17 novembre 1839 : la première photographie de Rennes

Sans revenir sur l’histoire de la réhabilitation de Nicéphore Niépce (1765-1833) comme inventeur français à l’origine de la photographie[1] ou de la revendication de priorité du physicien britannique William Talbot (1800-1877) sur la découverte des dessins photogéniques[2], force est de constater que dès les premières communications sur le daguerréotype breveté par Louis Daguerre (1787-1851), la curiosité du public et son impatience à le découvrir allaient grandissantes. Dans cette « Daguerreotypomanie », les Rennais n’étaient pas en reste.

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Chmura Sophie, « 17 novembre 1839 : la première photographie de Rennes », Images, représentations et patrimoine de Rennes, mis en ligne le 22 avril 2018, http://patrimoine2rennes.monsite-orange.fr, , consulté le .

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1839, l’année du daguerréotype

Dans un article publié le 6 janvier 1839 dans la Gazette de France et dans The Literary Gazette de Londres du 12 janvier de la même année, l’homme de lettre Hippolyte Gaucheraud ( ?-1874) consacre un article à une nouvelle découverte appelée le daguerréotype qui « tient du prodige […] déconcerte toutes les théories de la science sur la lumière et sur l’optique, et fera une révolution dans les arts du dessin » [3]. Ce texte fait écho au compte-rendu du 7 janvier 1839 par l’astronome et physicien François Arago (1786-1853) à l’Académie des Sciences à propos de sa visite chez Louis Daguerre avec le physicien Jean-Baptiste Biot (1774-1862) et le naturaliste Alexandre de Humbolt (1769-1859).

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Yan d’Argent, « Arago annonce la découverte de Daguerre, dans la séance publique de l’Académie des sciences, du 19 août 1839 », in Figuier (L.), La Photographie, Les Merveilles de la Science, vol. III, 1867, p. 41.

Cette communication d’Arago a un retentissement important. La plupart des publications scientifiques de France et de l’étranger la reproduisent et l’article « Le daguerotype [sic] »[4] écrit par Jules Janin (1804-1874) pour le journal l’Artiste du 27 janvier 1839 fait sensation.

Dans sa rubrique sur les Beaux-Arts, le périodique l’Auxiliaire Breton du 16 janvier 1839 rapporte :

« On lit dans le Moniteur une note des plus intéressantes sur une découverte de M. Daguerre, l’illustre créateur du diorama. Cette invention est, à ce qu’il paraît, une des choses les plus extraordinaires parmi toutes les choses extraordinaires de notre époque :

« M. Arago a rendu compte à l’Académie des sciences, dans la séance du 7janvier, de la belle découverte de M. Daguerre, dont le monde, les artistes et les savans [sic] eux-mêmes s’entretiennent avec intérêt depuis quelque temps. Cette découverte a été annoncée, dit M. Arago, dans des termes inexacts et que l’auteur ne peut accepter ; il lui paraît donc convenable de donner à l’Académie des détails précis sur cette merveilleuse invention

« Tout le monde connaît les effets de la chambre noire, et la netteté avec laquelle les objets extérieurs viennent se peindre en miniature sur le tableau au moyen d’une lentille. Eh bien ! on ne peut pas donner une idée plus juste de la découverte de M. Daguerre, qu’en disant qu’il est parvenu à fixer sur le papier ce dessin si vrai, cette représentation si fidèle des objets de la nature et des arts, avec toute la dégradation des teintes, la délicatesse des lignes et la rigoureuse exactitude des formes, de la perspective et des différens [sic] tons de la lumière.

« Quelle que soit l’étendue du tableau, il ne lui faut pour le reproduire que dix minutes ou un quart d’heure, suivant l’éclat du jour ; la lumière étant elle-même l’agent de cette merveilleuse gravure, elle agit plus ou moins vite suivant son intensité ; c’est ainsi que M. Daguerre, placé sur le pont des Saints-Pères, a pu fixer avec tous ses détails l’immense galerie du Louvre, de même que du pont de l’Archevêché il a dessiné Notre-Dame. Aucun objet, aucun aspec [sic] de la nature et des choses n’échappent à ce procédé ; le matin se reproduit avec sa fraicheur, de même que l’éclatante lumière du jour et la teinte sombre du soir ou mélancolique d’un temps de pluie.

« Dans cette gravure singulière, les couleurs sont indiquées par la nuance des ombres et par une dégradation insensible, comme dans l’aqua-tinta.

« … M. Daguerre paraît avoir travaillé pendant de longues années, avec une persévérance et une intelligence qui l’ont enfin conduit au but, qu’entouraient de nombreuses difficultés ; et maintenant que le résultat est obtenu, maintenant qu’il est parvenu à rendre inaltérables ces effets produits par la lumière, ce procédé de M. Daguerre se trouve être tellement simple, tellement à la portée de tout le monde, qu’il risque de ne pas trouver dans l’exploitation de sa découverte le fruit de ses études et de ses efforts ; un brevet d’invention serait impuissant à lui garantir la propriété d’une idée que chacun peut mettre à exécution de soi-même, un fois qu’elle sera répandue.

« M. Arago se propose donc de demander au ministre de faire l’acquisition du procédé de M. Daguerre et de lui en donner une juste récompense : cet appel sera probablement entendu, si tous les détails de l’exécution répondent aux effets obtenus qui ont été soumis à l’examen de M. Arago.

