SOPHIE CHMURA                                                                                                            


la puissance patrimoniale du vide

Beaucoup s’interrogent sur la niche vide de l’hôtel de ville de Rennes, élément central de l’espace public rennais [1]. En avril 1941, le journal La Bretagne rapporte que « le 12 avril 1734, nous dit l’histoire, eut lieu à Rennes, en grande solennité, la pose, par le comte de Volvire, de la première pierre de l’Hôtel de Ville, œuvre de l’architecte Gabriel. Ce n’est pas ce que Gabriel a fait de mieux ; mais enfin, c’est de lui ! La niche centrale aussi est de lui ; et il ne se doutait pas, en dessinant les plans de l’édifice, que cette fameuse niche poserait tant de problèmes historiques et donnerait, à certains gens, une telle abondance de soucis » [2]. En effet, aucune œuvre n’a pu y trouver sa place…

[1] Les Amis du Patrimoine Rennais, Niche de l’Hôtel de ville de Rennes : Le patrimoine peut être aussi un vide, mars 2012

[2] Rouault (A.), « il y a deux cent sept ans… Il posait la première pierre de l’hôtel de ville de Rennes », in La Bretagne, 12 avril 1941.

Niche

La niche de l’hôtel-de-ville de Rennes : un simple décor civique

Les régimes politiques successifs de la France ont utilisé l’espace public pour donner une interprétation aux événements historiques : plaques de noms des rues, monuments, statues entourent les habitants de symboles dont l’objectif est de commémorer un passé jugé glorieux et de construire une identité collective. Le monument commémoratif et ses rituels ont un rôle intégrateur et unificateur. Le choix des événements et des héros à célébrer peut contribuer à consolider un régime, ses fondements comme ses principes. Les républicains ressentent très tôt la nécessité d’enraciner leur pouvoir en célébrant la France par ses provinces : les voyages présidentiels en régions se multiplient, ainsi que les spectacles historiques permettant de replacer le passé local dans celui de la nation. Dans cette perspective sont organisées à Rennes, les 28, 29 et 30 octobre 1911, les fêtes universitaires et commémoratives de l’union de la Bretagne et de la France. Ces cérémonies comprennent la présentation des nouveaux bâtiments des universités en présence du ministre Théodore Steeg et du sous-secrétaire d’État Charles Chaumet, un grand cortège historique et l’inauguration d’une sculpture de Jean Boucher évoquant le mariage du roi Charles VIII avec Anne de Bretagne. L’implantation de l’œuvre dans la niche de la façade de l’hôtel de ville, qui avait été occupée jusqu’à la Révolution par une statue de Jean-Baptiste Lemoyne représentant Louis XV sur le même sujet d’union de la Bretagne et de la France [1], n’est pas anodine. Les célébrations réunissent tous les éléments du folklore républicain : la présence de représentants de l’État, un cortège historique, une statue et des banquets. Ils ont pour objectif de provoquer l’adhésion à « une manifestation nationale, où la Bretagne, laissant éclater son émotion, marque en toute sincérité, avec ferveur, sa confiance en la commune patrie » [2]

[1] La statue de Louis XV occupe la niche de 1754 à 1793, elle fut fondue pour faire des canons.

[2] Fêtes universitaires et commémoratives de l’union de la Bretagne et de la France Rennes octobre 1911, Rennes, Imprimerie Oberthür, 1912, p. 45

Union commémorative

EMR union

jeton union

Jeton daté de 1754 représentant la statue de Louis XV.

