil.), anc. seigneurie, est resté célèbre par le passage de Henri IV en 1598 ; c’est aussi de cette époque que date la renommée du beurre de la Prévalaye estimé un des meilleurs de France.

prévalaye

Les ruines du chât. de Cicé (11 kil.), sur la rive g. de la Vilaine, dans une jolie position.

Cicé

Le chât. de Blossac (13 kil.), près du confluent du Meu et de la Vilaine, construction du XVIIIe s. au milieu d’un beau parc.

Blossac

Les ruines de Fontenay (9 kil.), restes d’un chât.-fort, près de Chartres.

Les ruines de Tizé (9 kil.), sur la rive dr. de la Vilaine, restes d’un chât. du XVIe s., convertis en ferme.

Tizé

St-Aubin-du-Cormier, par le tramway de Fougères (v. ci-dessous).

StAubinduCormier

La forêt de Rennes (v. ci-dessous), superbe forêt avec de belles futaies, aux allées bien tracées, rayonnant à partir du centre.

mi foret

L’égl. des Iffs et le chât. de Montmuran en prenant le tramway jusqu’à Hédé (v. p. 186) ; l’égl. des Iffs

iffs église

Le chât. de Montmuran, fondé au Xe s., reconstruit au XIIe et XIIIe s., et remanié de nos jours, est dans une belle situation ; Du Guesclin y fut armé chevalier ; belles tours. »

Montmuran


[1] Syndicat d'initiative de Rennes et d'Ille-et-Vilaine, Guide-express du touriste à Rennes. Partie descriptive de Ad. Orain, Rennes, L. Bahon-Rault, 1910, 32 p., fig., plan.

L’iconographie de ce guide a été étudiée dans l’article Chmura (S.), « Construire l’image de Rennes : des premiers ouvrages illustrés grâce à la photographie aux cartes-postales », cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, 7 février 2020, https://patrimoine2rennes.monsite-orange.fr/page-5e3c1f0fd0d99.html

[2] Lucien Bahon (Rouen, 29 août 1878 – Rennes, 28 juin 1951).

[3] Orain (A.), Rennes et ses environs. Guide illustré, Rennes, Bahon-Rault, 1904, XXIV-216 p.

[4] Ouest-Éclair, 10 juillet 1910.

[5] Joanne (P.), Collection des guides Joanne : la Bretagne, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1902, p. 26 ; « Les voyageurs pressés auront une idée suffisante de Rennes en visitant les musées, le Palais de Justice, la place de l’Hôtel de Ville, la Cathédrale (d’où l’on voit la porte Mordelaise) et le jardin des Plantes. » inJOANNE (P.), Collection… (Op.Cit.), 1902, p.84.

[6] Ouest-Éclair, 10 janvier 1910.

[7] Chmura (S.), « E. Mary-Rousselière et les photographes de la Bretagne intérieure », cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, octobre 2014, http://cartes-postales35.monsite-orange.fr

[8] Petit Journal, 29 mai 1866.

[9] Le Constitutionnel, 23 juin 1865.

[10] Le Constitutionnel, 23 juillet 1866.

[11] Journal pour tous, 24 juillet 1869, p. 264.

[12] Le Droit : journal des tribunaux, 30 septembre 1870, p. 930.

[13] Bataille (C.), Les premières rimes, Paris, A. Faure, 1867, publicité pour les guides circulaires Conty, p. 9.

[14] Guides Pratiques Conty, Bretagne, La côte de Granville à Nantes routes pour automobiles, Paris, Administration des guides Conty, 1910, 11e édition, p. 6-8.

[15] Les Côtes de Bretagne : Guide circulaire correspondant aux voyages à prix réduits organisés par la Compagnie de l'Ouest, Paris, Office des Guides Conty, 1880, 5e édition, préface, n.p.

[16] Il faut attendre les années 1920 pour que Rennes devienne touristiquement « la porte de Bretagne ».

[17] L’avant-propos du guide est très clair sur ce point.

[18] Guide Philipps, Bretagne et Basse Bretagne, parcours et séjour, Paris, Degorce-Cadot éd., 1870, p.102.

[19] Ibid., p.102.

[20] Ibid., p.102-103.

[21] Joanne (A.), Penel (E.), Pol de Courcy, Saint-Paul (A.), Itinéraire général de la France : Bretagne, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1873, p.79.

[22] Les Côtes de Bretagne : Guide circulaire correspondant aux voyages à prix réduits organisés par la Compagnie de l'Ouest, Paris, Office des Guides Conty, 1880, 5e édition, p. 245.

[23] Archives Municipales de Rennes 1O 317 : Pétition des habitants et des locataires de la rue Vasselot, 24 mars 1855. La rue Vasselot est « placée dans un des quartiers les plus populeux de la basse ville ; ses communications avec la halle aux blés, la rue du Champ-de-Mars et le faubourg de la Guerche la rendent aussi très fréquentée par les voitures […] elle est encore la plus négligée et n’a subi aucune amélioration sensible et profitable […] Son pavage, dans un état complet de vétusté, dégoûte tous les piétons d’y passer, cause qui nuit essentiellement à son commerce. Les eaux pluviales […] y séjournent constamment […] ».

[24] Guide Philipps. (Op. Cit.), 1870, p.98.

[25] L’illustration, 9 mai 1857. Sur la représentation de la mendicité en Bretagne Chmura (S.), « Histoire d’une carte-postale : En Bretagne ! – 1901», cartes-postales de Rennes ou d'ailleurs, juin 2019,https://cartes-postales35.monsite-orange.fr/page-5d0e377066e71.html

[26] Guides Pratiques Conty, Bretagne, La côte de Granville à Nantes routes pour automobiles, Paris, Administration des guides Conty, 1910, 11e édition, préface, n.p.

[27] Dans la rubrique des conseils pratiques du guide il est précisé : « En dehors des chemins de fer qui vous transportent sur tous les points principaux de la Bretagne, vous aurez, si vous voulez faire l’excursion au grand complet, à faire usage de voitures de correspondance ou publiques et surtout de voitures particulières. N’hésitez pas quand nous vous le recommanderons dans nos itinéraires, à vous en servir ; car c’est, dans certains cas, le seul et vrai moyen de voir quelque chose », Guides Pratiques Conty, Bretagne, La côte de Granville à Nantes toutes pour automobiles, Paris, Administration des guides Conty, 1910, 11e édition, p. 11.