« M. Biot exprime la même admiration pour cette invention, dont il ne peut rendre le mérite qu’en la comparant à une sorte de rétine physique aussi sensible que la rétine de notre œil. »

C’est également au cours de l’année 1839 que Louis Daguerre publie au frais du gouvernement français un Historique et description du daguerréotype et du diorama sous les titres de « peintre, inventeur du Diorama, officier de la légion d’honneur, membre de plusieurs Académies ».

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Le dense texte de cette petite brochure de soixante-treize pages, comme l’article de Janin, utilise l’histoire du Diorama[5] pour laisser dans l’ombre et minimiser le rôle joué par Nicéphore Niépce, associé de Daguerre, dans l’invention du daguerréotype.

Daguerréotypomanie

Après que Daguerre est cédé à l’État français les procédés de peinture et de physique appliqués au Diorama et au daguerréotype[6], Arago donne publiquement connaissance des procédés du daguerréotype, et ce, conformément aux instructions du gouvernement, lors de la séance de l’Académie des sciences du 19 août 1839. Le Journal des Débats daté du 20 août qui relate cette séance note que « L’Académie des Sciences et l’Académie des Beaux-Arts s’étaient réunies pour entendre l’exposition, faite par M. Arago, des procédés de M. Daguerre, dont on s’entretient avec tant d’intérêt dans le monde depuis huit ou dix mois ; les résultats que l’on avait vus de cette importante découverte, inspiraient une vive curiosité d’en connaître le secret, et ce secret touchant à la fois aux intérêts des arts et à ceux de la science, un nombreux public, composé d’artistes, de savans [sic] et d’amateurs, se pressait aux portes de l’Institut, trois heures avant l’ouverture de la séance »[7]. Aussitôt après ces révélations, savants, artistes, amateurs de curiosités et surtout opticiens voulurent faire des daguerréotypes. Dans sa lithographie émise en décembre 1839, La daguerréotypomanie, Théodore Maurisset (1803-1860) immortalise cet engouement manifeste. Le caricaturiste se moque du pandémonium ou chaos provoqué par l'invention et illustre les nombreuses façons dont les promoteurs du daguerréotype espèrent tirer profit de cet hystérie collective, allant de la vente de fournitures et de matériel, à des leçons sur la manière d'effectuer des procédures photographiques. Maurisset dessine une foule qui idolâtre le daguerréotype et suggère à l’arrière-plan les lucratives perspectives que ce nouveau produit va offrir, sans oublier pour autant la crainte la plus importante du moment en alignant des « potences à louer pour MM. Les graveurs ».

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Le procédé devenu public, la vente d’appareils était possible, avec une préférence pour ceux recommandés par Daguerre lui-même. Dès août 1839, ils étaient vendus par les maisons parisiennes d’Alphonse Giroux (1776-1848) rue du Coq-Saint-Honoré et par celle des papetiers Susse Frères place de la Bourse.

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Dans les deux boutiques, érigées en rivales[8], étaient exposés des images daguerriennes et le matériel complet nécessaire à la création de daguerréotypes. L’Auxiliaire Breton explique dans son numéro du 10 juillet 1839 que « Daguerre évalue à 3 fr. 50 c. la planche » de neuf ou dix pouces de haut sur six ou sept pouces de large et qu’« il estime que l’appareil nécessaire pour faire de tableaux de cette même dimension devra, dans le principe, coûter environ 400 fr. ». La chambre noire qu’il a brevetée était rectangulaire et robuste. Le corps arrière, dit tiroir, était mobile pour la mise au point et pouvait être utilisé pour contenir tous les accessoires : lampe, châssis, boîtes à iode et à mercure… À l’usage, l’ensemble pesait presque cinquante kilos. Mais, même si cette chambre noire et l’optique que Daguerre recommandait étaient présentées comme le fruit de dix années de recherches et d’expériences, Edmond de Valicourt (1827-1866) souligne dans une note de son Nouveau manuel complet de photographie sur métal, sur papier et sur verre publié pour la première fois en 1851, que « si l’heureux inventeur vivait encore, il nous en coûterait peut-être de lui enlever une illusion caressée avec complaisance. Mais aux morts on ne doit que la vérité et nous devons dire pour être exact que l’inventeur du daguerréotype a pris et laissé la chambre noire au point où l’avaient amenée les perfectionnements de l’illustre Wollaston »[9], physicien et chimiste britannique[10].

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Ce qui n’était pas clairement dit dans la presse de 1839, c’est que le daguerréotype est d’une très grande fragilité et qu’il est un exemplaire unique dont il n’est pas possible de faire une réplique. Dans la plupart des critiques, si les paysages exposés étaient décrits comme fidèles et nets en tous leurs détails[11], les portraits décevaient. La longueur de foyer des objectifs adoptés par Daguerre causait des déformations du visage. Le temps de pose contribuait d’ailleurs à faire du portrait un moment redoutable : les premiers volontaires étaient contraints à l’immobilité sous la lumière directe du soleil pendant quinze à vingt minutes.

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Des recherches furent donc entreprises pour réduire les effets du soleil en filtrant la lumière avec des verres bleus[12]. Les daguerréotypeurs appliquaient de faux plastrons gris sur les chemises des hommes pour éviter la solarisation des blancs. Des appui-têtes furent employés pour assurer l’immobilité, instruments qui donnent une raideur aux modèles que les caricaturistes n’attendirent pas à moquer.