Jean Janvier statufié, le contribuable rennais énervé

La réception de l’œuvre de Boucher a été des plus réservées. Dans une brochure de sept pages

«vendue au profit des contribuables Rennais», titrée Statufié !... ou Le Maire à la Niche ! un certain X.Y.Z. s’attaque à Jean Janvier dont les Rennais ont découvert la tête dans le groupe sculpté :

la niche

« Le Roi-Soleil disait : « l’Etat, c’est moi ! » M. Janvier, lui, dit : « le Maire, c’est moi ! » Moi, Janvier, maître de danse à nul autre pareil pour faire valser les écus des contribuables ; Janvier, l’universel, l’incomparable, l’inégalable, l’indéfectible, l’unique Janvier, un Janvier comme on n’en fera plus ! le seul Janvier, dont un président du Conseil, l’éminent Clémenceau, a dit : « qu’il avait une bonne gueule ! […] Du jour où l’omnipotent président du Comité de l’Union Républicaine s’assit dans le fauteuil, sur les ressorts duquel, avant le sien, s’était douillettement posé le septuagénaire derrière de M. le Sénateur Pinault, il n’eut plus qu’un désir : avoir sa statue sur une place publique de sa ville. Leperdit, Le Bastard avaient bien la leur ! […] Avoir sa statue en bronze, en vrai bronze, voilà qui vous pose un homme ! […] Malgré tout, notre Janvier national était inquiet, Il se demandait si, une fois mort, ses ex-administrés sauraient acquitter la dette de reconnaissance qu’ils auraient contractée envers lui […] aussi fallait-il à tout prix épargner à la Cité chère la honte d’un crime de lèse-mémoire aussi odieux. Comment ? […] L’artiste Jean Boucher avait été chargé d’exécuter pour l’Hôtel de Ville un important groupe pour célébrer l’union de la Bretagne à la France. Pourquoi ne figurerait-il pas dans ce groupe ? On ne s’étonnera plus maintenant, pourquoi les fréquents voyages à Paris, en ces derniers temps, de son Obésité municipale janvier 1er, roi des Mufles ! Les affaires locales : l’achèvement du Palais du Commerce, la couverture de la Vilaine, les bains-douches – une idée… propre de l’élégant M. Deschamps – n’étaient qu’un prétexte à ces déplacements incessants. Pendant qu’on se figuraitl’apoplectique de l’Hôtel de Ville courant les ministères, il posait – ça le connaît, la pose ! – dans l’atelier de Jean Boucher […] Maintenant qu’il est assuré de passer à la postérité, Môssieu Janvier ne se contient plus d’aise ! Il a lieu d’être fier, en effet. Figurer dans un monument de l’importance de celui de Boucher, au premier plan duquel se tiennent une France couronnée de lys et une duchesse qui avait rang de souveraine ; dans la niche de ce bel Hôtel de Ville, élevé sur les données du célèbre architecte royal Gabriel ; là où trôna dans sa majesté superbe et insolente Louis XV, qu’est-ce qu’un démocrate comme lui pouvait rêver de plus beau ! ».

Jusqu’en 1932, année de la destruction de la sculpture, la critique rennaise va lui reprocher cette «fantaisie» artistique [1].

[1] La vie Rennaise, 3 septembre 1932.

CP

Janvier

Exemple de correspondance rennaise caractéristique des cartes postales de l’œuvre de Jean Boucher : le timbre de la Semeuse oblique (dont une des significations est « je suis fâché ») sur la tête de Jean Janvier.

Détail du visage de Jean Janvier dans la sculpture.

