À propos de trois clichés pris à l’Exposition de l’Industrie et du Commerce de Rennes en 1887

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Cet article contient des photographies des collections du Musée de Bretagne à Rennes (Marque du domaine public).

En août 1887, Désiré Fénaut[1] photographie les pavillons de l’Exposition de l’Industrie et du Commerce de Rennes. L’ensemble des prises de vues est aujourd’hui conservé au Musée de Bretagne [2].

Dans le vestibule où exposait le premier groupe consacré aux Beaux-Arts et œuvres, Fénaut prend trois clichés qui ne sont pas seulement des témoignages de l’événement, mais de véritables sources à part entière sur huit professionnels de la photographie : Désiré Fénaut, Frank Mevius, Auguste Bailly, Charles Gérard, Mathurin Le Michel, Albert Tarlay, Alexis Marion et François Binda.

Les clichés portent les numéros d’inventaire :

887.0072.73, permalien de la notice : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo148666

M0212_AG-887-72-73-U b

M0212_AG-887-72-74-U b


et 887.0072.75, permalien de la notice : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo126419

M0212_AG-887-72-75-U b

Les clichés 887.0072.74 et 887.0072.75 montrent l’agencement global du vestibule. Au milieu, une statue de bronze nommée L’enfant vendeur de masques (numéro 967 dans le catalogue de l’exposition[3]), œuvre de Zacharie Astruc (Angers, 23 février 1833 – Paris, 24 mai 1907), accueillait les visiteurs. Il s’agit vraisemblablement d’un exemplaire identique au Marchand de masques réalisé en 1883 et déposé au Jardin du Luxembourg à Paris en novembre 1886. 

Face à l’entrée, de part et d’autre de l’accès vers le Grand Salon, ainsi que vers les salles gauche et droite, les parois étaient occupées par les productions de six photographes dont Fénaut. Comme lui, quatre d’entre eux exerçaient alors à Rennes : Mevius fils, Auguste Bailly, Charles Gérard et Mathurin Le Michel. Le sixième photographe était Albert Tarlay de Brest.

Fénaut a probablement pris le cliché 887.0072.73 pour mettre en avant son propre travail. Ses photographies, dont certains exemplaires sont aujourd’hui conservés au Musée de Bretagne, comme Les tours de la Métropole (numéro d’inventaire 886.0020.36, permalien de la notice : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo148485) ou la Préfecture (numéro d'inventaire 886.0020.33, permalien de la notice : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo148482) étaient sur la cloison à droite de l’accès à la salle de gauche.

Fénaut Cath.

Fénaut Préfecture

La grande photographie de La France triomphant sur la mer, bas-relief en bronze par Antoine Coysevox (1640-1720) pour le Piédestal de la statue de Louis XIV qui était sur la place du Palais à Rennes [4] (numéro d'inventaire d’un exemplaire 886.0020.14, permalien de la notice : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo200932), est à mettre en lien avec l’invention que Fénaut présente sous le numéro 135, sur la cloison située à gauche de l’accès de la salle gauche.

Fénaut Fr.

Il s’agissait d’un appareil de projection solaire pour agrandissement des objets transparents et opaques, breveté pour la première fois le 30 octobre 1877 puis le 19 décembre 1889[5]. Il était posé à côté d’appareils photographiques amenés par Aristide Marion[6] de Nantes. Seul l’opticien François Binda[7] qui exerçait à Rennes, exhiba des appareils pour la photographie dans le Grand Salon, certainement parce qu’ils étaient montrés avec des instruments d’optique.

MARION

Binda

Bailly Binda

Exposition nationale et régionale de l'industrie, du commerce et des beaux-arts : catalogue officiel, Rennes, Imprimerie des Journaux réunis, 1887, publicité.