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À ce jour, seulement une douzaine de lithographies d’Honoré Daumier (1808-1879) émises entre 1840 et 1860 sur le thème de la photographie sont connus.

En 1840, il se moque du temps de pose imposé : la montre gousset et surtout la cruelle légende sont à cet égard suffisamment explicites.

« La patience est la vertu des ânes », série Proverbes et Maximes, in Le Charivari, 21 juin, 2 et 10 juillet 1840, pl. 3.

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Dans la même veine, le bimensuel Aujourd’hui Journal des ridicules, publie un dessin colorié du caricaturiste Henri Gérard Fontallard (1798-après 1840) titré Les daguerréopipeurs ou le talent vient en dormant le 15 mars 1840 dont une version en noir et blanc illustre un article très critique vis-à-vis du daguerréotype.

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En 1847, Daumier tire parti des contraintes matérielles résultant de la pose : le modèle est très inconfortablement installé sur un siège muni de deux serre-tête métalliques, véritable pilori que les impératifs techniques rendent effectivement nécessaires dans les premiers temps de la photographie.

« Position réputée la plus commode pour avoir un joli portrait au Daguerréotype », série Les Bons Bourgeois, pl. 49, in Le Charivari, 24 juillet 1847.

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Sur cette autre estampe la légende ironise sans équivoque sur la raideur crispée à laquelle deux fauteuils mécaniques contraignent un couple de suppliciés consentants.

« Photographie. Nouveau procédé employé pour obtenir des poses gracieuses », série Croquis parisiens, in Le Charivari, 5 juin 1856.

Poses gracieuses

Une autre remarque récurrente concernait le sens de l’image inversée comme dans un miroir. Cela posait problème dans les vues des monuments et des sites, mais surtout dans les portraits de personnes en uniforme qui voyaient leurs décorations figurer à droite au lieu d’être à gauche. Pour les dignitaires ou les militaires les daguerréotypeurs prenaient donc soin de transporter de droite à gauche et vice-versa décorations et insignes, même si les détails du visage, comme les cicatrices, ne pouvaient être truqués. Les plus habiles rétablissaient le sens de l’image à l’aide de prisme adapté à l’objectif, méthode qui allongeait considérablement le temps de pose.

Spécialistes et amateurs, vite conscients des faiblesses de cette invention, s’évertuèrent à la perfectionner. Charles Chevalier (1804-1859), qui avait conseillé Niépce et fournit Daguerre en matériel, mit au point en 1840 le photographe, appareil robuste et précis, ainsi qu’un objectif à verres combinés.

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« Le photographe », in Chevalier (C.), Mélanges photographiques: Complément des nouvelles instructions sur l'usage du daguerréotype, Paris, Chez l'auteur, 1844, 127 p.

Grace à toutes les recherches d’amélioration du daguerréotype entre 1840 et 1850, des ateliers de photographes spécialisés dans le portrait se multiplièrent pour faire face à une demande sans cesse croissante. D’abord regroupés autour du Palais-Royal, ils ont été ensuite installés vers le faubourg Montmartre et les grands boulevards. Leur industrie devint vite prospère. Dans toutes les grandes villes des daguerréotypeurs s’installèrent. Certains construisaient des pavillons entièrement vitrés, d’autres aménageaient des appartements en ateliers. Pour maintenir le client immobile, les sièges étaient particulièrement lourds et solides, accompagnés d’un ensemble d’appuis-tête, appuis-dos, appuis-bras et appuis-jambes. Les portraits étaient présentés comme un petit objet d’art sous un verre protecteur agrémenté d’un encadrement. En 1842, un portrait se payait de 10 à 50 francs en fonction des formats. En 1845, le tarif baisse de 2 à 20 francs.


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Types d'appuis-tête in La Blanchère (H. De), Répertoire encyclopédique de photographie : comprenant par ordre alphabétique tout ce qui a paru et paraît en France et à l'étranger depuis la découverte par Niepce et Daguerre de l'art d'imprimer au moyen de la lumière, T. I-II, Paris, Amyot, 1862-1866, p. 69.

Dimanche 17 novembre 1839 : le premier daguerréotype de Rennes

Il ne faut pas attendre les années 1840 pour que les Rennais découvrent concrètement le daguerréotype. L’Auxiliaire Breton du lundi 21 octobre 1839 annonce que « M. Betbeder, artiste, se propose de donner incessamment à Rennes quelques séances de Daguerréotype. Il parcourt en ce moment la Normandie, où ses séances ont réuni de nombreux spectateurs »[13]. Alexis Betbeder qui s’identifie comme « un ami de M. Daguerre »[14], a certainement été l’une des toutes premières personnes à acheter un daguerréotype en août 1839 à Paris.