Régionalisme et patrimonialisation de l’histoire

Avant même que la statue soit révélée, certains membres de l’Union régionaliste bretonne (URB) et du Gorsedd des bardes émettent des réserves sur le symbolisme de la représentation d’une duchesse Anne s’agenouillant humblement devant le Roi de France [1]. Dans son discours d’inauguration en français et en breton, Anatole Le Braz [2], un des fondateurs de l’URB, explique qu’il « est égal si la Bretagne raidit ou ne raidit pas la jambe pour recevoir le baiser de la France » avant de conclure : « nos racines sont et resteront à jamais dans la terre de Bretagne, mais c’est ton esprit, ô France, qui soufflera à jamais dans nos hautes branches » [3]. Cette attitude plus ou moins passive de certains régionalistes face à l’œuvre va pousser les plus outrés des membres de l’URB, comme Camille Le Mercier d’Erm, à faire scission et à créer dès octobre 1911, le parti nationaliste breton (PNB) [4]. Dans leurs propos, les membres du PNB transforment l’histoire bretonne en patrimoine, histoire tirée d’écrits d’historien comme Arthur de La Borderie, teintée de nationalisme romantique et sentimental basé sur des mythes fondateurs où des faits et des personnages réels ont été idéalisés[5]. À travers l’histoire de Bretagne, les nationalistes entendent attester un particularisme et rappeler que, par le passé, un pouvoir politique proprement breton a déjà existé [6]. Ils refusent le symbole que dégage la sculpture de Jean Boucher et se réfèrent au traité de 1532 pour justifier leurs velléités de séparatisme [7]. Ils dépassent le régionalisme qui ne remet pas fondamentalement en cause la nature de l’État français et ses rapports avec la Bretagne. Symboliquement, l’érection du monument de l’Union de la Bretagne à la France dépasse donc le simple folklore républicain : la mise en scène de l’œuvre suscite une émotion et un attachement patrimonial qui entrainent l’idéalisation d’une Bretagne autrefois indépendante. Toutefois la majorité de la population n’adhère pas au nationalisme naissant : l’attachement à la France et à la République n’est pas remis en cause. Seule une dégradation du cartouche placé sur le socle est déplorée en novembre 1911 [8].

[1] Ouest-Éclair, 30 octobre 1911.

[2] Anatole Le Braz (1859-1926), poète, professeur, militant breton opposé au séparatisme.

[3] Fêtes universitaires… (Op. Cit.), p.56-57.

[4] Ouest-Éclair, 13 octobre 1911. Camille Le Mercier d’Erm (1888-1878), poète, éditeur, historien et nationaliste breton.

[5] Denis (M.), « Arthur de La Borderie, inspirateur du nationalisme breton ? ». Bulletin de la société archéologique d’Ille-et-Vilaine, 2002, p. 197.

[6] Delahaye (E.), « Ne dites pas que vous connaissez l’histoire de France si vous ne connaissez pas aussi l’histoire de Bretagne », in La Province, 24 août 1932.

[7] Archives 35, 76J56 : Article 4 du manifeste du PNB.

[8] Ouest-Éclair, 4 novembre 1911.

Le Braz

Discours D’Anatole Le Braz le 29 octobre 1911, photographie par Abel Ranchon publié dans l’Ouest-Illustration d’octobre-novembre 1911.

Les nationalistes et le « monument de la honte »

Même si, dès l’inauguration, un sentiment d’humiliation est largement ancré au sein de l’imaginaire nationaliste, la destruction du monument Jean Boucher en 1932 n’est pas encore prévisible. C’est durant l’entre-deux-guerres que le monument devient emblématique d’une Bretagne bafouée. Face à l’insuccès du régionalisme, notamment sur les plans de la reconnaissance de la langue et de la création artistique bretonne, se crée un nouveau mouvement nationaliste incarné par le journal Breiz Atao (Bretagne toujours) qui commence à se faire connaître en 1926 en prenant parti pour l’autonomie alsacienne. En 1927, ce mouvement devient le Parti autonomiste breton (PAB) qui se scinde en 1931 entre la Ligue des fédéralistes bretons et le Parti national breton (PNB). En 1932, à l’annonce de cérémonies fêtant à Vannes le quadri-centenaire de l’union de la Bretagne et de la France en présence du président du conseil Édouard Herriot, ces mouvements, plus politiques que culturels, et surtout radicaux dans leurs revendications, décrivent la sculpture rennaise comme l’emblème humiliant de l’asservissement, « le monument de la honte national » [1]. Le journal Breiz Atao rejette le symbolisme et l’esthétique de la statue, ainsi que toute commémoration, alors qu’en 1911, les régionalistes acceptaient le fait de célébrer l’anniversaire du traité de 1532. La nuit du 6 au 7 août, quand commencent les fêtes à Vannes, une organisation secrète née pour la circonstance, Gwenn ha du, dynamite le monument de l’Union à Rennes. L’historien Michel Denis expliquait que « toute l’histoire de l’Europe au siècle des nationalités montre que la création artistique n’est jamais politiquement neutre, ni indifférente aux intérêts de classe, là où une culture se sent dominée » [2] et l’attentat de Rennes atteste, dans le cas breton, de cet étroit mélange entre art et politique. Dans les réactions nationalistes, considérations esthétiques et stratégies politiques se mêlent indistinctement. Même si Jean Boucher est un artiste ouvert à la création bretonne [3], il est représentatif pour les régionalistes de l’art classique académique et institutionnel. Les articles des journaux Breiz Atao et Breiz Kevredel décrivent « une mauvaise statue dont le sujet comme l’inesthétique poussiéreuse déshonoraient deux fois la façade de l’hôtel de ville », « un navet pour parisien» [4], «une salade de bronze [...] un symbole outrageant, inexact et laid» [5].