Les appareils d’agrandissement pour objets transparents et pour objets opaques de Fénaut furent présentés le 3 mars 1893 à la Société française de photographie par le professeur de chimie Camille Lenormand (Sainte-Gauburge-sur-Rille, 16 avril 1861- Rennes, 6 mars 1939), alors président de la Société photographique de Rennes dont Fénaut était un membre actif. Les appareils avaient été construits par la société d’Hermann Josef Hubert Mackenstein[8]. Dans le compte-rendu de la présentation de Lenormand, il est expliqué que l’un des appareils « est une chambre à agrandissement à la lumière diffuse pour clichés 13x18 et au-dessus. L’autre pour l’agrandissement, au moyen de la lumière solaire, des objets opaques comme aussi des objets transparents. Le premier de ces instruments se compose : 1° D’une boîte à tirage et à crémaillère sans soufflet ; à l’intérieur, se trouve une garniture en velours noir qui a pour effet d’éviter tout reflet de lumière des parois de la chambre sur l’objectif, et qui arrête toute lumière autre que celle provenant de l’image à agrandir ; 2° d’un châssis muni d’un verre dépoli et dans lequel se place le cliché à agrandir ; 3° D’un objectif à court foyer permettant de reproduire un portrait-buste format carte de visite en grandeur naturelle en disposant l’écran à environ 1m de l’appareil »[9].

F

Bulletin de la Société française de photographie, 1893, p.170.

Fénaut désirait grâce à ses inventions rendre service avant tout aux architectes, aux dessinateurs, aux peintres, mais également aux savants et aux chercheurs, entre autres ceux de la Société d’Archéologie d’Ille-et-Vilaine. La nécrologie publiée par le journal Ouest-Éclair suite à son décès précise qu’il était « très habile dans l’art de la photographie et bien connu des savants qui lui confiaient la reproduction et l’agrandissement de dessin ou d’objets réduits, reproductions et agrandissements dans lesquels il apportait un soin et une minutie qu’on ne pouvait chercher nulle part »[10].

Catalogue

À la lecture du catalogue de l’exposition, il faut supposer que Frank Mevius exposait au côté d’Albert Tarlay[12] sur la cloison située à gauche de l’accès au Grand Salon, pan visible seulement en partie sur le cliché 887.0072.74. 

Grâce à ses travaux, Mevius reçoit une médaille d’or de l’exposition. Il était apprécié pour ses portraits expressifs et ses facilités dans l’art de la retouche. À ce propos, la revue Le Panthéon de l’Industrie,publiée en 1886, explique : « Photographie sans retouche ! Que de photographes ont cherché et cherchent encore tous les jours, avec cette formule, à attirer des clients devant leur objectif ! Si les naïfs qui se laissent séduire par cette promesse consentaient à réfléchir une minute, ils se diraient que la retouche, qui corrige les multiples erreurs de l’instrument photographique […] n’est que l’intervention nécessaire de l’art dans l’exécution d’une image à qui la lumière toute seule n’a su donner ni la vérité ni la vie, et nous croyons que le public, loin de rechercher les portraits sans retouche, serait promptement attiré vers les maisons qui oseraient écrire en gros caractères, sur leur enseigne : ICI L’ON RETOUCHE LES PORTRAITS APRÈS LE TIRAGE. Nous ne connaissons personne qui, bravant un préjugé aussi faux que populaire, ait encore osé faire, sous cette forme, une pareille déclaration de principes ; mais nous venons de rencontrer ici, à Rennes, un photographe, M. Mévius fils, qui n’hésite jamais à affirmer qu’il retouche ses photographies, et nous n’hésitons pas, de notre côté, à louer à la fois sa franchise et son procédé, après nous être assuré de visu que ses retouches, habilement exécutées, donnent à ses travaux une valeur artistique qui fait toujours trop défaut aux photographies point ou mal retouchées. […] M. Mevius fils, assure une rapidité de pose permettant de réaliser, dans les portraits photographiques, une qualité si précieuse et si rare : l’expression ! Qui n’a pas remarqué et regretté, dans les portraits d’enfants, notamment, cet air maussade, ennuyé, malheureux, qu’on leur donne presque toujours, et qui traduit si mal l’expansion sympathique des jeunes visages ? Dans les nombreux portraits d’enfants exécutés par M. Mévius, grâce aux précautions prises avant la pose et à l’extrême rapidité de celle-ci, l’œil est vif et gai, le sourire doux et timide ou légèrement et naïvement moqueur suivant les caractères, […] La lumière, dans les portraits de M. Mévius, n’est pas moins bien étudiée que l’expression, qu’il s’agisse de ce genre de dégradé si élégant et si frais où tout est si doucement modélé dans le clair, ou de ces portraits genre Rembrandt, dont la ligne extrême du profil est seule éclairée, et tout le reste de la figure énergiquement modelé dans l’ombre, genre puissamment artistique, particulièrement avantageux pour les personnes dont les lignes de profil sont nettes et classiques. On sait, sans que nous ayons besoin d’insister, combien ce dernier genre de photographies est difficile »[13].