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Pierre Alexis Marcelin BETBEDER, dit Alexis Betbeder

Artiste peintre, professeur de dessin et de peinture, directeur de l’école communale de dessins de Soisson, photographe

Né à Courgenay le 22 octobre 1809, fils de Pierre Daniel Betbeder (Pau, vers 1752- Fort Saint-Pierre Ile de la Martinique, 20 février 1816) et Marie Ursule Gabrielle Christophe (Sainte-Menehould, 17 octobre 1785- Paris, 5 décembre 1865)

1°) Relation à Paris en 1839 puis mariage à Paris le 29 novembre 1879 avec Sophie Aglaé Menassier (Beauvais, 29 juin 1821- ?), fille de Pierre Joseph Menassier et de Margueritte Anne Deplanche.

d’où a.) Antonin Hyacinte Marie Jules Betbeder, né Menassier (Paris, 14 novembre 1839-Cauderan, 25 janvier 1903)

2°) Marié à Anizy-le-Château le 3 septembre 1846 avec Rosalie Zoé Lefèvre (Villequier-Aumont, 21 février 1819- avant 1879), fille de Jean Baptiste Honoré Lefèvre (1793-1866), médecin et Denise Victoire Fouquet (vers 1799-1879),

d’où b.) Jean Gabriel Faustin Betbeder (Soisson, 24 juin 1847- Londres, vers 1918), caricaturiste ;

c.) Marcelin Hyacinthe Marie Betbeder (Soisson, 30 octobre 1852- ?)

d.) Laure Blanche Marie Hélène Betbeder (Anizy-le-château, novembre 1853- ?)

Décédé vers 1881.

Quand Alexis Betbeder entreprend son voyage, il était déjà professeur de dessin et de peinture, particulièrement intéressé dans le rendu des moindres détails. En novembre 1833, il était associé avec Auguste Lamoureux, marchand de papier 25 rue Dauphine à Paris. D’après le Journal des artistes du 19 octobre 1834, après de nombreuses et pénibles recherches « ils sont parvenus à créer un moyen de dessiner, auquel ils ont donné le nom de Expéditas-Graphis. Ce moyen tout-à-fait nouveau, d’une exécution heureuse et facile, offre aux élèves, qui n’auraient aucune connaissance du dessin, la facilité de faire des compositions qui seront toutes considérées par des artistes mêmes, comme étant pleines de grâce et de vigueur »[15].


L'indépendant 1er décembre 1833

L'indépendant, 1er décembre 1833.

En septembre et octobre 1839, Betbeder entreprend une tournée pour faire découvrir le daguerréotype dans les principales villes de Normandie[16]. Il propose des séances de présentation de l’invention et des expositions d’épreuves payantes.

Début novembre, il arrive en Bretagne et commence son séjour à Saint-Malo. L’Auxiliaire Breton du lundi 11 novembre 1839 précise : « M. Betbeder, artiste, qui vient de donner à Saint-Malo une séance de Daguerréotype (voir plus bas), et dont nous avions annoncé la prochaine arrivée, est à Rennes en ce moment. Il va faire en sorte de donner demain sa première séance. Nous rendrons compte de ses expériences sur ce curieux instrument. […] Nous avons assisté à la séance du Daguerréotype que M. Betbeder a donné hier, salle de la Bourse. Il est impossible, après avoir vu opérer, de conserver le plus léger doute sur les moyens employés par l’inventeur pour obtenir les merveilleux résultats qui maintenant font l’admiration de tout ce que la France renferme d’hommes éclairés. Parmi les produits exposés, rien n’est plus parfait que le Panthéon de Paris et une vue de Coutances. L’Eglise cathédrale de Paris nous a paru d’une richesse de détails inconnue jusqu’ici. »

Le numéro du mercredi 13 novembre 1839 annonce que la photographie qui va être prise à Rennes aura pour sujet le nouveau théâtre inauguré en 1833 en face de l’hôtel de ville sur l’ancienne place aux Arbres : « Demain, à une heure, dans la grande salle de la Mairie, aura lieu l’expérience sur le Daguerréotype, par M. Betbeder, dont nous annoncions l’arrivée lundi. L’artiste reproduira, au moyen de ce curieux appareil, une vue de la salle de spectacle. Le prix du billet d’entrée est de 2 fr. Il y aura des places réservées pour les dames. Nous ne doutons pas que cette séance ne réunisse un grand nombre de spectateurs. »