[1] Propos de Le Mercier d’Erm in Caouissin (R.), Gwenn ha du, Pleyber-Christ, éditions Ronan, 1938, p.58.

[2] Denis (M.), « Les Seiz Breur et le second Emsav », in Le Couëdic (D.) et Veillard (J-Y.), Ar Seiz Breur 1923-1947 : La création bretonne entre tradition et modernité, Rennes, Éd. Terre de Brume, p. 242-249.

[3] Il signe en 1913 un appel à la création bretonne dans La Pensée Bretonne avec René Quillivic, Jean-Julien

Lemordant et Mathurin Méheut.

[4] Breiz Atao, 13 août 1932.

[5] Breiz Kevredel, 3 septembre 1932.

Gwenn

Couverture du livre de Ronan Caouissin, Gwenn ha du, Pleyber-Christ, éditions Ronan, 1938,159p.

Les interrogations patrimoniales rennaises

Dans les milieux militants, la disparition du monument de Rennes engendre une approbation presque unanime. Mais il semble que l’ensemble de la population ressente une « incompréhension profonde » [1] et tend à réprouver les actes de vandalisme commis à Rennes. Les élus locaux vont immédiatement opposer une grande fermeté aux velléités autonomistes en réaffirmant le lien qui unit la région au pays tout entier. À Rennes, le maire, Jean Lemaistre, propose une souscription populaire ouverte sur toute la Bretagne [2] pour reconstituer la sculpture. Ils souhaitent passer outre les avertissements de Gwenn ha du et reprendre tous les éléments de l’inauguration de 1911, à savoir une œuvre de Boucher en conformité avec l’histoire et des cérémonies officielles. Mais l’opinion se demande si « Pour l’amour de l’art et de la Bretagne le monument de l’Union doit-il être rétabli « tel quel » ? » [3]. L’Ouest-Journal, avec l’aide du photographe Auguste Le Couturier[4], exhume du musée les projets anciens de Molchneht, Dolivet et Léofanti [5]. En septembre, l’idée germe de restaurer le monument de Louis XV, mais la presse avertit : « Nous ne pensons pas que cette idée puisse recevoir bon accueil du public : notre bel hôtel de Ville fut bien édifié de 1734 à 1743, sous le règne de Louis XV et avec l’appui du pouvoir royal ; le peuple a oublié, d’autre part, pour une partie du moins, les odieuses persécutions subies sous ce règne par La Chalotais, défenseur des libertés bretonnes » [6]. En octobre, la population s’interroge sur l’abandon du projet et se demande si la niche va rester vide. En 1937, le conseil municipal de Rennes vote un crédit de quatre cent mille francs pour l’érection d’un second groupe avec la promesse d’une subvention de l’État [7]. Ce nouveau projet représente deux femmes, allégories de la France et de la Bretagne. La France tend la main à la Bretagne qui, de son côté, lui montre deux personnages, un marin et une paysanne. Mais pour les militants bretons, la Bretagne telle qu’elle est représentée semble livrer ses enfants à la France [8]. Le 12 avril 1941, André Rouault, du journal La Bretagne [9], propose un concours aux artistes bretons pour replacer un monument dans la fameuse niche. Il rappelle qu’après l’échec de l’installation d’une statue de Louis XVI sous la Restauration, « ce fut seulement [en] octobre 1911 que la niche se truffa d’un bronze de Jean Boucher. Et quel bronze ! Jean Boucher avait un incontestable talent. Ce qui lui fit défaut, pour être un grand artiste, ce fut un minimum de psychologie. Jean Boucher, sa vie durant, modela des tas de choses, avec un symbolisme à lui, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il demeura maladroit dans toutes ses interprétations. Un beau matin, par la voie de la presse, on apprit que le symbolisme de Jean Boucher venait de voler en éclats. La préfecture de l’époque prit le deuil, ainsi que quelques membres de la famille, tandis que la Bretagne, dans sa majorité, rigolait doucement… Depuis la niche est vide. Oh ! plus d’une fois, on a été tenté de la regarnir d’une pièce montée quelconque ; mais le courage est une denrée rationnée, et il ne s’est trouvé personne, jusqu’à présent pour prendre une décision ».