Mevius

Mevius fils Jersey

Comme Mevius Fils, Tarlay semble avoir été spécialiste du portrait en studio. Mort jeune en 1891, il est difficile d’avoir beaucoup de renseignements sur lui. Malheureusement, le cliché 887.0072.74 ne fournit aucun indice. 

Tarlay

Le cliché 887.0072.75, même s’il embrasse à peu près les deux tiers de la pièce, met principalement en valeur les travaux photographiques de Mathurin Le Michel[14]. Ami personnel de Fénaut, il était photographe 6 rue Bel Air à Rennes depuis le début des années 1860. Alors que Fénaut faisait essentiellement de la photographie de paysage ou de collections pour des sociétés savantes et des musées, Le Michel travaillait généralement en studio. Grâce aux collections du Musée de Bretagne, nous savons qu’avant 1887, il avait reproduit par la photographie les plans de l’architecte Alexandre Guidet (Saöne, 19 janvier 1841 – Rennes, 12 avril 1912)[15]. Quelques cadres laissent supposer qu’il a photographié des intérieurs, mais il est difficile de voir s’il pratique déjà la photographie en extérieur comme il le fera au début des années 1890 au sein de la Société photographique de Rennes ou durant la première décennie du 20ème siècle pour des éditeurs de cartes postales Rennais. En 1891, sa photographie en extérieur Le porteur d’eau devant la promenade de la Motte, dont un exemplaire est conservé au Musée de Bretagne (Numéro d'inventaire 2017.0000.5935, permalien de la notice : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo290559), est sélectionnée avec six clichés de Fénaut pour illustrer l’ouvrage Au Pays de Rennes dont le texte avait été confié à Adolphe Orain (1834-1918)[16].

Le Michel Porteur

L’ouvrage avait été commandé par la Société Photographique « comme un nouveau témoignage, avec preuve à l’appui, en faveur [du] beau Pays de Rennes »[17]. Le choix de l’iconographie n’était pas seulement dicté par les normes des guides touristiques parisiens, mais par l’intérêt local pour le patrimoine historique rennais et pour les nouvelles constructions marquant la modernité de la ville afin de prouver que Rennes n’était pas ce lieu « point pittoresque, banal, sans lettres, sans sciences, sans industrie ; un pays mort, où l’on s’ennuie, dans les brouillards du ciel et la monotonie de l’existence : rien à voir, rien à faire. Le touriste y languit et l’habitant y sèche »[18]. Le porteur d’eau est de nouveau utilisé pour illustrer la fin de l’ouvrage sur le Vieux Rennes de Paul Banéat (1856-1942) publié chez J. Larcher en 1911[19]. Le cliché d’imprimerie est conservé au Musée de Bretagne (numéro d'inventaire 952.0011.980, permalien de la notice http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo230121).

LMichel

LE M

Toujours sur le cliché 887.0072.75, sur la paroi à droite de l’accès au Grand Salon, il est possible de lire « A. Bailly ». Par rapport aux autres exposants, Auguste Bailly[20], qui avait débuté comme photographe moins de deux ans avant l’exposition, présentait de nombreuses photographies en format « carte de visite » ou « carte cabinet ». Les photo-cartes, d’un coût abordable, avaient rendu accessible à quasiment toutes les bourses l’acte de se faire photographier. Outre des portraits, Bailly photographiait des paysages urbains et touristiques qu’il vendait surtout en format « carte cabinet ». Suite à son succès à l’exposition de 1887 où il reçoit une médaille d’argent, Binda va vendre certaines de ses cartes-vues de Rennes.