Le 14 novembre 1839, de nombreux rennais s’offrent la séance expérimentale de Betbeder, qui comme le souligne le journal du 15 novembre échoue : « Malgré le mauvais temps, l’expérience sur le Daguerréotype a eu lieu au milieu de nombreux spectateurs, curieux de connaître les moyens à l’aide desquels M. Daguerre a été mis à même de résoudre le problème le plus extraordinaire que l’homme se soit jamais proposé. Avec la plus grande clarté, M. Betbeder a succinctement expliqué ces différens [sic] moyens, et de la théorie passant à la pratique, il a été possible de suivre l’opération dans tous ses détails. Il est impossible de figurer l’étonnante perfection des produits qui ont été soumis à l’admiration générale. Rien de merveilleux comme la richesse de détails qui se trouvent dans deux de ces planches, le Panthéon et l’église Notre-Dame de Paris. Nous avons regretté que l’humidité qui s’était emparée de la plaque et de l’iode ait empêché celle-ci de se vaporiser, de manière à en revêtir la plaque et lui communiquer le principe sensitif nécessaire à la reproduction des objets. M. Betbeder voulant obtenir une épreuve irréprochable, se propose, dans sa séance de dimanche, d’obvier à cet inconvénient en faisant préparer un cabinet chaud et obscur pour cette importante opération. A dimanche donc… Il y a lieu de croire que la salle sera trop petite pour le nombre de curieux. »[17] Le Journal de Rouen décrit plus précisément les séances de démonstration de Betbeder. Ainsi, le 16 septembre 1839, « Betbeder a pris une plaque de cuivre plaquée d’argent, qui avait été préalablement polie à la pierre ponce en poudre et à l’huile, puis exposée à la lampe à l’esprit de vin. Sur cette plaque, M. Betbeder, a passé très-légèrement et à diverses reprises un tampon de ouate imprégné d’acide nitrique. L’acide nitrique épongé avec du coton sec, M. Betbeder a légèrement saupoudré la plaque de pierre ponce en poudre impalpable, et il a donné un nouveau bruni à la plaque, qui, bien essuyée, s’est trouvée disposée pour recevoir la vapeur d’iode. Cette préparation, à laquelle M. Daguerre recommande de donner un soin particulier, est la seule qui exige ce que l’on pourrait appeler un travail manuel. Il faut, quand on emploie le tampon de ouate, frotter d’abord circulairement, puis frotter selon le sens de la longueur, et éviter dans cette opération, comme dans les opérations subséquentes, d’exhaler l’haleine sur la plaque. Sans cela on produirait des taches qui se retrouveraient dans le dessin. Une feuille de cuivre convenablement plaquée peut recevoir successivement vingt ou trente dessins. Ainsi préparée, la plaque a été fixée sur une planchette de sapin au moyen de quatre petites tringles qu’il faut avoir soin de bien nettoyer après chaque opération, pour enlever les parties d’iode ou de mercure qui pourraient y être restées fixées. Une boîte, au fond de laquelle se trouve une capsule remplie d’iode, a reçu la plaque, une température de dix à douze degrés suffit pour dégager la vapeur d’iode ; il est donc inutile de chauffer la capsule. Vingt minutes d’exposition de la plaque au-dessus de l’iode l’ont amenée à une couleur de beau cuivre jaune ; l’opération se faisait dans l’obscurité, mais un jour avait été réservé pour s’assurer du degré de coloration. La plaque alors, toujours tenue à l’ombre, a été placée dans un petit appareil ressemblant à un cadre dit passe-partout, dont le verre serait remplacé par un corps opaque. Cet appareil a été adapté à la chambre noire, après quoi on l’a orientée sur la vue que l’on voulait prendre. Alors on a enlevé le diaphragme, et à partir du moment où la lumière a frappé la plaque, jusqu’à celui où la plaque a été enlevée, il s’est écoulé vingt-cinq minutes. C’est pendant ce tems [sic] que la vue a été fixée ; mais la plaque, examinée au sortir de la chambre noire, ne présentait aucune trace de dessin. A ce moment, il faut encore opérer dans l’ombre. C’est alors qu’on expose la plaque au mercure. Là, également, tout se trouve préparé sans qu’il soit besoin d’aucun calcul. La plaque se pose sur un cadre qui lui donne l’inclinaison voulue de 45 degrés, une lampe à l’esprit de vin échauffe la capsule de mercure, et un thermomètre visible à l’extérieur, qui plonge dans la capsule, indique le moment où la chaleur atteint 60 degrés centigrades. Dès-lors l’expérience est terminée. On éteint l’esprit de vin, et, peu-à-peu, l’image devient distincte à l’œil. Les spectateurs ont pu, au moyen d’une bougie et à travers une glace qui permet de voir dans l’intérieur, suivre de minute en minute la formation de l’image sous l’influence de la vapeur mercurielle »[18]. Cette expérience qui a eu lieu dans le foyer du Théâtre-des-Arts de Caen « a eu la plus complète réussite. La chambre noire, mise sur la balcon du foyer, regardait le nouveau quai de Saint-Sever, entre le Pont-Neuf et le Pont-Suspendu. C’est ce vaste quai que la tablette de plaque a reproduit avec la plus minutieuse exactitude et la plus grande netteté »[19]. La plaque fut par la suite exposée chez Levasseur, opticien 5, rue Grand Pont à Rouen près de l’entrée du théâtre.

D’après l’article de L’Auxiliaire Breton du 18 novembre, le premier daguerréotype rennais, fait le dimanche 17 novembre 1839, a été remporté par tirage au sort par l’avocat Émile Langlois[20]. Cette loterie pour obtenir le daguerréotype de la démonstration de Betbeder avait été suggérée par le Journal de Rouen du 18 septembre 1839[21].

L’Auxiliaire Breton, lundi 18 novembre 1839, p. 2.

« Hier, à la salle de l’Hôtel-de-Ville, a eu lieu la seconde expérience de M. Betbeder, sur le Daguerréotype.

Encore bien que le temps fût chargé de nuages, l’opération a parfaitement réussi, la salle de spectacle et l’aile de la Vielleuse sont sorties de la machine avec tous leurs détails, minutieusement reproduits, leur pureté de lignes, leurs ombres, etc. ; seulement, comme le Daguerréotype demande une immobilité complète dans les objets qu’il doit reproduire, et que la place et les galeries étaient encombrées d’une foule de promeneurs qui se mouvait en tous sens, le sol, les chaînes de la place, les marches des arcades ont disparu sous une ombre un peu forte, dans le tableau.

A la fin de la séance, l’épreuve obtenue a été tirée au sort entres les spectateurs, et gagnée par le n°53, dont était porteur M. Emile Langlois, avocat.