[1] Bougeard (C.), « Conclusions », in Bretagne et Identités régionales pendant la seconde guerre mondiale Brest, Éd. CRBC-UBO, 2002, p. 393-407.

[2] Ouest-Éclair, 30 août 1932, Breiz Atao, 18 septembre 1932.

[3] Ouest-journal, 31 août 1932

[4] 1853-1938, relieur doreur devenu photographe en 1904.

[5] Dominique Molchneht (1793-1876), projet de statue de Louis XVI. Emmanuel Dolivet (1854-1901), projet de statue symbolisant l’union de la Bretagne à la France, avec allégorie de la ville de Rennes et de la prospérité. Adolphe Léonfanti (1838-1890), projet de statue de la Bretagne dédiée « aux grands hommes de la Bretagne ».

[6] La Vie Rennaise, 10 septembre 1932

[7] Ouest-Éclair, 31 juillet 1937.

[8] Ils reprennent le thème d’une Bretagne ne servant qu’à fournir des soldats à la France, voir « La leçon de 14-18, l’impôt du sang », in Notre lutte pour la Bretagne, notre histoire, nos idées, nos buts, Rennes, les éditions du PNB, 1942, p.46-

[9] La Bretagne est un quotidien du soir dans la droite ligne des projets provincialistes de Vichy, dirigé et animé par l'ancien sous-préfet de Morlaix Yann Fouéré (1919-2011), devenu militant de cause régionaliste bretonne. Sorti de l’imprimerie de l’Ouest-Éclair le 20 mars 1940, il comptait parmi ses collaborateurs André Rouault (1900-1988), ancien membre des Croix de Feu, qui en assura un temps la rédaction en chef jusqu'à ce que des conflits internes conduisent Fouéré à se séparer de lui à l’automne 1943.

Mairie

L’hôtel de ville et sa niche vide. Carte postal édition La Cigogne, 15 rue du Pré-Botté à Rennes, fin des années 1930- début des années 1940.

CONCLUSION

Finalement, la niche de l’hôtel de ville est toujours inoccupée, mais n’est pas vide de sens. Comme le démontre cette brève analyse historique de son occupation, la commémoration n’implique pas toujours une mémoire collective : elle fait souvent resurgir les divergences dans la société et différentes interprétations du passé. Les monuments dans les espaces publics sont des lieux de débats idéologiques passionnément contestés, car «le patrimoine, comme l’identité, est, depuis ses origines, étroitement lié à l’histoire et à la mémoire ; il est ipso facto enjeu de choix passionnels et de conflits ardents» [1].

[1] Le Goff (J.), « Introduction des entretiens du patrimoine », in Actes des entretiens du patrimoine. Patrimoine et Passions identitaires, Paris, Éd. du Patrimoine, 1998, p.11.

Pour citer cet article :

Chmura Sophie, "La puissance patrimoniale du vide", Images, représentations et patrimoine de Rennes, mis en ligne le 1er septembre 2014. http://patrimoine2rennes.monsite-orange.fr, consulté le .