Bailly

Bailly Lamballe

D’après le catalogue de l’exposition, Bailly partageait la cloison droite avec Charles Gérard[21] qui venait de se spécialiser dans les portraits émaillés sur cuivre et or. Il semble d’ailleurs qu’il ait présenté essentiellement des portraits alors que dans les années 1860 il vendait des photo-cartes vues et qu’il avait produit en 1867 des photographies de la ville et des collections archéologiques du musée de Rennes pour l’historien et archéologue Alfred Ramé (1826-1886)[22], membre de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine. Il obtint lors de l’exposition une médaille de vermeil pour son travail.

CH. Gérard

Gérard

Exposition nationale et régionale de l'industrie, du commerce et des beaux-arts : catalogue officiel, Rennes, Imprimerie des Journaux réunis, 1887, publicité.

L’exposition de 1887 intervient à un moment important dans l’histoire de la photographie rennaise : Mévius fils et Gérard profitent des progrès techniques pour corriger avec succès les défauts et les inconvénients du portrait photographique, améliorant par là-même l’esthétique de la photo-carte ; Fénaut et Le Michel, en prenant - en quelque sorte - la suite de Gérard auprès des chercheurs locaux, ont travaillé à faire connaître le patrimoine Rennais en faisant de la photographie un objet indispensable à l’édition et à l’érudition ; Bailly en multipliant les photo-cartes vues - qui ne représentent guère que 15 à 20% de la production totale des photo-cartes de visite - et en permettant leur vente par des professionnels comme Binda, a aidé à construire les représentations des lieux touristiques, images qui vont vite devenir des stéréotypes.


[1]

Jacques Désiré FÉNAUT, dit Désiré Fénaut (1832-1909)

Épicier, photographe

Né à Saint-Thierry le 8 septembre 1832, fils d’Antoine Fénaut (La Neuvillete, 24 mai 1807- 6 janvier 1881) et de Marie Marguerite d’Hu (La Neuvillette, 1er octobre 1803 – 3 mars 1888), mariés à Courcy le 20 juillet 1831.

Marié à Rennes 1°) le 20 août 1862 avec Joséphine Angélique Geslin, (Bazouges-du-désert, 29 octobre 1833 – Rennes, 2 mars 1874), femme de chambre, épicière, fille de Joseph Jean Geslin, serrurier ( ? - Bazouges-du-Désert, 30 juin 1860) et d’Angélique Saulnier ( ? - Bazouges-du-Désert, 1er septembre 1868) d’où a.) Marie Joséphine Désirée Fénaut (Rennes, 29 juin 1863 -13 février 1934) ; b.) Victorine Clémence Fénaut (Rennes, 6 juin 1864 - 3 janvier 1881) ; c.) Marthe Augustine Eugénie Fénaut (Rennes, 11 novembre 1868- ?) ; d.) Désiré Pierre Paul Fénaut (Rennes, 29 décembre 1871- décembre 1939) ;

2°) le 18 février 1879 avec Eugénie Angélique Geslin, sa belle-sœur, factrice (Bazouges-du-désert, 23 décembre 1851-Rennes, 16 octobre 1934), d’où e.) Marguerite Eugénie Fénaut (Rennes, 28 février 1880 - 3 janvier 1883) ; f.) Alice Florestine (Rennes, 19 mars 1888 - ?) ; g.) Gabrielle Eugénie (Rennes, ?- 11 février 1950)

Décédé à Rennes le 25 octobre 1909.

[2] Certains clichés de Fénaut, aujourd’hui conservés au Musée de Bretagne, ont été déposés entre 1908 et 1909 au Musée archéologique et ethnographique de Rennes, années où Fénaut avait mis à disposition du conservateur, Paul Banéat « à titre gracieux les clichés qui enrichissent le catalogue » in Catalogue du Musée archéologique et ethnographique, Rennes, Oberthur, 1909, p. VI.

[3] Exposition nationale et régionale de l'industrie, du commerce et des beaux-arts : catalogue officiel, Rennes, Imprimerie des Journaux réunis, 1887, 152 p.