Pendant le cours de l’expérience, qui a duré deux heures, M. Betbeder a démontré, avec beaucoup de lucidité, l’usage de chaque pièce de l’appareil et répondu d’une manière satisfaisante aux nombreuses questions qui lui ont été adressées. »

Après ce séjour rennais, Betbeder a continué son périple hors de Bretagne au moins jusqu’à la fin de l’année 1839. D’après les registres des cartes d’études délivrées aux élèves conservés aux Archives des Musées nationaux, le 3 septembre 1840, Betbeder se voit délivré la carte numéro 754 en tant qu’élève d’Eugène Delacroix[22]. Il était alors domicilié 6 rue de l’Observatoire à Paris. Le 1er juillet 1841, il a la carte numéro 307 et il est domicilié 11 quai Napoléon[23]. Il expose d’ailleurs lors du salon de 1868 comme « élève de E. Delacroix »[24]. En 1843, il occupe le poste de directeur de l’école communale de dessins de Soisson. Dans les années 1850, il est un membre actif de de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons[25]. En 1852, il est l’un des acteurs principaux « pour solliciter du gouvernement la création d’un musée monumental d’architecture du moyen-âge, renfermant une collection de dessins et de reliefs figurant les œuvres les plus importantes de la France Monumentale »[26].Les membres de la Société archéologique Soissonnaise étaient convaincus qu’il était possible « de mouler en petit tous les chefs-d’œuvre du moyen-âge »[27] car Betbeder était « parvenu à reproduire, en cire, […] les tours de Saint-Jean-des-Vignes de Soissons […] avec une précision mathématique »[28]. En 1854, il s’occupe d’acquérir un appareil photographique pour les travaux des membres[29] et « soumet à la Société une collection de dessins représentant les principaux monuments de la ville de Soissons et destinés à la formation d’un album »[30] publié en 1855 sous le titre d’Album Soissonnais Vingt vues de Soissons Dessinées et Lithographiées. Entre 1861 et 1869, il est de nouveau mentionné sur Paris comme gérant de l’atelier du photographe Pierre Eugène Thiébault (1826-1880)[31]. Il édite des portraits de célébrités, dont certains avec autographe. Le Journal général de la Libraire du 9 avril 1864 précise d’ailleurs qu’il « existe un certain M. Betbeder (ce n’est pas un mythe) qui a soumis au conseil du Cercle de la Librairie des fac-simile effrayants de perfection et dont ce conseil s’est déclaré entièrement satisfait »[32]. En 1865, Betbeder fait breveter « un mode de reproduction, par la photographie, de tous textes ou gravures, et à leur transport sur pierre lithographique au moyen d’épreuves dites épreuves-mères pouvant se décalquer sur pierre par les moyens usités en lithographie »[33]. Tout en étant photographe, il continue l’enseignement à l’école des Beaux-Arts de Paris. En 1876, lors de son second mariage, il est déclaré comme artiste peintre demeurant boulevard Rochechouart à Paris.

Les premiers portraits au daguerréotype à Rennes

La Daguerréotypomanie de 1839 ne semble pas vraiment s’apaiser à Rennes au début des années 1840. En août 1843, les Rennais ont la possibilité d’obtenir leurs « portraits au daguerréotype coloriés à 15 et 20 fr., selon la dimension, en noir à 10 & 15 fr. Rue de la Monnaie, 11 »[34]. Les portraits au daguerréotype, bien qu’ils aient supplanté les miniatures, n’avait pas l’attrait des couleurs. Des photographes parvinrent à réaliser ce qu’ils appelaient des épreuves photogénées en couleurs. Loin d’être des photographies en couleurs, ces épreuves étaient des daguerréotypes simplement coloriés à la main. En 1841, Charles Chevalier invente un procédé de mise en couleur qui faisait penser aux lithographies coloriées sans pour autant réussir à obtenir des couleurs réelles[35]. Dans ses Nouvelles instructions sur l’usage du Daguerréotype, Chevalier explique « Jusqu’à ce jour, on a vainement tenté de reproduire les couleurs, on n’a pu obtenir que des résultats partiels, intéressans [sic] pour la science, mais de nulle valeur sous le rapport artistique. Si jamais cet important problème était résolu, les épreuves photogénées, mais surtout les portraits, doués d’une vie nouvelle, ne laisseraient plus rien à désirer. Nous avons imaginé de suppléer à l’impuissance actuelle par un artifice dont l’effet est quelquefois très remarquable. Avant de fixer le verre qui doit protéger un portrait, il faut l’appliquer sur l’épreuve exactement dans la position qu’il doit occuper, et calquer, sur sa face extérieure, la silhouette de buste entier et le trait des diverses parties de la face ; puis, après avoir enlevé le verre, on applique, sur le côté opposé et avec des couleurs transparentes1 [(1) On se servira des couleurs dont on fait usage pour peindre les verres des fantasmagories], des teintes plates, correspondant autant que possible à celles des parties qu’elles doivent représenter. Lorsque la peinture est bien sèche, on fixe la glace et on efface le calque. Les teintes et les demi-teintes de l’épreuve, visibles à travers les couleurs transparentes, leur communiqueront les nuances qui leur manquent et l’on obtiendra un effet à peu près semblable à celui que produisent les lithographies coloriées »[36].