[4] Œuvre aujourd’hui conservée au Musée des Beaux-Arts de Rennes.

[5] Bulletin des lois de la République française, janvier 1879, p. 120 ; juillet 1890, p.668.

[6]

Aristide Victor MARION

Quincailler, négociant, photographe, peintre

Né à Nantes le 7 juin 1847, fils de François Marion (Vertou, 3 mars 1811 – 18 octobre 1856) et Rose Derousse (Nantes, 22 avril 1814- 10 décembre 1903), mariés à Nantes le 29 juillet 1871.

Marié à Nantes le 29 juillet 1871 avec Marie Eugène Leray ( ? - juin 1879), d’où Aristide Eugène François Marion (Nantes, 20 octobre 1873- ?)

Décédé à Nantes le 13 janvier 1927.

[7]

François Antoine BINDA (1853-1913)

Opticien, électricien ; négociant ; propriétaire en Italie

Né le 9 janvier 1853 à Lodi (Italie), fils de Xavier Binda et de Bégnigne Cicardi.

Marié le 16 mai 1898 dans le 11ème arrondissement de Paris avec Berthe Lebreton (Rennes, 20 juin 1854- ?)

Décédé à Rennes le 15 novembre 1913.

François Binda s’est installé à Rennes grâce à Didier Renault Bernardin Binda, originaire de la province de Como en Italie marchand opticien place de la Comédie à Rennes depuis 1830, puis 5 rue Nationale à partir de 1852. Didier Binda décède le 27 août 1881 faubourg de Nantes. En 1876, Binda est recensé comme opticien 5 rue Nationale. Il a vraisemblablement succédé à Didier Binda entre 1872 et 1874. En 1884, Il est signalé comme vendeur de fournitures photographiques. C’est en 1886 qu’Ange Balthazar Tobie Colombo est recensé comme son employé. Ils intègrent ensemble la Société Photographique de Rennes en 1892.

[8] Hermann Mackenstein, 1848-1924, s'installe à Paris en 1872, rue des Carmes, ou il ouvre une entreprise d'ébénisterie et de mécanique photographique de précision. Sa société fondée en 1872 deviendra Suffize & Molitor vers 1890.

[9] Bulletin de la Société française de photographie, 1893, p.169-170.

[10] Ouest-Éclair, 9 novembre 1909, p. 3.

[11]

Frank Ernest MEVIUS (1861- ?)

Photographe

Né à Rennes le 12 février 1861, fils du photographe Charles George Frédéric Mevius (Leicester, 1924 - ?) et Emma Harriet Longmore (Gloucester, 1823 - ?)

Décédé probablement à Jersey.

Vers 1861, Charles Mevius père construit un grand atelier de photographie 2 rue de l’Alma à Rennes. Il quitte la ville en 1876.Le studio est alors occupé pendant deux ans par Jean Marie Joseph Guyot (Liffré, 6 octobre 1855 - Châteaubriant, 11 décembre 1890) connu comme le Pierre Petit rennais. Mevius fils revient dans les lieux en 1885. En 1886, la revue Le Panthéon de l’Industrie consacre un article à l’atelier du fils Mevius, expliquant que« l’emplacement a été merveilleusement choisi. Isolée au milieu d’un jardin, la maison, dont les ateliers photographiques occupent tout le premier étage et une partie du rez-de-chaussée, se trouve en pleine lumière, loin de tout édifice qui puisse lui dérober une partie du jour, et à l’abri de toute éventualité capable de modifier cette situation. Les dispositions des ateliers ont été très habilement conçues pour compléter ces avantages naturels. Nous ne dirons rien des ateliers de manipulations, où nous pourrions cependant signaler un très ingénieux appareil de lavage pour les épreuves positives (appareil abrégeant la main-d’œuvre dans des proportions considérables), et un appareil spécial aussi, pour les clichés ; ni de la chambre noire, ni des salons d’attente, etc., etc., dont l’installation est remarquable, mais qui interviennent peu, en somme, dans le résultat final. Nous ne saurions en dire autant des deux salons de pose dont l’un, orienté au nord, est destiné à l’exécution des groupes et des simples portraits de plein air, avec mise en scène d’arbres, de rochers, etc., etc., et l’autre, recevant le jour du nord et de l’est, est réservé aux portraits d’intérieur en pied ou en buste. Ces deux salons, exclusivement destinés à la pose, sont puissamment éclairés. Ils sont placés en retour d’angle, contre une pièce carrée où est installé l’objectif, qui peut être ainsi dirigé à volonté vers l’un ou l’autre des deux salons de pose » in Robert (E.), « Un atelier de photographie à Rennes », in Le Panthéon de l’Industrie, 1886, p. 304. Au début des années 1890, Mevius fils est installé comme photographe David Place à Jersey.

[12]

Albert TARLAY (1859-1891)

Photographe

Né à Paris (5e arrondissement) le 6 décembre 1859.

Marié à Brest d’où Albert Tarley (vers 1873- ?)

Décédé à Brest le 22 février 1891.

En 1885, Tarlay est photographe 127 rue de Siam, adresse connue comme étant la succursale de l’atelier nommé la « Photographie de la Marine » créée par le photographe Victor Pinçon (1850-1933), témoin à son mariage. Par la suite, il s’installe 57 rue de Siam. Après sa mort, Léonard Célestin Favey, qui avait été photographe à Dinan place Duguesclin vers 1886, prend la gérance de l’atelier. Émile Jotté-Latouche reprend l’atelier en 1896.

[13] Robert (E.), « Un atelier de photographie à Rennes », in Le Panthéon de l’Industrie, 1886, p. 303-304.

[14]

Mathurin LE MICHEL

Laboureur, marchand, journalier, artiste-photographe, photographe

Né à Saint-Vran (22) le 1er octobre 1830

Marié à Saint-Vran le 8 janvier 1855 avec Jeanne Marie Poisson (née à Hénon (22) le 11 mars 1835, décédée entre 1901 et 1913)

Décédé vers 1913.

À son mariage en 1855, Mathurin Le Michel est déclaré comme laboureur. En 1856, l’acte de naissance de son fils précise qu’il est marchand : pourtant, le recensement de Saint-Vran stipule qu’il est un journalier indigent. Vers 1861, il quitte Saint-Vran. En 1864, il est locataire au 6 rue Bel Air à Rennes, propriété du photographeFrançois Marie (Granville, 29 juillet 1826 – Laval, après 1901) qui avait quitté Granville pour Rennes en 1861 avec son frère Jules Pierre (Granville, 12 juin 1840 – Pitesti [Roumanie], 1er décembre 1895). Le Michel se présente comme le successeur du photographe François Gilbert sous le nom de « A. Le Michel ». L’utilisation de l’initiale « A. » reste inexplicable. En 1869, son frère Pierre (Pierre Marie Le Michel né le 3 septembre 1843 à Saint-Vran) travaille avec lui. En 1871, Pierre est remplacé par leur autre frère, Eugène (Eugène Marie Le Michel, né le 29 février 1856 à Saint-Vran). Cette année-là, Mathurin et Eugène sont témoins du mariage de Désiré Fénaut. En 1872, ils ont pour apprenti Marie Ange Le Michel, 18 ans, apprenti photographe né à Illifaut (22). En 1876, Mathurin Le Michel achète le magasin 6 rue Bel Air à Marie. Il fournit entre 1901 et 1907 des photographies de Rennes et de ses alentours pour les cartes postales éditées par A. Déchelette et Bahon-Rault de Rennes. En 1907, il cesse son activité.

[15] Ex. Photographie d'un projet d'église (non réalisé) de l'architecte Guidet pour Saint-Brieuc de Mauron (Morbihan), création 4 décembre 1884, Musée de Bretagne, Rennes, permalien de la notice : http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/8301...

[16] Orain (A.), au pays de Rennes, Rennes, Hyacinthe Caillère, 1892,

[17] Orain (A.), au pays de Rennes, Rennes, Hyacinthe Caillère, 1892, p. II.

[18] Orain (A.), au pays de Rennes, Rennes, Hyacinthe Caillère, 1892, p. III.