Le 30 janvier 1844, L’Auxiliaire Breton accorde quelques lignes et une place publicitaire au daguerréotypeur portraitiste parisien G. Ollivier. Apparemment, il semble déjà avoir une certaine notoriété en Bretagne. L’Auxiliaire annonce que « M. G. Ollivier, qui a déjà daguerréotypé tant de Bretons, ne veut point faire son adieu à la Bretagne sans l’avoir visitée entièrement ; aussi, avant son très-prochain retour à Paris, s’occupe-t-il en ce moment de portraire les habitans [sic] de Saint-Malo, Dinan, Vitré, Montfort, etc., qui sont jaloux de posséder leur image fidèle ». Ces portraits étaient plus chers que ceux qui étaient proposés rue de la Monnaie en 1843, « A 15 fr. et au-dessus ». Ollivier exposait son travail à Rennes « chez Mme De Kerpen ; à La Guerche, chez M. Aubry ». Madame de Kerpen, née Jeanne Jacquette Godfroy (Toulouse, 1773 - Rennes, 17 décembre 1856), épouse de Jean Marie Alexandre de Kerpen (Blois, 8 février 1778 - Rennes, 18 décembre 1831), avait repris la librairie 8 rue Royale de son mari. Ce denier marchand-libraire et inspecteur de la maison centrale de détention de Rennes était mort noyé dans la Vilaine au Moulin de Saint-Hélier en décembre 1831.

Au début des années 1840, Ollivier fait imprimer par Landais et Oberthür[37] de Rennes les publicités qu’il collait derrière ses daguerréotypes. Elles indiquent qu’il exécute des « portraits au daguerréotype, instantanés et à l’ombre à 10 F et au-dessus ». Il proposait également la vente de daguerréotypes, des leçons aux amateurs et des reproductions de gravures, plâtres et peintures.

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Publicité de G. Ollivier imprimée par Landais & Oberthür.

Dès les années 1850, les défauts dont le daguerréotype n’avait pas été débarrassé sont à l’origine de sa rapide désaffection au profit de procédés négatifs fondés sur l’emploi du papier développés au cours des années 1840, comme le calotype de William Henry Fox Talbot (1800-1877), breveté en 1841, l’albumine sur verre d’Abel Niépce de Saint-Victor (1805-1870), procédé mis au point en 1847, ou le collodion humide de Gustave Le Gray (1820-1884) expliqué dans son Traité pratique de photographie sur papier et sur verre en 1850[38].


[1] Il faut attendre 1867 pour que l’archiviste Victor Fouque (1802- ?) rende justice à Nicéphore Niépce grâce à une solide documentation dans La vérité. L’invention de la photographie. Nicéphore Niépce, sa vie, des essais, ses travaux, d’après sa correspondance et autres documents inédits, Paris/Chalon-sur-Saône, Librairie des Auteurs et de l’Académie des Bibliophiles/Librairie Ferran, 1867, 282 p. Mais il a fallu un demi-siècle pour vraiment achever la réparation, car c’est seulement en 1933 qu’un monument commémoratif, élevé à Saint-Loup-de-Varenne, restitue à Niépce son titre d’inventeur de la photographie alors que la Société libre des Beaux-Arts avait fait élever dès 1851 sur la tombe de Daguerre un monument à la mémoire de « Daguerre, peintre, chimiste, inventeur de la photographie ». En 1945, le journaliste, photographe, critique d’art et historien Raymond Lecuyer (1879-1950) dans son Histoire de la photographie éditée par L’Illustration explique que « ce qu’il faut écrire pour demeurer dans la vérité réaliste, c’est que dans la vie les Niépce ont besoin des Daguerre. Si le chercheur solitaire d’un village bourguignon n’avait pas connu le peintre du Diorama, l’homme qui sut titer parti de ses longues recherches et lancer en réclamiste supérieur la photographie, sa découverte était à jamais perdue pour l’humanité et ses essais eussent été la proie des rats d’une maison des champs », in Lecuyer (R.), Histoire de la photographie, Paris, Baschet et Cie, 1945,451 P.

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[2] Le Diorama, une des plus bénéfiques attractions de la capitale, a été créé par Daguerre avec la collaboration du peintre Charles-Marie Bouton (1781-1853) en 1822. Il était situé rue Samson, près du château d’eau, actuelle place de la République à Paris. Sa visite était recommandée dans les guides [« The Diorama is amongst the prettiest things of Paris / Le Diorama est parmi les plus jolies choses de Paris », in Sanderson (J.), The american in Paris, Vol. 2, Philadelphia, Carey and Hart, 1839, p. 144 ; « Le Diorama est une découverte précieuse qu’on ne saurait trop encourager, car elle ne peut que faire honneur au pays qui l’a vue naître », in Blanqui (A.), Voyage d'un jeune français en Angleterre et en Écosse pendant l'automne de 1823, Paris, Dondey-Dupré père et fils, 1824, p. 235.] : les visiteurs y voyaient des reconstitutions de points de vue intéressants, « tant pour la mémoire des faits historiques, que pour le pittoresque des situations locales »[in Notice explicative des tableaux exposés au Diorama, Paris impr. Contant-Chantpie, 1823, p. 3] de monuments ou de sites célèbres (ex. : vue intérieure de la chapelle de la Trinité Cathédrale de Cantorbery, vue de la vallée de Sarnen en Suisse, vue du port de Brest, …) dont la perspective donnait une restitution fidèle avec l’illusion des dimensions elles-mêmes. Sa création value à Daguerre d’être distingué en 1825 chevalier de la Légion d’honneur. Après 17 années de succès, le Diorama disparaît dans un incendie en mars 1839. Une plaque commémorative a été apposée en 1925 sur son emplacement dans l’actuelle rue de la Douane.

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Le diorama de Daguerre, eau-forte de Martial d'après un dessin de Bédouin, 1837.


[3] Gaucheraud (H.), « Beaux-Arts. Nouvelle Découverte », in Gazette de France, 6 janvier 1839, p.1.

[4] Janin (J.), « Le Daguerotype », in L'artiste, Tome II, 27 janvier 1839, p. 145-148

[5] William Henri Fox Talbot, membre de la Royal Society produisit ses travaux pour la première fois le 25 janvier 1839 concernant la fixation et la conservation d’images provenant de la camera obscura.

[6] Un projet de loi accorde une pension viagère annuelle de 6 000 francs à Daguerre et de 4000 francs à Niépce fils, in « Séance du vendredi 15 juin 1839 », in Procès-verbaux de la Chambre des députés, Partie 3, vol. 2, 1839, p. 88.

[7] Journal des débats politiques et littéraires, 20 août 1839, p. 1.

[8] La brochure de Daguerre éditée par Giroux aux frais du gouvernement précisait que « seuls les appareils fabriqués par A. Giroux et Cie étaient exécutés sous le contrôle direct de M. Daguerre et revêtus de sa signature ».

[9] Valicourt (E. de), Nouveau manuel complet de photographie sur métal, sur papier et sur verre, Paris, Librairie encyclopédique de Roret, 1862, p. 7.

[10] William Hyde Wollaston (1766-1828).

[11] L’Auxiliaire Breton, 10 juillet 1839.

[12] Sur les conseils d’Arago.

[13] L’Auxiliaire Breton, 21 octobre 1839, p. 3.

[14] Journal de Rouen, 14 septembre 1839, p. 2.

[15] Journal des artistes : annonce et compte rendu des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, lithographie, poésie, musique et art dramatique, 19 septembre ; Caen de octobre 1834, p. 255-256.

[16] Rouen (14-18 septembre 1839) ; Caen (2-6 octobre 1839) ; Cherbourg (13-20 octobre 1839) ; Coutances (fin octobre ou début novembre 1839).

[17] L’Auxiliaire Breton, 15 novembre 1839, p. 2.

[18] Journal de Rouen, 17 septembre 1839, p. 2-3.

[19] Journal de Rouen, 17 septembre 1839, p. 3.

[20] Orain (A.), « Émile Langlois », in Le Fureteur Breton », 31 mars 1866. Selon Orain, Langlois (1813-1860 ?) quitte Rennes à la fin de l’année 1840 pour Châteaubriand.

[21] « Nous croyons qu’on ferait bien de faire tirer au sort le dessin qui sera obtenu. Ce serait donner un attrait de plus à la séance », in Journal de Rouen, 17 septembre 1839, p. 1.

[22] Archives du Louvre, LL 7 registre pour la période 4 juin 1840 – 22 juillet 1845, 3951 cartes ; première partie série de 1089 cartes, 4 juin 1840 – 5 mars 1841, p. 36.

[23] Archives du Louvre, LL 7 registre pour la période 4 juin 1840 – 22 juillet 1845, 3951 cartes ; deuxième partie série de 2862 cartes, 25 mars 1841-22 juillet 1845, p. 307.

[24] « Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivants exposés au Palais des Champ-Elysées le 1er mai 1868», in Ministère de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts, surintendance des Beaux-Arts, Salon de 1868, 86e exposition officielle depuis l’année 1875,Paris,Ch. de Mourgues frères, 1868, p. 332.

[25] Il était également membre de la Société de sphragistique de Paris spécialisée dans la sigillographie et qui avait été créée en 1848.

[26] Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1852, p. 12.

[27] Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1852, p. 11.

[28] Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1852, p. 14.

[29] Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1854, p. 127.

[30] Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1854, p. 187.

[31] Betbeder et Thiébault connaissent un procès pour contrefaçon de la part de Mayer & Pieson en janvier 1862, conclusions in Le Temps, 6 décembre 1862.

[32] Lescure (A.), Les autographes et le goût des autographes en France et à l'étranger : portraits, caractères, anecdotes, curiosités, Paris, J. Gay, 1865, p. 25. Journal général de la Libraire, 9 avril 1864, p. 58.

[33] Le Génie industriel, Paris, Charles Armengaud, 1865, p. 275.

[34] L’Auxiliaire Breton, 8 août 1843, p. 2.

[35] Encyclopédie moderne ou bibliothèque de toutes les connaissances humaines, vol. 24, Paris, Duménil, 1843, p. 443.

[36] Chevalier (C.), Nouvelles instructions sur l’usage du Daguerréotype, Paris, Chez l’auteur, 1841, p. 58.

[37] Landais et Oberthür sont associés entre 1842 et 1852, in Oberthür imprimeurs à Rennes, Rennes, Écomusée du Pays de Rennes, 2015, 95 p.

[38] Le Gray (G.), Photographie. Traité nouveau théorique et pratique des procédés et manipulations sur papier et sur verre, Paris, Lerebourd et Secretan, 1854, 1ère édition 1850, 227 p.