[19] Banéat (P.), Le Vieux Rennes, Rennes, J. Plihon et L. Hommay, Libraires-éditeurs, 1911, p. 628.

[20]

Auguste Thomas BAILLY (1847-1936)

Employé de commerce, photographe

Né à Rennes le 13 décembre 1847, fils de Thomas Bailly (1812- †) et de Marie Rose Poirot (1813-1869), reconnu par son père, Maréchal des Logis au 3ème escadron du train des parcs d’artillerie Caserne Saint-Georges à Rennes et sa mère le 10 septembre 1850.

Marié à Rennes le 9 août 1873 avec Laure Angélique Genty (Paris, le 30 mai 1851- Lamballe, 7 août 1926), modiste. D’où a.)Charles Auguste Bailly (Rennes, 22 juillet 1875 – Lamballe, 30 avril 1949) b.) Lucien Bailly (Rennes, 9 novembre 1887 – Saint-Brieuc, 30 avril 1975).

Décédé le 4 mars 1936, 15 rue du Jeu de Paume à Lamballe

Auguste Bailly débute comme employé 27 place des Lices à Rennes. En 1881, il est commerçant mercier 6 rue de la Monnaie. En 1886, il est recensé comme photographe, 27 rue Chalotais. Il fait des agrandissements et des reproductions. En 1889, son studio la « Photographie Artistique » a des succursales au Val-André et à Lamballe. En 1896, il s’installe comme photographe 99 rue du Bout du Val à Lamballe.

[21]

Charles Marie Gérard (1838-1906)

Élève en médecine ; photographe

Né à Rennes le 27 août 1838, fils de Jean Marie Gérard, tonnelier ( ?- Rennes 21 juin 1851) et Adélaïde Lahaye.

Marié à Erquy le 9 janvier 1879 avec Amélie Eugénie Pauline Victorine Le Moine (Plouguerneau, 5 juillet 1856 - ?), fille d’Henri Le Moine et Pauline Testard du Casquer ; d’où a.) Pauline Marie Gérard (Rennes, 24 février 1881 - 5 décembre 1946) ; b.) Henri Anne Charles Paul Gérard, soldat, photographe (Rennes, 21 janvier 1884 - ) ; c.) Anna Marie Gérard ; d.) Clémentine Marie Joséphine Gérard

En 1856, Charles Gérard est recensé comme photographe 21 rue Bel Air à Rennes. Il fonde officiellement en 1862 la maison de la « Photographie Bretonne » avec Jacques Théodore Simon (Avallon, 19 octobre 1820-1882) qui était jusqu’alors perruquier-coiffeur rue Louis-Philippe à Rennes. Ils travaillent sous la raison sociale Gérard & Simon et ont une succursale à Fougères. Ils produisent des cartes vues. En 1872, il ne travaille plus avec Simon qui s’est installé 7 avenue de la Gare, mais il a un apprenti nommé Jean Guyot. Il se définit comme artiste-photographe. Le 21 avril 1874, il achète à Éléonore Paget le studio construit en 1871 par le photographe François Marie Bessel 107 faubourg de Nantes. En 1881, il est recensé au 55 rue de la Gare. En 1887, il écrit qu’il est photographe chimiste émailleur. Il se spécialise dans l’émaillage sur cuivre et or pour obtenir des portraits vitrifiés inaltérables. En 1893, il est membre du jury du concours national de photographie de Rennes (Bulletin du Photo-Club de Paris, janvier 1893, p. 31.) En 1897, en plus des portraits émaillés, il produit de grands portraits inaltérables au charbon. Il obtient la médaille d’or à l’exposition régionale. En 1907, il réside 51 avenue de la Gare et son fils Henri lui succède en 1908 après s’être engagé pour quatre ans à l’École militaire préparatoire des Andelys. Malheureusement, en 1910 il est déclaré comme souffrant d’aliénation mentale. Charles Gérard ayant décédé en 1909, sa fille aînée Pauline prend la tête du studio à la place de son frère jusqu’en 1933.

[22] Fonds Alfred Ramé, Musée de Bretagne à Rennes.